Aller au contenu principal

Porphyrie hépatoérythropoïétique : symptômes, diagnostic, soins et transmission

La porphyrie hépatoérythropoïétique, ou HEP, est une maladie génétique cutanée liée à un déficit important de l’enzyme uroporphyrinogène décarboxylase, appelée UROD. [1] Ce déficit entraîne l’accumulation de porphyrines, principalement dans le foie et les globules rouges, puis leur passage dans le plasma et leur dépôt dans la peau. [1] L’interaction de ces porphyrines avec la lumière provoque une photosensibilité extrême et des lésions bulleuses qui commencent le plus souvent pendant la petite enfance ou l’enfance. [1]

La HEP est une maladie très rare, avec moins de 100 personnes rapportées dans la littérature citée par la synthèse clinique disponible. [1] Elle ne doit pas être confondue avec la porphyrie cutanée tardive familiale ni avec la porphyrie érythropoïétique congénitale, qui peuvent provoquer des lésions cutanées ressemblantes mais correspondent à des maladies distinctes. [1]

Quels sont les signes de la porphyrie hépatoérythropoïétique ?

Les manifestations principales sont des vésicules ou des bulles remplies de liquide sur les zones exposées à la lumière, une pilosité excessive appelée hypertrichose et des cicatrices sur les régions atteintes. [1] Les bulles peuvent se rompre et cicatriser lentement. [1] Des expositions solaires répétées peuvent provoquer des modifications cutanées proches de celles observées dans la sclérodermie et aboutir à des déformations sévères des zones exposées. [1] Une coloration rouge des urines peut également faire partie des signes évocateurs chez un nourrisson ou un enfant. [1]

Lorsque les concentrations de porphyrines circulantes sont élevées, les dents en formation peuvent prendre une coloration rouge-brun appelée érythrodontie. [1] Une anémie légère ou une destruction accrue des globules rouges, appelée hémolyse, n’est pas rare. [1] La maladie touche les filles et les garçons avec une fréquence similaire. [1]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Une HEP est recherchée devant l’association de lésions cutanées bulleuses précoces, d’une hypertrichose, de cicatrices et d’anomalies caractéristiques des porphyrines. [1] Les premiers examens biochimiques montrent une augmentation des porphyrines totales dans les urines ou le plasma. [1] L’analyse détaillée met principalement en évidence une augmentation de l’uroporphyrine et de l’heptacarboxylporphyrine dans les urines et le plasma. [1] La protoporphyrine zinc des globules rouges est nettement augmentée et peut notamment contribuer à distinguer la HEP de la porphyrie érythropoïétique congénitale. [1]

Le diagnostic repose sur les anomalies biochimiques caractéristiques, associées à une augmentation importante de la protoporphyrine zinc érythrocytaire et/ou à l’identification de deux variants pathogènes ou probablement pathogènes du gène UROD. [1] La découverte de deux variants de signification incertaine, ou d’un variant pathogène associé à un variant incertain, ne confirme ni n’exclut à elle seule la maladie. [1] L’absence d’antécédent familial connu n’écarte pas le diagnostic. [1]

Quelles maladies peuvent lui ressembler ?

Les lésions de la porphyrie cutanée tardive familiale peuvent être impossibles à distinguer cliniquement de celles de la HEP, mais elles apparaissent habituellement beaucoup plus tard dans la vie et peuvent être moins sévères. [1] Comme les résultats biochimiques de ces deux maladies peuvent aussi se ressembler, l’analyse génétique moléculaire peut être nécessaire pour les différencier. [1] La porphyrie érythropoïétique congénitale peut également provoquer dès l’enfance des lésions sévères, mais le profil des porphyrines urinaires diffère de celui de la HEP. [1] D’autres diagnostics possibles comprennent la porphyrie variégata, la coproporphyrie héréditaire et la pseudoporphyrie, cette dernière ne s’accompagnant pas des anomalies biochimiques des porphyrines caractéristiques de la HEP. [1]

Quels sont les principes du traitement et de la prévention ?

Aucun traitement disponible ne restaure l’activité de l’enzyme UROD chez une personne atteinte de HEP. [1] La prévention des lésions repose principalement sur une protection stricte contre la lumière solaire à tout âge. [1] Cette protection concerne aussi les ultraviolets de grande longueur d’onde qui traversent les vitres. [1] Elle fait notamment appel à des vêtements protecteurs et à l’application d’écrans solaires opaques sur les zones exposées. [1]

Une infection qui se développe sur une lésion cutanée doit être prise en charge rapidement. [1]

La phlébotomie, généralement efficace dans la porphyrie cutanée tardive familiale, est en règle générale inefficace dans la HEP. [1] La chloroquine à faible dose et le charbon oral ont été employés dans certaines circonstances, mais avec un succès variable. [1] Chez les personnes plus âgées, les facteurs de susceptibilité à éviter comprennent l’alcool, les œstrogènes oraux, la surcharge en fer, le tabagisme et les médicaments qui induisent les cytochromes P450. [1]

Quel suivi peut être proposé ?

Après le diagnostic, l’évaluation porte notamment sur les lésions des zones exposées, les cicatrices, l’hypertrichose et la recherche biologique d’une anémie hémolytique. [1] Il n’existe actuellement ni recommandation ni guide formalisé de surveillance propre à la HEP. [1] Un contrôle des porphyrines urinaires chaque année ou à un autre intervalle déterminé selon les manifestations cliniques peut être envisagé, mais cette proposition n’est pas un calendrier de suivi validé. [1] Aucune augmentation du risque de carcinome hépatocellulaire n’a été mise en évidence chez les personnes atteintes de HEP dans la synthèse clinique disponible. [1]

Comment la maladie se transmet-elle dans une famille ?

La porphyrie hépatoérythropoïétique se transmet selon un mode autosomique récessif, ce qui signifie que la personne atteinte possède deux variants pathogènes du gène UROD. [1] Lorsque les deux parents portent chacun un variant pathogène d’UROD, chaque frère ou sœur d’une personne atteinte a, à chaque conception, un risque de 25 % d’avoir la HEP. [1] Dans cette même situation, le risque est de 50 % d’hériter d’un seul variant et de 25 % de n’hériter d’aucun des deux variants familiaux. [1] Les personnes qui possèdent un seul variant pathogène d’UROD sont associées à la porphyrie cutanée tardive familiale, mais restent généralement sans symptôme en l’absence de facteurs de susceptibilité. [1]

Lorsque les variants familiaux sont connus, un test génétique ciblé peut préciser le statut des proches à risque afin de leur proposer des conseils adaptés sur la protection solaire et les facteurs de susceptibilité. [1] Un conseil génétique permet d’expliquer le mode de transmission, les risques pour les apparentés et les conséquences possibles pour un projet parental. [1] Une fois les variants familiaux identifiés, un diagnostic prénatal ou un test génétique préimplantatoire est techniquement possible. [1]

Sources et références

[1] Hepatoerythropoietic Porphyria - GeneReviews® - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

La téléconsultation peut être envisagée selon votre situation

  • Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée
  • Peut être remboursée selon conditions *
Prendre rendez-vous

* Dans le cadre du parcours de soins coordonné. Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée à votre situation.

Téléconsultation : préparer votre rendez-vous

Une consultation à distance peut être envisagée avec votre médecin. Il détermine si elle convient à votre situation ou si un examen en présence est nécessaire.

Avant le rendez-vous

  • Notez le motif de consultation, les symptômes et leur durée.
  • Préparez la liste de vos traitements, vos allergies connues et les comptes rendus ou résultats déjà disponibles.
  • Installez-vous dans un endroit calme et confidentiel, avec une connexion et un appareil permettant la vidéo.

Organiser la suite

Contactez votre médecin habituel ou le professionnel qui vous suit pour organiser la consultation. Selon votre situation, une consultation en présence pourra être nécessaire.

En cas d’urgence médicale, appelez le 15 ou le 112 ; n’attendez pas une téléconsultation.

Informations pratiques : Assurance Maladie — téléconsultation · Service Public — numéros d’urgence.

Spécialités médicales concernées

Gastro-entérologue et hépatologue