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Pityriasis : principales formes, signes, diagnostic et prise en charge

Le mot « pityriasis » apparaît dans le nom de plusieurs affections cutanées qui n'ont pas la même cause, le même aspect ni la même évolution. [1] [2] [3] [4] [5] Il peut notamment désigner une infection mycosique superficielle, une éruption spontanément résolutive, une affection inflammatoire ou des troubles donnant des plaques pâles, pigmentées ou squameuses. [1] [2] [3] [4] [5] Une tache squameuse ou un changement de couleur de la peau ne permet donc pas, à lui seul, de déterminer de quel pityriasis il s'agit. [1] [2] [3] [4] [5]

Quelles sont les principales formes de pityriasis ?

Le pityriasis versicolor est une infection bénigne de la couche la plus superficielle de la peau, provoquée par un champignon du genre Malassezia qui vit habituellement sur la peau. [2] Il n'est pas considéré comme contagieux, mais il récidive souvent parce que la levure responsable reste normalement présente sur la peau. [2]

Le pityriasis rosé est une éruption faite de plaques rosées, brun clair ou plus pourpres selon la couleur de la peau, recouvertes de squames. [3] Sa cause reste incertaine, même si l'implication d'une infection virale est envisagée, et cette affection n'est pas considérée comme contagieuse. [3]

Le pityriasis lichénoïde est une affection inflammatoire acquise qui comprend principalement une forme aiguë, appelée PLEVA, et une forme chronique, appelée PLC. [1] Sa cause est mal caractérisée, avec parmi les mécanismes proposés une réaction à des agents infectieux, à des expositions médicamenteuses ou un processus lymphoprolifératif. [1]

Le pityriasis alba est une affection bénigne touchant surtout les enfants et les adolescents, souvent considérée comme une manifestation mineure de dermatite atopique. [5] Sa cause exacte n'est pas connue, aucune origine infectieuse n'est établie et il n'est pas contagieux. [5]

Le pityriasis rotunda est une dermatose acquise peu fréquente caractérisée par des plaques rondes ou ovales, nettement délimitées et finement squameuses. [4] Certaines formes ont été associées à des maladies internes, notamment hépatiques, ou à des cancers, tandis que d'autres formes sont familiales et ne sont habituellement pas associées à une maladie sous-jacente. [4]

Quels signes permettent de distinguer ces affections ?

Le pityriasis versicolor produit de nombreuses taches finement squameuses, beiges, brunes, roses ou blanches, surtout sur le tronc, le cou, l'abdomen et parfois le visage. [2] Ces taches ne bronzent pas et deviennent souvent plus visibles lorsque la peau qui les entoure se colore au soleil. [2] Le pityriasis versicolor ne provoque généralement pas d'autre symptôme. [2]

Le pityriasis rosé débute habituellement par une grande plaque circulaire ou ovale du torse, appelée médaillon ou tache mère. [3] De nombreuses plaques semblables mais plus petites apparaissent ensuite, le plus souvent sur le tronc et près de la colonne vertébrale. [3] Les démangeaisons sont généralement légères, mais elles peuvent être sévères chez certaines personnes. [3]

La forme aiguë du pityriasis lichénoïde provoque des poussées de petites papules rouges, violacées ou brunes qui peuvent devenir croûteuses, nécrotiques ou ulcérées. [1] Ces lésions disparaissent généralement en quelques semaines ou quelques mois, mais elles peuvent laisser des cicatrices. [1] La forme chronique donne de petites papules rouge-brun, plus plates et recouvertes de fines squames, qui peuvent persister pendant des mois ou davantage. [1]

Le pityriasis alba se manifeste le plus souvent par des taches pâles rondes ou ovales, aux limites peu nettes, parfois légèrement squameuses ou prurigineuses. [5] Les lésions siègent surtout sur le visage, notamment les joues, ainsi que sur les bras et le haut du tronc. [5] Elles sont plus visibles sur les peaux foncées ou après une exposition solaire qui assombrit la peau environnante. [5]

Les plaques du pityriasis rotunda sont sèches, rondes, nettement délimitées et généralement asymptomatiques ou peu gênantes. [4] Elles sont habituellement plus foncées sur les peaux foncées et plus claires sur les peaux claires, avec une localisation préférentielle sur le tronc et la partie proximale des membres. [4]

Comment le diagnostic est-il établi ?

L'examen de la peau, la répartition des lésions et leur évolution sont au centre du diagnostic des différentes formes présentées. [1] [2] [3] [4] [5] Pour confirmer un pityriasis versicolor, le médecin peut examiner au microscope un prélèvement obtenu par grattage afin de rechercher le champignon. [2] Le pityriasis rosé est généralement diagnostiqué par l'examen clinique de l'éruption, notamment par la reconnaissance du médaillon. [3] Une biopsie peut être réalisée lorsque l'aspect d'un pityriasis lichénoïde n'est pas concluant. [1] En cas de doute devant un possible pityriasis alba, une lampe de Wood, un prélèvement recherchant un champignon ou, plus rarement, une biopsie peuvent aider à écarter d'autres diagnostics. [5] Pour un pityriasis rotunda, l'évaluation peut comporter un examen général et des examens adaptés afin de rechercher une éventuelle maladie interne associée. [4]

Plusieurs maladies peuvent ressembler à ces éruptions, notamment une autre mycose, un psoriasis, un eczéma, un vitiligo, une syphilis secondaire ou certaines formes de lymphome cutané. [1] [4] [5] Cette diversité explique pourquoi le traitement ne doit pas être choisi uniquement à partir du mot « pityriasis » ou de la couleur des taches. [1] [2] [3] [4] [5]

Quels sont les principes de la prise en charge et l'évolution ?

Le pityriasis versicolor est traité par des antimycosiques appliqués sur la peau et, dans certaines infections très étendues ou fréquentes, par un traitement oral décidé médicalement. [2] Même après la disparition de l'infection, le retour à la pigmentation habituelle peut prendre plusieurs mois ou davantage. [2]

Le pityriasis rosé disparaît généralement spontanément en quelques semaines, même si l'éruption peut durer deux mois ou plus. [3] La prise en charge vise surtout à soulager les démangeaisons, notamment au moyen de traitements locaux choisis selon leur intensité. [3]

Dans le pityriasis lichénoïde, des traitements locaux, des antibiotiques oraux, la photothérapie et des immunosuppresseurs ont été utilisés avec une efficacité variable. [1] Le choix dépend donc de la forme clinique et ne peut pas être déduit d'une liste générale de médicaments. [1]

Le pityriasis alba retrouve généralement une pigmentation normale de façon spontanée, mais cette évolution peut demander plusieurs mois ou quelques années. [5] Des émollients peuvent réduire les squames, tandis que des traitements locaux de faible puissance peuvent être envisagés médicalement en présence d'inflammation ou de démangeaisons. [5]

Le traitement du pityriasis rotunda est souvent difficile et plusieurs traitements locaux ou rétinoïdes ont montré peu ou pas d'efficacité. [4] Lorsqu'une maladie interne associée est présente, son traitement peut entraîner une amélioration ou une disparition des plaques. [4]

Quels risques et limites faut-il connaître ?

Le caractère généralement bénin du pityriasis versicolor, du pityriasis rosé ou du pityriasis alba ne permet pas de considérer toute éruption appelée « pityriasis » comme anodine. [1] [2] [3] [4] [5] Le pityriasis lichénoïde peut provoquer des lésions nécrotiques ou ulcérées et laisser des cicatrices dans sa forme aiguë. [1] Il peut également être associé à un lymphome cutané à lymphocytes T, sans que cette association signifie que toute personne atteinte présente un lymphome. [1] Un pityriasis rosé survenant pendant une grossesse, tout spécialement au cours des 15 premières semaines de gestation, a été associé à un risque de prématurité ou de mort fœtale. [3] Les sources disponibles ne permettent toutefois pas de fixer ici des délais de consultation ou des critères d'urgence communs à toutes ces affections. [1] [2] [3] [4] [5]

Sources et références

[4] Pityriasis Rotunda - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

[5] Pityriasis Alba - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

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