Paludisme : symptômes, diagnostic, traitement et prévention

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Médecine tropicale par ville
Le paludisme, aussi appelé malaria, est une maladie provoquée par des parasites microscopiques du genre Plasmodium qui infectent notamment les globules rouges. [1] [2] Il est généralement transmis à l’être humain par la piqûre d’un moustique femelle Anopheles infecté. [1] [2] La maladie est surtout présente dans les régions tropicales, particulièrement en Afrique, mais elle peut être diagnostiquée en France chez des personnes revenant d’une zone de transmission. [1] [2] Une fièvre ou d’autres symptômes évocateurs pendant un séjour tropical ou dans les mois suivant le retour nécessitent une consultation en urgence, même si un traitement préventif a été pris. [1]
Comment le parasite se transmet-il ?
Lorsqu’un moustique pique une personne infectée, il absorbe des parasites qui se développent dans son organisme avant de pouvoir être transmis à une autre personne lors d’une nouvelle piqûre. [1] [2] Après leur entrée dans l’organisme humain, les parasites gagnent d’abord le foie, puis passent dans le sang et se multiplient à l’intérieur des globules rouges. [1] [2] La rupture répétée des globules rouges infectés libère de nouveaux parasites et participe aux accès de fièvre, aux frissons et à l’anémie. [2] Plus rarement, le paludisme peut être transmis pendant la grossesse ou autour de la naissance, par une transfusion contaminée, par une greffe d’organe contaminé ou par le partage d’aiguilles. [2]
Les différentes espèces de Plasmodium n’ont pas les mêmes risques
Cinq espèces de Plasmodium peuvent provoquer un paludisme humain : Plasmodium falciparum, Plasmodium vivax, Plasmodium ovale, Plasmodium malariae et, plus rarement, Plasmodium knowlesi. [2] Plasmodium falciparum est responsable de la forme la plus dangereuse et de la majorité des décès liés au paludisme. [2] Dans cette forme, les globules rouges infectés peuvent obstruer de petits vaisseaux et léser notamment le cerveau, les poumons, les reins ou le tube digestif. [1] [2] Plasmodium vivax et Plasmodium ovale peuvent persister sous une forme dormante dans le foie et provoquer des rechutes des mois ou des années après l’épisode initial. [2] Plasmodium knowlesi peut également provoquer une forme sévère si l’infection n’est pas traitée. [2]
Quels sont les symptômes du paludisme ?
Les manifestations les plus fréquentes comprennent la fièvre, de grands frissons, des sueurs, des maux de tête, des courbatures, une fatigue importante et des nausées. [1] [2] Des vomissements, une diarrhée ou une toux peuvent également survenir. [1] [2] Les accès associant fièvre, tremblements, sueurs intenses puis épuisement peuvent devenir cycliques, mais la fièvre peut aussi rester irrégulière. [1] [2] Une anémie, une jaunisse ou une augmentation du volume du foie et de la rate peuvent apparaître au cours de l’évolution. [2] Le délai d’apparition des symptômes varie selon l’espèce, et certaines infections ne deviennent symptomatiques que plusieurs mois ou plusieurs années après la piqûre infectante. [2] La prise d’un médicament préventif n’exclut pas le diagnostic et peut être suivie de symptômes apparaissant plusieurs semaines ou plusieurs mois après son arrêt. [1] [2]
Pendant un séjour sous les tropiques ou dans les mois qui suivent le retour, une fièvre même légère, des nausées, des maux de tête, des courbatures ou une fatigue doivent faire envisager un paludisme et conduire à une consultation en urgence. [1] Une difficulté respiratoire, des saignements, une jaunisse, une fatigue extrême, une confusion, des convulsions ou un coma peuvent signaler une forme grave nécessitant une prise en charge immédiate. [1] [2]
Comment le diagnostic est-il confirmé ?
Les symptômes du paludisme ne suffisent pas à établir le diagnostic, qui doit être recherché par une analyse de sang. [1] [2] La recherche diagnostique associe, lorsque cela est possible, un test diagnostique rapide et l’examen microscopique d’un échantillon de sang. [1] [2] L’examen microscopique aide à identifier l’espèce de Plasmodium, information importante parce que le traitement, les complications possibles et le pronostic varient selon l’espèce. [2] Un premier examen négatif n’exclut pas toujours le paludisme lorsque la suspicion reste forte. [2] Dans cette situation, les médecins peuvent renouveler l’examen microscopique à la recherche de parasites et décider d’un traitement sans attendre une preuve positive si le risque clinique le justifie. [2]
Quels sont les principes du traitement ?
Le paludisme peut être mortel et doit être traité rapidement, en particulier lorsqu’une infection à Plasmodium falciparum est suspectée. [1] [2] Le choix de l’antipaludique dépend de la gravité, de l’espèce en cause, de la région où l’infection a été contractée et des résistances connues dans cette région. [1] [2] L’âge, la grossesse, les effets indésirables possibles et les autres médicaments pris par la personne interviennent aussi dans cette décision. [1] [2] La plupart des formes non compliquées peuvent être traitées par des médicaments pris par voie orale, tandis qu’un paludisme sévère nécessite un traitement urgent, de préférence par voie intraveineuse. [2] Les infections à Plasmodium vivax ou Plasmodium ovale peuvent nécessiter, après le traitement de l’épisode sanguin, un médicament agissant sur les formes dormantes du foie afin de prévenir les rechutes. [1] [2] Avant certains médicaments utilisés contre ces formes hépatiques, une analyse recherche un déficit en G6PD, car ce déficit expose à une destruction des globules rouges. [2] La résistance des parasites à certains antipaludiques empêche d’utiliser le même traitement dans toutes les régions et pour toutes les espèces. [1] [2]
Grossesse et risque de complications
Pendant la grossesse, le paludisme est davantage susceptible de devenir sévère. [2] Il peut être associé à une naissance prématurée, une fausse couche, une mort in utero, un faible poids de naissance ou une infection du bébé. [2] Le choix d’un traitement antipaludique pendant la grossesse doit tenir compte des risques pour la personne enceinte et pour le fœtus. [2]
Comment prévenir le paludisme lors d’un voyage ?
Aucune mesure préventive ne protège totalement contre le paludisme, ce qui rend nécessaire l’association de plusieurs moyens de prévention. [1] La prévention des piqûres repose notamment sur les moustiquaires, les produits antimoustiques, les vêtements longs et la réduction de l’exposition aux moustiques, particulièrement entre le crépuscule et l’aube. [1] [2] Un médicament préventif peut être prescrit avant le départ, mais il réduit le risque sans le supprimer. [1] [2] Son choix dépend de la destination précise, de la durée et des conditions du séjour, de la résistance locale des parasites ainsi que de l’âge, de la grossesse, des antécédents, des intolérances et des interactions médicamenteuses possibles. [1] [2] Le traitement préventif doit être commencé avant le départ et poursuivi pendant le séjour puis après le retour selon une durée qui varie avec le médicament prescrit. [2] La vaccination antipaludique concerne principalement les enfants vivant dans des régions de forte transmission et complète les autres mesures de prévention. [2]
Quels risques persistent après la prévention ou le traitement ?
Une crise de paludisme reste possible malgré une prévention correctement suivie et peut apparaître tardivement. [1] Les formes dormantes de Plasmodium vivax et Plasmodium ovale peuvent provoquer des rechutes après l’épisode initial si elles ne sont pas éliminées par un traitement adapté. [2] Après un séjour à risque, il est important de signaler au médecin les pays et régions visités, la période du voyage et la prise éventuelle d’un traitement préventif afin d’orienter la recherche diagnostique. [1] [2]
Sources et références
[1] Paludisme : symptômes, traitement, prévention - Institut Pasteur
Institut Pasteur · Consulté le 2026-09-11
[2] Paludisme - Infections - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
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