Paludisme à Plasmodium vivax : symptômes, rechutes, diagnostic et principes des soins

Le paludisme à Plasmodium vivax est une forme de paludisme provoquée par une espèce particulière de parasite du genre Plasmodium. [1] [2] Sa particularité importante est que certains parasites peuvent rester dormants dans le foie après l’infection initiale, puis provoquer de nouveaux épisodes appelés rechutes. [2] Cette infection ne doit pas être considérée comme toujours bénigne, car des complications graves et parfois mortelles ont été rapportées. [2]
Comment Plasmodium vivax se transmet et provoque des rechutes
Le paludisme est principalement transmis à l’être humain par la piqûre d’un moustique Anopheles femelle infecté. [1] Après la piqûre, le parasite gagne d’abord le foie, puis des formes parasitaires passent dans le sang et infectent les globules rouges. [1] Chez P. vivax, une partie des formes présentes dans le foie peut rester inactive sous forme d’hypnozoïtes pendant une durée variable avant de se réactiver. [2] Une rechute ne signifie donc pas nécessairement qu’une personne a été piquée une nouvelle fois par un moustique infecté. [2] Le délai et la fréquence des rechutes varient notamment selon l’origine géographique de la souche parasitaire. [2]
Quels symptômes peuvent faire évoquer cette infection ?
Le paludisme peut provoquer de la fièvre, des frissons, des maux de tête, des douleurs musculaires, un malaise et des vomissements. [1] [2] Une diarrhée, une toux, des sueurs ou un affaiblissement peuvent également accompagner la fièvre. [1] Les accès classiques de fièvre avec frissons peuvent devenir cycliques, mais ce rythme caractéristique peut manquer au début d’une première infection. [1] [2] Ces manifestations ne permettent pas à elles seules de distinguer de façon fiable le paludisme à P. vivax d’une autre cause de fièvre ou d’un paludisme dû à une autre espèce. [2]
Au cours d’un séjour sous les tropiques ou dans les mois suivant le retour, une fièvre même légère, des nausées, des maux de tête, des courbatures ou une fatigue doivent faire envisager un paludisme jusqu’à preuve du contraire et conduire à une consultation en urgence. [1] Une difficulté respiratoire, des saignements, une jaunisse, une fatigue extrême ou des convulsions font partie des manifestations graves possibles. [1]
Comment le diagnostic est-il confirmé ?
Une prise de sang est nécessaire pour confirmer le diagnostic de paludisme en recherchant les parasites par microscopie ou au moyen d’un test diagnostique rapide. [1] La confirmation précoce et le traitement précoce diminuent les conséquences de la maladie et contribuent à prévenir les décès dus au paludisme. [1] L’identification précise de P. vivax peut toutefois être difficile lorsque la microscopie de qualité n’est pas disponible. [2] Certains tests rapides ont une sensibilité insuffisante pour P. vivax, ce qui limite leur capacité à détecter cette espèce. [2] Dans les régions où P. vivax et P. falciparum circulent ensemble, les infections associant plusieurs espèces peuvent aussi être sous-déclarées. [2]
Quels sont les principes du traitement ?
La prise en charge doit tenir compte à la fois des parasites présents dans le sang, responsables de l’épisode aigu, et des formes dormantes du foie, responsables des rechutes. [2] La chloroquine peut être utilisée contre une infection à P. vivax uniquement dans les régions où le parasite reste sensible à ce médicament. [1] Les résistances à la chloroquine varient selon les régions, de sorte que le choix du traitement de l’épisode sanguin dépend notamment du lieu d’acquisition de l’infection. [2] La chloroquine n’agit pas sur les hypnozoïtes présents dans le foie et ne suffit donc pas, à elle seule, à éliminer le mécanisme des rechutes. [2] La primaquine peut être ajoutée au traitement principal pour contribuer à prévenir les rechutes de l’infection à P. vivax. [1] Une synthèse internationale publiée en 2007 indique que la primaquine peut provoquer une destruction des globules rouges chez les personnes présentant un déficit en G6PD et la décrit comme contre-indiquée pendant la grossesse et chez le nourrisson ; cette source ancienne ne suffit pas à définir ses conditions actuelles d’utilisation en France. [2] Ces risques et les variations géographiques de sensibilité imposent une décision thérapeutique individualisée plutôt qu’un traitement identique pour tous les patients. [1] [2]
Quels sont les risques et pourquoi une surveillance reste-t-elle importante ?
Le paludisme à P. vivax peut provoquer une anémie sévère et une détresse respiratoire. [2] Une rupture de la rate constitue une complication rare mais potentiellement mortelle. [2] La gravité observée n’est pas identique dans toutes les régions et peut dépendre du parasite, de la sensibilité de la personne, de l’âge d’exposition et des résistances aux médicaments. [2] Même après la disparition du premier épisode, les formes dormantes du foie peuvent entraîner une nouvelle infection sanguine et de nouveaux symptômes. [2] Toute réapparition d’une fièvre ou d’autres symptômes compatibles dans les mois suivant un retour des tropiques relève d’une consultation en urgence. [1]
Comment réduire le risque de paludisme lors d’un voyage ?
Aucune mesure préventive n’assure à elle seule une protection totale contre le paludisme. [1] La prévention associe la protection contre les piqûres, notamment avec des moustiquaires et des produits antimoustiques, et, lorsque cela est indiqué, un traitement préventif prescrit avant le voyage. [1] Le choix d’un traitement préventif tient compte de la destination, des résistances locales, de la durée du voyage, de l’âge, d’une grossesse, des antécédents, des intolérances et des interactions médicamenteuses possibles. [1] Le vaccin RTS,S mentionné dans la prévention du paludisme cible P. falciparum et non P. vivax. [1] La prise correcte d’un traitement préventif n’exclut donc pas un paludisme devant des symptômes survenant pendant le séjour ou après le retour. [1]
Sources et références
[1] Paludisme : symptômes, traitement, prévention - Institut Pasteur
Institut Pasteur · Consulté le 2026-09-11
[2] Vivax Malaria: Neglected and Not Benign - Defining and Defeating the Intolerable Burden of Malaria III: Progress and Perspectives - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
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