Onchocercose oculaire : symptômes, diagnostic et principes du traitement

L’onchocercose oculaire est l’atteinte des yeux provoquée par l’onchocercose, une infection parasitaire due au ver Onchocerca volvulus. [1] [2] Elle n’est pas une maladie distincte de l’onchocercose, qui peut associer des manifestations oculaires et cutanées. [1] [3] Les lésions des yeux peuvent altérer progressivement la vision et, dans les formes avancées, conduire à une cécité irréversible. [1] [2]
Comment l’infection se transmet-elle ?
Le parasite est transmis à l’être humain par les piqûres répétées de simulies infectées, de petites mouches qui se reproduisent près des cours d’eau à débit rapide. [1] [2] Après la transmission, les larves deviennent des vers adultes regroupés dans des nodules sous la peau. [1] Les vers adultes produisent des microfilaires, c’est-à-dire des formes immatures qui se déplacent notamment dans les tissus sous-cutanés et peuvent atteindre les yeux. [1] [2] La très grande majorité des personnes infectées vivent en Afrique subsaharienne et au Yémen, tandis qu’un foyer plus limité persiste à la frontière entre le Brésil et le Venezuela. [1]
Pourquoi les yeux peuvent-ils être endommagés ?
Les lésions sont principalement liées à la réaction inflammatoire déclenchée lorsque les microfilaires meurent dans les tissus. [1] [2] L’onchocercose peut toucher le segment antérieur de l’œil, notamment la cornée et les structures situées devant le cristallin. [2] Elle peut également atteindre le segment postérieur, avec des lésions de la rétine, de la choroïde ou du nerf optique. [2] [3] Les mécanismes exacts des lésions postérieures restent imparfaitement établis, et certaines détériorations ont été observées malgré la disparition des microfilaires de la partie antérieure de l’œil. [2]
Quels sont les symptômes et les complications possibles ?
Les manifestations oculaires décrites comprennent des conjonctivites récidivantes, une sensibilité à la lumière, des atteintes inflammatoires de la cornée et une baisse progressive de la vision. [2] Des opacités ponctuées de la cornée peuvent apparaître autour de microfilaires mortes. [2] [3] La répétition des réactions cornéennes peut provoquer une kératite sclérosante, puis une cicatrisation progressive de la cornée responsable d’une perte visuelle. [2] L’inflammation intraoculaire peut s’accompagner d’adhérences, d’une cataracte secondaire ou d’un glaucome. [2] Dans le segment postérieur, l’atrophie choriorétinienne et l’atteinte du nerf optique peuvent aussi entraîner une perte visuelle progressive. [2] [3]
Les signes cutanés peuvent précéder les manifestations oculaires de plusieurs années. [2] Ils comprennent notamment de fortes démangeaisons, une dermatite, des zones de peau épaissie ou dépigmentée et des nodules sous-cutanés contenant les vers adultes. [1] [2]
Comment l’onchocercose oculaire est-elle évaluée ?
Les manifestations oculaires ne sont pas toutes spécifiques de l’onchocercose et doivent être interprétées avec le contexte d’exposition et les autres signes de l’infection. [2] L’examen à la lampe à fente permet d’étudier la cornée et la partie antérieure de l’œil, où des microfilaires peuvent parfois être directement observées. [2] L’examen du fond de l’œil peut être complété, selon les lésions recherchées, par des photographies, une tomographie en cohérence optique, une autofluorescence, une angiographie ou une étude du champ visuel. [2] La mise en évidence au microscope de microfilaires dans un petit prélèvement cutané constitue une méthode parasitologique de référence décrite pour confirmer l’onchocercose. [2] Des examens sérologiques recherchant des anticorps ainsi que des techniques fondées sur la PCR ou l’échographie des nodules existent également. [2] Ces différents examens n’ont pas tous la même place dans la prise en charge clinique et leur choix dépend de la situation évaluée. [2]
Quels sont les principes généraux du traitement ?
L’ivermectine est le traitement principal recommandé par l’OMS contre l’onchocercose. [1] Elle agit surtout sur les microfilaires et réduit leur production, mais son effet sur la survie des vers adultes est limité. [2] [3] La longue durée de vie des vers adultes explique pourquoi les stratégies recommandées reposent sur des administrations répétées pendant plusieurs années. [1] [2] Le traitement réduit la charge parasitaire ainsi que le risque de nouvelles atteintes cutanées et oculaires, mais les lésions visuelles déjà établies peuvent ne pas régresser. [2] [3]
Lorsque l’onchocercose coexiste avec une infection par Loa loa, la stratégie thérapeutique doit être adaptée. [1] Chez les personnes ayant un taux élevé de Loa loa dans le sang, l’ivermectine peut provoquer des effets indésirables graves. [1] [3] Cette précaution est particulièrement pertinente après une exposition dans plusieurs pays d’Afrique centrale où la loase est endémique. [1]
Prévention et lutte contre la transmission
Dans les régions d’endémie, la principale stratégie d’élimination repose sur l’administration communautaire répétée d’ivermectine à une part importante de la population. [1] Ces programmes collectifs visent à réduire la maladie et à interrompre la transmission, mais ils ne définissent pas à eux seuls la prise en charge individuelle d’une personne présentant des symptômes oculaires. [1] [3] La lutte contre les larves de simulies dans les cours d’eau a également contribué au contrôle de l’onchocercose dans certaines régions. [1] [3]
Sources et références
[1] Onchocercose
Organisation mondiale de la santé · Consulté le 2026-09-11
[2] Onchocerciasis - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
[3] Ocular onchocerciasis: current management and future prospects
www.ebi.ac.uk · Version : 2011-10-13 · Consulté le 2026-09-16
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