Neuropathies des nerfs péroniers : comprendre les signes et le pied tombant

Une neuropathie péronière est une atteinte d’un nerf périphérique de la jambe pouvant provoquer une faiblesse musculaire et des troubles de la sensibilité dans son territoire. [2] L’atteinte décrite le plus précisément dans les sources disponibles concerne le nerf péronier, aussi appelé nerf sciatique poplité externe, lorsqu’il est comprimé près de la face externe du col du péroné. [2] Elle peut entraîner un pied tombant, c’est-à-dire une difficulté à relever l’avant du pied et les orteils, mais ce signe peut aussi avoir d’autres causes neurologiques, musculaires ou rachidiennes. [2] [3]
Quels symptômes peut provoquer une neuropathie péronière ?
La faiblesse concerne notamment les mouvements qui relèvent le pied et le dirigent vers l’extérieur. [2] Le pied peut alors accrocher le sol pendant la marche, ce qui modifie la démarche et augmente le risque de trébucher ou de tomber. [3] Des sensations anormales ou une diminution de la sensibilité peuvent toucher la face antérieure et externe de la jambe, le dessus du pied ou l’espace entre le premier et le deuxième orteil. [2] Une mononeuropathie peut associer douleur, faiblesse et paresthésies, mais une atteinte uniquement motrice peut commencer par une faiblesse indolore. [2]
Quelles sont les causes possibles ?
La compression du nerf contre le col du péroné est une cause habituelle de paralysie du nerf péronier. [2] Cette compression est notamment observée chez des personnes très minces qui croisent souvent les jambes ou chez des patients amaigris restant alités. [2] Une position agenouillée ou accroupie prolongée, une immobilité durable, une blessure sportive ou certaines interventions de la hanche ou du genou peuvent également être associées à un pied tombant. [3] D’autres causes possibles du pied tombant comprennent une atteinte des nerfs liée au diabète, une hernie discale, certaines maladies neuromusculaires et des lésions du cerveau ou de la moelle épinière. [3] Le pied tombant est donc un signe fonctionnel et ne permet pas, à lui seul, d’identifier le nerf atteint ni la cause. [2] [3]
Comment le diagnostic est-il établi ?
L’évaluation repose d’abord sur l’histoire des symptômes, l’examen de la jambe et du pied ainsi que l’observation de la marche. [2] [3] Le professionnel recherche la répartition de la faiblesse et des troubles sensitifs afin de localiser l’atteinte. [2] Une atteinte de la racine nerveuse L5 au niveau de la colonne vertébrale peut produire des déficits proches de ceux d’une paralysie péronière. [2] Des examens électrophysiologiques peuvent être réalisés lorsque l’examen clinique ne suffit pas, notamment pour localiser la lésion, en apprécier la gravité et aider à établir le pronostic. [2] Selon la cause recherchée, des examens d’imagerie tels qu’une radiographie, une échographie ou un scanner peuvent aussi être proposés. [3]
Quels sont les principes de la prise en charge ?
La prise en charge dépend de la cause du pied tombant, de son ancienneté et de la gravité de l’atteinte. [2] [3] Lorsqu’une activité ou une position comprime temporairement le nerf, l’éviter ou la modifier fait partie du traitement de la cause. [2] Une orthèse, une attelle ou un dispositif placé dans la chaussure peut maintenir le pied dans une meilleure position pendant la marche ou dans l’attente d’une récupération. [2] [3] La kinésithérapie peut viser à renforcer ou à étirer les muscles de la jambe et du pied. [3] Une intervention chirurgicale peut être envisagée lorsqu’une compression fixe doit être libérée, lorsque le déficit continue de progresser malgré un traitement conservateur ou dans certaines pertes permanentes de mouvement. [2] [3] L’évolution est variable : le pied tombant peut s’améliorer spontanément ou avec un traitement, mais il peut parfois persister. [3]
Limiter le risque de chute
En attendant l’évaluation et la prise en charge, porter des chaussures bien ajustées et suffisamment stables peut contribuer à sécuriser la marche. [3] Il est également utile de dégager les sols, de retirer les tapis ou câbles pouvant faire trébucher et de maintenir un bon éclairage au domicile. [3] Une aide à la marche ou des mains courantes dans les escaliers peuvent être nécessaires selon les difficultés rencontrées. [3]
Quand demander une évaluation médicale ou appeler les secours ?
Une difficulté à relever l’avant du pied et les orteils doit faire l’objet d’une évaluation médicale afin d’en rechercher la cause. [3]
Appelez immédiatement le 15 ou le 112 si une faiblesse ou un engourdissement d’une jambe apparaît brutalement, notamment en présence d’une paralysie du visage, d’une faiblesse d’un bras, d’un trouble de la parole, d’un trouble visuel, d’une perte soudaine de l’équilibre ou d’un mal de tête intense et inhabituel. [1] Cette urgence reste la même si les symptômes neurologiques disparaissent en quelques minutes, car ils peuvent correspondre à un accident ischémique transitoire. [1] Cette consigne d’urgence concerne une présentation brutale évocatrice d’un AVC ou d’un AIT et ne signifie pas que tout pied tombant correspond à un accident vasculaire cérébral. [1] [3]
Sources et références
[1] AVC : que faire ? | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-11
[2] Mononeuropathies - Neurologie - Édition professionnelle du Manuel MSD
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-11
[3] Foot drop - NHS
NHS · Consulté le 2026-09-11
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