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Neuropathie à axones géants : signes, diagnostic et prise en charge

La neuropathie à axones géants, ou GAN, est une maladie neuromusculaire génétique rare, généralement révélée pendant la petite enfance. [3] Elle provoque principalement une atteinte progressive des nerfs moteurs et sensitifs, puis peut également toucher le cerveau et la moelle épinière. [3] La présentation et la vitesse d’évolution varient cependant beaucoup d’une personne à l’autre, avec notamment des formes plus modérées où l’atteinte du système nerveux central reste limitée. [3]

Quelle est la cause de la neuropathie à axones géants ?

La maladie se transmet selon un mode autosomique récessif et résulte de variants pathogènes du gène GAN. [3] Ce gène permet normalement la production de la gigaxonine, une protéine qui intervient dans l’élimination et le renouvellement de protéines constituant le squelette interne des cellules. [3] Lorsque la gigaxonine ne fonctionne pas correctement, des filaments intermédiaires, dont les neurofilaments, s’accumulent et se désorganisent dans les cellules nerveuses. [3] Certains axones deviennent alors anormalement dilatés par ces amas, ce qui explique le nom d’« axones géants » donné à la maladie. [3]

Quels sont les signes possibles ?

Dans la forme classique, le premier signe est une faiblesse musculaire progressive touchant surtout les extrémités des membres. [3] La maladie peut ensuite entraîner une fonte musculaire, une diminution du tonus et de la force, une abolition des réflexes et des difficultés croissantes pour marcher. [3] Une faiblesse des muscles proximaux peut également provoquer une démarche dandinante, des omoplates saillantes ou une difficulté à se relever. [3]

L’atteinte du système nerveux central peut se traduire par des troubles de l’équilibre et de la coordination, des tremblements, des mouvements oculaires anormaux ou une raideur musculaire. [3] Des troubles de la parole, de la voix, de la vision ou de l’audition sont également décrits. [3] Les formes sévères peuvent s’accompagner de crises d’épilepsie, d’une déficience intellectuelle ou d’un déclin des fonctions cognitives. [3]

D’autres manifestations possibles comprennent la constipation, le reflux ou les régurgitations, une scoliose, des pieds creux et des rétractions des tendons. [3] Des cheveux anormalement très frisés et de longs cils sont fréquemment observés, mais ces particularités ne sont pas présentes chez toutes les personnes atteintes. [3]

Comment la maladie évolue-t-elle ?

La forme classique est une maladie neurodégénérative progressive qui altère peu à peu les capacités motrices et sensitives. [3] La revue scientifique publiée en 2022 rapporte que de nombreux enfants présentant cette forme deviennent dépendants d’un fauteuil roulant au cours de la deuxième décennie de vie. [3] Dans les évolutions sévères décrites, une insuffisance respiratoire peut survenir et engager le pronostic vital. [3] Ces repères ne permettent toutefois pas de prévoir l’évolution d’une personne donnée, car des formes lentes ressemblant à une maladie de Charcot-Marie-Tooth avec peu d’atteinte centrale sont également reconnues. [3]

Comment le diagnostic est-il évalué ?

L’évaluation repose sur l’histoire de la maladie, l’examen neurologique et des examens destinés à caractériser l’atteinte des nerfs et du système nerveux central. [3] L’électromyogramme peut montrer une atteinte neuropathique chronique de plusieurs nerfs moteurs et sensitifs. [3] Les études de conduction nerveuse peuvent retrouver des réponses musculaires et sensitives très diminuées ou absentes ainsi qu’un ralentissement de la conduction. [3] L’IRM peut révéler des anomalies progressives de la substance blanche, une démyélinisation ou une atrophie touchant différentes régions du cerveau, du cervelet et de la moelle épinière. [3] L’analyse microscopique d’une biopsie nerveuse, cutanée ou musculaire peut mettre en évidence des axones dilatés contenant des amas désorganisés de neurofilaments, sans que la revue utilisée précise dans quelles situations cet examen invasif doit être réalisé. [3]

Les ressemblances avec les maladies de Charcot-Marie-Tooth ou l’ataxie de Friedreich peuvent compliquer la reconnaissance clinique. [3] La confirmation génétique permet d’identifier une anomalie responsable du gène GAN et de distinguer la maladie de neuropathies proches. [3]

Quels soins sont proposés ?

La revue de 2022 ne rapportait aucun traitement curatif ou traitement approuvé capable de corriger la cause de la neuropathie à axones géants. [3] La prise en charge décrite est symptomatique et vise à préserver les capacités, soutenir le développement et limiter les conséquences de la maladie. [3] Elle peut associer rééducation physique, activités en milieu aquatique, ergothérapie, accompagnement de la parole et de la communication, orthèses et traitement de la douleur. [3]

Où en est la recherche sur la thérapie génique ?

Une stratégie expérimentale consiste à apporter une copie fonctionnelle du gène GAN afin de restaurer la production de gigaxonine. [3] Des résultats obtenus sur des cellules et des animaux ont montré une réduction des amas de filaments intermédiaires, mais ils ne suffisent pas à démontrer un bénéfice chez l’être humain. [3] La revue de 2022 décrivait un essai clinique de phase I utilisant une administration intrathécale, dont l’objectif principal était d’évaluer la sécurité du traitement plutôt que d’en établir l’efficacité. [3] Des signes de toxicité au niveau des ganglions des racines dorsales ont été rapportés, ce qui constitue un risque important à étudier avant de considérer cette approche comme un traitement établi. [3]

Quand demander rapidement une aide médicale ?

Un essoufflement apparu récemment nécessite toujours un avis médical, quelle qu’en soit la cause. [1] En France, appelez immédiatement le 15 ou le 112 si la personne respire très vite ou avec un effort visible, ne peut pas terminer ses phrases, a les lèvres bleutées, devient confuse, fait un malaise ou présente une douleur thoracique. [1] Après l’appel, restez auprès de la personne, installez-la dans la position où elle respire le mieux et suivez les directives données par le médecin régulateur. [1]

Une difficulté à avaler, des toux ou étouffements pendant les repas, une voix mouillée après avoir mangé, un essoufflement après les repas ou des infections thoraciques répétées nécessitent une évaluation médicale rapide. [2] Les troubles de la déglutition peuvent entraîner une déshydratation, une perte de poids et des infections thoraciques répétées. [2] Leur traitement dépend de leur cause et de leur gravité et peut nécessiter une évaluation spécialisée de la déglutition et de l’alimentation. [2]

Sources et références

[2] Dysphagia (swallowing problems) - NHS

NHS · Consulté le 2026-09-11

[3] Genetic Approaches for the Treatment of Giant Axonal Neuropathy

www.ebi.ac.uk · Version : 2022-12-30 · Consulté le 2026-09-16

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