Aller au contenu principal

Néphrite : comprendre les formes tubulo-interstitielles et la néphrite lupique

Les documents disponibles décrivent sous le mot « néphrite » plusieurs atteintes rénales distinctes, dont la néphrite tubulo-interstitielle et la néphrite lupique. [2] [3] La première touche principalement les tubules rénaux et le tissu qui les entoure, tandis que la seconde est une atteinte des glomérules provoquée par le lupus érythémateux disséminé. [2] [3] Leurs causes, leurs examens et leurs traitements ne sont donc pas interchangeables. [1] [2] Cette fiche explique ces deux formes documentées sans les présenter comme une classification complète de toutes les néphrites. [1] [2]

Qu’est-ce qu’une néphrite tubulo-interstitielle ?

La néphrite tubulo-interstitielle est une inflammation ou une lésion qui affecte les tubules des reins et le tissu interstitiel qui les entoure. [1] [3] Les tubules participent notamment à la concentration de l’urine et à l’équilibre de l’eau et des électrolytes dans le sang. [3] Leur atteinte peut ainsi produire une urine trop diluée, augmenter le volume des urines et perturber certains électrolytes. [3] La forme aiguë apparaît sur une période courte, alors que la forme chronique s’installe progressivement et peut entraîner une fibrose ainsi qu’une détérioration durable de la fonction rénale. [1] [3]

Quelles sont les causes de la forme tubulo-interstitielle ?

La néphrite tubulo-interstitielle aiguë est le plus souvent liée à une réaction à un médicament ou à une infection. [1] Parmi les catégories de médicaments rapportées figurent certains antibiotiques, anti-inflammatoires non stéroïdiens, diurétiques et inhibiteurs de la pompe à protons. [1] [3] Une association connue entre un médicament et cette maladie ne suffit toutefois pas à établir que ce médicament est la cause chez une personne donnée. [1] L’évaluation recherche notamment une relation temporelle entre l’exposition et l’apparition de l’atteinte rénale. [1] Les formes chroniques peuvent être associées à des médicaments ou à des toxines, mais aussi à des maladies immunologiques ou métaboliques, à des infections, à un reflux urinaire ou à une obstruction des voies urinaires. [1]

Quels signes peut provoquer une néphrite tubulo-interstitielle ?

Une néphrite tubulo-interstitielle peut provoquer peu de symptômes ou rester silencieuse tant qu’une insuffisance rénale ne s’est pas développée. [1] Certaines personnes urinent davantage, plus souvent ou pendant la nuit en raison d’un défaut de concentration des urines. [1] [3] Dans une forme aiguë due à une réaction médicamenteuse, une fièvre ou une éruption cutanée peut survenir. [1] [3] L’association classique d’une fièvre, d’une éruption cutanée et d’une augmentation des éosinophiles sanguins est néanmoins absente chez la grande majorité des patients présentant une forme aiguë médicamenteuse. [1] Lorsqu’une infection rénale est en cause, une fièvre, une douleur à la miction et une douleur lombaire ou du flanc peuvent être présentes. [3] Dans la forme chronique, les premiers symptômes peuvent être ceux d’une insuffisance rénale, comme une fatigue, des démangeaisons, une diminution de l’appétit, des nausées ou des vomissements. [3]

Comment la néphrite tubulo-interstitielle est-elle évaluée ?

Le diagnostic repose sur l’histoire médicale, la recherche d’expositions ou de maladies associées, les analyses de sang et d’urine ainsi que, selon le contexte, l’imagerie rénale. [1] [3] Les analyses sanguines peuvent mettre en évidence une diminution de la fonction rénale, une acidose métabolique ou certaines anomalies des électrolytes. [1] [3] Dans la forme aiguë, l’analyse d’urine peut montrer des globules blancs sans bactérie à la culture, ce que l’on appelle une pyurie stérile. [1] La présence ou l’absence d’éosinophiles dans les urines ne permet pas, à elle seule, de confirmer ou d’écarter le diagnostic. [1] L’échographie ou d’autres examens d’imagerie servent notamment à distinguer cette maladie d’autres causes d’atteinte rénale. [1] La biopsie rénale peut établir un diagnostic certain, mais elle est surtout envisagée lorsque le diagnostic reste incertain, que les lésions progressent, que l’amélioration n’est pas obtenue ou qu’un traitement par corticoïdes est envisagé. [1] [3]

Qu’est-ce que la néphrite lupique ?

La néphrite lupique est une glomérulonéphrite, c’est-à-dire une atteinte inflammatoire des unités de filtration du rein, provoquée par le lupus érythémateux disséminé. [2] Elle est liée au dépôt de complexes immunitaires dans les glomérules et comprend plusieurs classes définies par l’examen du tissu rénal. [2] Elle peut se manifester par du sang ou des protéines dans les urines, une hypertension ou des œdèmes. [2] Certaines classes ne provoquent toutefois aucun signe clinique évident ou seulement des anomalies microscopiques des urines. [2]

Comment la néphrite lupique est-elle diagnostiquée et surveillée ?

Chez une personne atteinte de lupus, le bilan associe notamment une analyse d’urine, la mesure de la créatinine sanguine et l’évaluation des protéines urinaires. [2] Les anticorps dirigés contre l’ADN double brin et les fractions C3 et C4 du complément contribuent à évaluer l’activité du lupus. [2] Une augmentation des anticorps anti-ADN double brin ou une diminution de C3 et C4 peut être en faveur d’une activité accrue, sans remplacer l’ensemble de l’évaluation rénale. [2] Lorsque les examens sont anormaux, notamment en cas de protéinurie confirmée ou de diminution de la filtration rénale, une biopsie est généralement réalisée pour confirmer et classer l’atteinte. [2] Cette classification renseigne sur l’activité inflammatoire, le degré de cicatrisation, le pronostic et les choix thérapeutiques. [2] La fonction rénale et l’activité du lupus doivent ensuite être surveillées régulièrement. [2]

Quels sont les principes de la prise en charge ?

Dans la néphrite tubulo-interstitielle, le traitement vise d’abord à supprimer médicalement la cause identifiée, qu’il s’agisse d’une exposition, d’un médicament ou d’une maladie sous-jacente. [1] [3] Un traitement corticoïde peut être envisagé dans certaines formes aiguës immunologiques ou médicamenteuses, mais il n’est pas présenté comme systématique. [1] [3] Dans les formes chroniques, la prise en charge peut également comprendre le contrôle de la pression artérielle et le traitement des conséquences de la maladie rénale. [1] [3] Dans la néphrite lupique, le traitement dépend de la classe observée à la biopsie ainsi que du degré d’activité et de chronicité des lésions. [2] Les formes actives potentiellement réversibles peuvent nécessiter un traitement immunosuppresseur spécialisé, tandis que les lésions déjà cicatricielles répondent moins bien à ce type de traitement. [2] Une atteinte rénale sévère et irréversible peut conduire à une dialyse ou à une transplantation rénale, quelle que soit la cause initiale. [2] [3]

Quelle évolution est possible ?

Dans une néphrite tubulo-interstitielle aiguë, la fonction rénale s’améliore souvent lorsque la cause est reconnue et traitée, mais une cicatrisation rénale ou des séquelles peuvent persister. [1] [3] Un retard de traitement ou la poursuite de l’exposition responsable peut favoriser des lésions irréversibles et une maladie rénale chronique. [1] Dans la forme chronique, le pronostic dépend de la cause et de la possibilité d’interrompre le processus avant l’installation d’une fibrose irréversible. [1] Pour la néphrite lupique, le pronostic dépend notamment de la classe histologique, de l’importance des cicatrices et de la fonction rénale initiale. [2] Ces différences expliquent pourquoi des symptômes isolés ou une seule anomalie biologique ne permettent pas d’identifier soi-même le type de néphrite. [1] [2]

Sources et références

La téléconsultation peut être envisagée selon votre situation

  • Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée
  • Peut être remboursée selon conditions *
Prendre rendez-vous

* Dans le cadre du parcours de soins coordonné. Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée à votre situation.

Téléconsultation : préparer votre rendez-vous

Une consultation à distance peut être envisagée avec votre médecin. Il détermine si elle convient à votre situation ou si un examen en présence est nécessaire.

Avant le rendez-vous

  • Notez le motif de consultation, les symptômes et leur durée.
  • Préparez la liste de vos traitements, vos allergies connues et les comptes rendus ou résultats déjà disponibles.
  • Installez-vous dans un endroit calme et confidentiel, avec une connexion et un appareil permettant la vidéo.

Organiser la suite

Contactez votre médecin habituel ou le professionnel qui vous suit pour organiser la consultation. Selon votre situation, une consultation en présence pourra être nécessaire.

En cas d’urgence médicale, appelez le 15 ou le 112 ; n’attendez pas une téléconsultation.

Informations pratiques : Assurance Maladie — téléconsultation · Service Public — numéros d’urgence.

Spécialités médicales concernées

Néphrologue, option soins intensifs néphrologiques