Néoplasie endocrinienne multiple de type 1 : manifestations, diagnostic, soins et suivi

La néoplasie endocrinienne multiple de type 1, ou NEM1, est un syndrome héréditaire qui prédispose à différentes tumeurs endocrines, principalement au niveau des parathyroïdes, de l’hypophyse et du pancréas ou du duodénum. [2] [4] Elle ne correspond donc pas à un cancer unique : les lésions peuvent être bénignes ou malignes, produire des hormones en excès ou provoquer des problèmes par leur croissance. [1] [4] Les différentes atteintes n’apparaissent pas nécessairement en même temps, ce qui explique la nécessité d’une surveillance prolongée même lorsqu’une personne ne présente aucun symptôme. [1] [2]
Quelle est la cause de la NEM1 et comment se transmet-elle ?
La NEM1 est généralement due à une altération inactivatrice du gène MEN1, qui code une protéine appelée ménine et participe à la suppression du développement tumoral. [2] Sa transmission est dite autosomique dominante : chaque enfant d’une personne porteuse de l’altération familiale a un risque sur deux de l’hériter, quel que soit son sexe. [4] Environ 10 % des personnes diagnostiquées présentent toutefois une variation apparue de novo, c’est-à-dire sans qu’elle ait été héritée d’un parent atteint. [4] Les manifestations peuvent différer entre les membres d’une même famille, et aucune correspondance directe permettant de prédire les tumeurs à partir de la variation génétique n’a été établie. [4]
La NEM1 ne doit pas être confondue avec la NEM2, principalement associée au cancer médullaire de la thyroïde et au phéochromocytome. [4] La NEM4 peut en revanche présenter des manifestations proches de celles de la NEM1 tout en étant liée à un autre gène. [1] [4]
Quelles sont les principales atteintes de la NEM1 ?
L’hyperparathyroïdie est l’atteinte la plus fréquente de la NEM1 et résulte habituellement de l’augmentation de volume de plusieurs glandes parathyroïdes. [2] [4] Elle augmente la production de parathormone et peut élever le calcium sanguin, parfois sans provoquer de symptôme pendant longtemps. [2] [4] L’excès de calcium peut notamment être associé à des calculs rénaux, à une déshydratation, à des troubles digestifs et à une augmentation de la résorption osseuse avec risque de fracture. [4]
Les tumeurs neuroendocrines gastro-entéro-pancréatiques peuvent se développer dans le pancréas, le duodénum, l’estomac ou d’autres parties du tube digestif. [2] Certaines sont dites fonctionnelles parce qu’elles sécrètent des hormones, tandis que d’autres ne provoquent pas de syndrome hormonal identifiable. [2] [4] Un gastrinome peut augmenter la sécrétion acide de l’estomac et entraîner des ulcères gastroduodénaux, des douleurs abdominales, un reflux ou une diarrhée. [2] [4] Un insulinome produit un excès d’insuline et peut provoquer une hypoglycémie, notamment à jeun. [2] D’autres tumeurs sécrétantes, plus rares, peuvent être responsables d’une diarrhée aqueuse importante ou d’autres déséquilibres hormonaux. [2] Certaines tumeurs gastro-entéro-pancréatiques peuvent devenir malignes et former des métastases, le risque variant notamment selon leur nature et leur taille. [2]
Les tumeurs de l’hypophyse associées à la NEM1 peuvent produire de la prolactine, de l’hormone de croissance ou, plus rarement, d’autres hormones. [2] Un excès de prolactine peut provoquer des écoulements mammaires ou des troubles menstruels chez la femme et une diminution de la libido ou une dysfonction sexuelle chez l’homme. [1] [4] Un excès d’hormone de croissance peut entraîner une acromégalie chez l’adulte ou un gigantisme chez l’enfant. [2] [4] La croissance d’une tumeur hypophysaire peut également provoquer des maux de tête, des troubles visuels ou une insuffisance de fonctionnement de l’hypophyse. [2] [4]
Quelles autres manifestations peuvent survenir ?
La NEM1 peut aussi être associée à des tumeurs neuroendocrines du thymus, des bronches ou de l’estomac ainsi qu’à des lésions des glandes surrénales. [2] Des lipomes, des angiofibromes et des collagénomes peuvent apparaître sur ou sous la peau et sont généralement bénins. [2] [4] Des méningiomes et des épendymomes sont également décrits, mais ils sont rares et généralement bénins. [2] Les femmes atteintes de NEM1 présentent par ailleurs un risque accru de cancer du sein par rapport aux femmes non atteintes. [2] [4]
Comment le diagnostic est-il établi ?
La NEM1 est notamment recherchée devant plusieurs tumeurs caractéristiques, une atteinte évocatrice associée à des antécédents familiaux ou une hyperparathyroïdie survenue à un âge jeune. [2] Le diagnostic clinique peut être établi en présence d’au moins deux atteintes endocrines majeures parmi les parathyroïdes, l’hypophyse et le territoire gastro-entéro-pancréatique. [4] Il peut aussi être établi devant l’une de ces atteintes chez une personne ayant un parent du premier degré atteint de NEM1. [4] L’identification d’une variation pathogène ou probablement pathogène du gène MEN1 permet d’établir un diagnostic moléculaire. [4] À l’inverse, une variation génétique classée comme étant de signification incertaine ne confirme ni n’exclut à elle seule la NEM1. [4]
Le bilan associe des dosages biologiques adaptés aux hormones recherchées et des examens d’imagerie destinés à localiser les tumeurs. [2] Les analyses peuvent notamment comprendre la mesure du calcium, de la parathormone, de la gastrine et de la prolactine. [2] Selon l’organe exploré, l’imagerie peut faire appel à l’échographie, à la tomodensitométrie, à l’imagerie par résonance magnétique ou à certaines techniques de tomographie par émission de positons. [1] [2] Certains examens doivent être complétés lorsque le dépistage biologique ou clinique suggère une anomalie endocrine particulière. [2]
Quels sont les principes des soins ?
Il n’existe pas de traitement général unique de la NEM1 : chaque atteinte glandulaire est évaluée et traitée séparément. [1] Les soins ont pour objectifs de contrôler les excès hormonaux, de traiter les complications et de prendre en charge les tumeurs qui provoquent des symptômes ou présentent un risque de malignité. [1] [2] Ils peuvent associer chirurgie, traitements médicamenteux et surveillance active de certaines petites lésions qui ne produisent pas d’hormones. [1] [2] L’hyperparathyroïdie est principalement traitée par chirurgie, mais elle peut récidiver après l’intervention. [2] Le traitement d’une tumeur hypophysaire dépend de l’hormone sécrétée et peut être médicamenteux ou chirurgical. [2] La prise en charge des tumeurs pancréatiques ou duodénales tient compte de leur caractère sécrétant, de leur taille, de leur localisation, de leur multiplicité et du risque de métastases. [2] La complexité des atteintes peut nécessiter une coordination entre plusieurs disciplines médicales et chirurgicales. [3]
Pourquoi un suivi durable est-il nécessaire ?
Une personne porteuse d’une variation de MEN1 peut développer de nouvelles atteintes au cours de sa vie, même si une seule tumeur a été découverte initialement. [2] La surveillance périodique repose sur des examens cliniques, des analyses biologiques et des examens d’imagerie destinés à repérer des anomalies avant ou après l’apparition de symptômes. [1] [2] [4] Lorsqu’une variation familiale pathogène de MEN1 est connue, un test génétique peut être proposé aux apparentés à risque afin d’identifier les porteurs avant l’apparition éventuelle d’une tumeur. [2] [4] La découverte successive de tumeurs et la possibilité d’une transmission familiale peuvent susciter une anxiété importante et altérer la qualité de vie. [1] [2] La prise en charge médicale doit donc aussi tenir compte du retentissement psychologique de la maladie. [2]
Sources et références
[1] Néoplasies endocriniennes multiples (NEM) - Cancer - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-11
[2] Néoplasies endocriniennes multiples, type 1 (NEM1) - Oncologie - Édition professionnelle du Manuel MSD
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-11
[3] Multiple Endocrine Neoplasia Type 1 - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
[4] Multiple Endocrine Neoplasia Type 1 - GeneReviews® - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
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