Myopathie à axe central : signes, diagnostic, évolution et prise en charge

La myopathie à axe central, appelée central core disease en anglais, est une maladie neuromusculaire génétique rare appartenant au groupe des myopathies congénitales. [1] Elle est dite congénitale parce qu’elle est présente dès la naissance, mais ses manifestations peuvent être si discrètes que le diagnostic n’est posé que pendant l’enfance, l’adolescence ou l’âge adulte. [1] La maladie entraîne principalement une faiblesse des muscles proches du centre du corps et peut être associée à des anomalies du squelette ainsi qu’à une susceptibilité à l’hyperthermie maligne lors de certaines anesthésies. [1]
Pourquoi parle-t-on de myopathie à axe central ?
Le nom de la maladie vient de zones anormales appelées cores centraux, situées au centre des fibres musculaires et observées lors de l’examen microscopique d’un prélèvement de muscle. [1] Ces zones peuvent notamment être dépourvues de mitochondries, qui sont des structures cellulaires intervenant dans la production d’énergie nécessaire au fonctionnement musculaire. [1] La maladie ne doit pas être confondue avec la myopathie multiminicore, dans laquelle la biopsie montre plusieurs petites zones anormales et qui peut être liée à différents gènes. [1]
Quels sont les signes possibles ?
Les manifestations et leur gravité varient fortement d’une personne à l’autre, depuis une atteinte musculaire presque inaperçue jusqu’à une faiblesse importante présente dès la naissance. [1] Chez le nourrisson, une diminution du tonus musculaire, appelée hypotonie, peut donner une impression de corps anormalement mou. [1] La faiblesse concerne surtout les muscles proximaux, notamment ceux des épaules, du bassin, des bras et des cuisses, avec une atteinte souvent marquée au niveau de la ceinture pelvienne. [1] Cette faiblesse peut retarder des acquisitions motrices telles que la station debout, la marche ou, chez le jeune enfant, le fait de ramper. [1] Certaines personnes présentent aussi des crampes ou une raideur musculaire, particulièrement pendant l’effort. [1] L’intelligence n’est pas affectée par cette maladie. [1]
Des anomalies du squelette peuvent accompagner l’atteinte musculaire, notamment une scoliose, une luxation congénitale de la hanche, une cyphose ou certaines déformations des pieds. [1] Des rétractions articulaires limitant les mouvements sont plus rares et touchent principalement le tendon d’Achille lorsqu’elles surviennent. [1] Une atteinte légère de certains muscles du visage est possible, mais les muscles entourant les yeux sont habituellement épargnés dans la forme autosomique dominante classique. [1] Dans les formes sévères débutant avant ou peu après la naissance, une hypotonie profonde, une raideur de plusieurs articulations et des difficultés respiratoires peuvent survenir. [1] Les difficultés respiratoires peuvent alors nécessiter une assistance mécanique, et certains enfants sévèrement atteints ne parviennent pas à marcher seuls. [1]
Quelles sont les causes et les formes de transmission ?
La plupart des cas sont considérés comme liés à des variants du gène RYR1. [1] Ce gène commande la production d’un canal qui joue un rôle essentiel dans la régulation du calcium au sein des muscles squelettiques volontaires. [1] Certains variants perturbent la circulation du calcium et peuvent ainsi altérer la maturation ou la contraction des muscles. [1]
La transmission est le plus souvent autosomique dominante, ce qui signifie qu’une seule copie du variant responsable peut suffire pour que la maladie se manifeste. [1] Dans cette forme, le variant peut être transmis par l’un des parents ou apparaître pour la première fois chez la personne atteinte. [1] Lorsqu’un parent est porteur du variant dominant responsable, le risque de transmission est de 50 % à chaque grossesse, quel que soit le sexe de l’enfant. [1] Plus rarement, la maladie suit une transmission autosomique récessive nécessitant deux copies du variant, une héritée de chaque parent, et ces formes sont plus souvent associées à des manifestations sévères. [1] Un conseil génétique est recommandé aux personnes atteintes et à leur famille pour expliquer le mode de transmission et les risques familiaux. [1]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Le diagnostic associe l’examen clinique, la recherche des signes caractéristiques, l’histoire personnelle et familiale ainsi que des examens spécialisés. [1] L’analyse génétique tend à devenir la première étape du diagnostic, les autres évaluations servant notamment à confirmer et à interpréter les résultats génétiques. [1] Une prise de sang peut mesurer la créatine kinase, une enzyme musculaire dont le taux est habituellement normal ou légèrement augmenté en dehors d’une crise d’hyperthermie maligne. [1] L’électromyogramme, qui enregistre l’activité électrique des muscles, peut être presque normal, notamment chez les jeunes enfants. [1] Les études de conduction nerveuse sont généralement normales dans la myopathie à axe central. [1]
Une biopsie musculaire peut mettre en évidence les zones centrales caractéristiques au sein des fibres musculaires à l’aide de colorations particulières. [1] Des examens d’imagerie peuvent également être proposés pour préciser les anomalies osseuses ou articulaires associées. [1] Les symptômes peuvent ressembler à ceux d’autres myopathies congénitales, ce qui rend nécessaire une interprétation conjointe des signes, des résultats génétiques et des examens musculaires. [1]
Quels sont les principes de la prise en charge ?
La prise en charge est adaptée aux manifestations propres à chaque personne et repose sur des soins symptomatiques et de soutien. [1] Elle peut nécessiter la coordination de professionnels de la médecine neuromusculaire, de l’orthopédie, de la médecine physique et de réadaptation, de la kinésithérapie et de l’ergothérapie. [1] Chez un nourrisson très hypotonique, une attention particulière peut être portée à la posture ainsi qu’au maintien de la tête et du tronc grâce à un siège adapté. [1] Une alimentation par sonde peut être nécessaire lorsqu’une faiblesse extrêmement sévère empêche d’assurer des apports nutritionnels suffisants. [1] Des orthèses, d’autres aides techniques ou une intervention chirurgicale peuvent être proposées pour prévenir ou traiter certaines déformations musculosquelettiques. [1] La kinésithérapie, l’ergothérapie et les aides à la mobilité peuvent soutenir les capacités motrices et faciliter les activités quotidiennes. [1]
Quelle est l’évolution de la maladie ?
Chez la plupart des personnes, la faiblesse musculaire reste stable ou ne progresse que lentement. [1] Les formes autosomiques dominantes sont généralement associées à une maladie stable ou lentement progressive et à un pronostic favorable. [1] Les formes autosomiques récessives sont plus susceptibles d’entraîner des complications sévères, notamment une atteinte motrice ou respiratoire importante dès le début de la vie. [1]
Pourquoi le risque anesthésique doit-il être signalé ?
Certaines personnes atteintes de myopathie à axe central sont susceptibles de développer une hyperthermie maligne, réaction grave déclenchée par certains médicaments utilisés lors d’une anesthésie générale. [1] Les déclencheurs décrits comprennent des anesthésiques volatils inhalés ainsi que le relaxant musculaire dépolarisant succinylcholine. [1] Un épisode peut associer une rigidité musculaire, une augmentation du dioxyde de carbone, un rythme cardiaque rapide et irrégulier, une respiration rapide et profonde, une cyanose, une atteinte musculaire et une élévation parfois tardive de la température. [1] Sans reconnaissance et traitement, cette réaction peut provoquer notamment une rhabdomyolyse, des lésions cérébrales, des troubles de la coagulation ainsi qu’une insuffisance rénale ou cardiaque. [1] Ce risque doit être pris en compte par les chirurgiens, anesthésistes, dentistes et autres soignants lors du choix d’une anesthésie, d’un médicament ou d’une procédure invasive. [1] Toute intervention chirurgicale, y compris dentaire, doit être réalisée dans un environnement permettant une surveillance anesthésique et la mise en œuvre des précautions nécessaires pour prévenir ou traiter un éventuel épisode. [1]
Sources et références
[1] Central Core Disease - Symptoms, Causes, Treatment | NORD
rarediseases.org · Consulté le 2026-09-17
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