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Prématurité : comprendre les risques, les soins et le suivi du nouveau-né prématuré

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Néonatologie par ville

Un nouveau-né est considéré comme prématuré lorsqu’il naît avant 37 semaines de grossesse. [1] Les « maladies du prématuré » ne désignent pas une maladie unique, mais différents troubles pouvant résulter de l’immaturité du cerveau, des poumons, de l’appareil digestif, des reins, des yeux, du système immunitaire ou d’autres organes. [1] Le risque et la gravité des complications augmentent globalement lorsque la naissance survient plus tôt. [1] Tous les enfants prématurés ne présentent cependant pas les mêmes difficultés, et la plupart grandissent sans séquelle ou avec seulement des problèmes légers. [1]

Quels sont les différents degrés de prématurité ?

L’âge gestationnel correspond au nombre de semaines de grossesse et constitue le principal repère utilisé pour diagnostiquer et classer la prématurité. [1] On distingue l’extrême prématurité avant 28 semaines, la très grande prématurité de 28 semaines à la fin de la 31e semaine, la prématurité modérée de 32 semaines à la fin de la 33e semaine et la prématurité tardive de 34 semaines à la fin de la 36e semaine. [1] Le poids de naissance apporte une information importante, mais un faible poids ne définit pas à lui seul la prématurité, qui repose sur l’âge gestationnel. [1]

Pourquoi la prématurité peut-elle provoquer des complications ?

Lorsqu’une naissance survient avant terme, certains organes peuvent ne pas être suffisamment matures pour fonctionner seuls en dehors de l’utérus. [1] Les difficultés observées dépendent donc de l’âge gestationnel, des organes concernés et des éventuelles complications apparues après la naissance. [1] L’état de santé de la mère, notamment en cas d’infection, de diabète, d’hypertension artérielle ou de prééclampsie, peut aussi influencer le risque de complications. [1]

Quels signes et troubles peuvent concerner un nouveau-né prématuré ?

Un nouveau-né prématuré peut être de petite taille, avoir une peau fine et peu de graisse sous-cutanée, présenter un faible tonus musculaire ou avoir des réflexes de succion et de déglutition encore mal coordonnés. [1] Sa respiration peut être rapide ou irrégulière, avec de brèves pauses ou des épisodes d’apnée. [1] Les prématurés tardifs peuvent avoir peu de difficultés, mais ils restent parfois hospitalisés jusqu’à ce qu’ils régulent leur température et leur glycémie, s’alimentent correctement et prennent du poids. [1]

L’immaturité du cerveau peut perturber la respiration ainsi que la coordination entre la succion, la déglutition et la respiration. [1] Elle peut aussi être associée à une hémorragie cérébrale et, à plus long terme, à des difficultés motrices, intellectuelles, sociales ou émotionnelles. [1] Sur le plan digestif, des régurgitations, une mauvaise tolérance des repas ou des difficultés à évacuer les selles peuvent survenir. [1] Les prématurés les plus immatures sont également exposés à l’entérocolite nécrosante, une atteinte grave de l’intestin susceptible d’entraîner une infection. [1] Une jaunisse est fréquente parce que le foie élimine moins efficacement la bilirubine, même si elle reste le plus souvent légère. [1]

Les poumons immatures peuvent manquer de surfactant, une substance qui aide les alvéoles pulmonaires à rester ouvertes pendant la respiration. [1] Ce manque favorise le syndrome de détresse respiratoire, qui peut nécessiter une assistance respiratoire. [1] Certains enfants, surtout parmi les moins matures, développent une dysplasie bronchopulmonaire, une maladie pulmonaire chronique évoluant généralement lentement. [1] Le faible nombre d’anticorps transmis par la mère et l’utilisation éventuelle de dispositifs médicaux invasifs augmentent par ailleurs le risque d’infections graves. [1]

La prématurité peut aussi perturber la régulation de la glycémie, de l’eau, des sels minéraux et de la température corporelle. [1] Une persistance du canal artériel peut entraîner un excès de circulation sanguine dans les poumons et augmenter le travail du cœur. [1] La rétinopathie de la prématurité correspond à un développement anormal des vaisseaux de la rétine et peut, dans ses formes les plus sévères, provoquer un décollement de rétine et une cécité. [1]

Comment la prématurité et ses complications sont-elles évaluées ?

L’âge gestationnel est estimé à partir des dates de la grossesse, des premières échographies et, si nécessaire, de l’aspect du nouveau-né après la naissance. [1] Le nouveau-né fait l’objet d’un examen clinique ainsi que des dépistages sanguins, biologiques, auditifs, ophtalmologiques ou d’imagerie jugés nécessaires. [1] Certains de ces examens doivent être répétés pendant l’hospitalisation ou au cours de la croissance. [1] Des examens ophtalmologiques réguliers sont notamment utilisés chez de nombreux prématurés pour repérer une croissance anormale des vaisseaux de la rétine. [1]

Quels soins peuvent être nécessaires à l’hôpital ?

Il n’existe pas un traitement unique de la prématurité : les soins visent à soutenir les fonctions encore immatures et à traiter chaque complication. [1] Selon son état, le nouveau-né peut avoir besoin d’une couveuse, d’une assistance respiratoire, de surfactant, d’antibiotiques, d’une transfusion ou d’un traitement ophtalmologique. [1] Avant une naissance prématurée anticipée, des corticoïdes peuvent être administrés à la mère afin d’augmenter la production de surfactant chez le fœtus et de réduire le risque de détresse respiratoire. [1]

Lorsque l’alimentation par la bouche n’est pas encore possible, les apports peuvent être administrés par voie intraveineuse puis par une sonde avant le passage progressif à l’alimentation orale. [1] Le lait maternel réduit le risque d’entérocolite nécrosante et d’infections chez le nourrisson prématuré. [1] Pour les enfants de très faible poids, il peut toutefois être enrichi afin de couvrir certains besoins nutritionnels supplémentaires. [1] Le contact peau à peau avec les parents est bénéfique lorsqu’il est possible et contribue à l’attachement. [1]

Quand un bébé prématuré peut-il rentrer à la maison ?

La sortie dépend avant tout du contrôle des problèmes médicaux et de l’autonomie du bébé, plutôt que d’une date identique pour tous. [1] Le nourrisson doit généralement pouvoir s’alimenter suffisamment, prendre régulièrement du poids et maintenir une température normale dans un berceau. [1] Il ne doit plus présenter de pauses respiratoires ou de ralentissements cardiaques nécessitant un traitement. [1]

À la maison, le nourrisson doit être couché sur le dos pour chaque sommeil. [1] Les couvertures, couettes, oreillers, peluches et autres objets duveteux doivent être retirés du berceau, car ils augmentent le risque de mort inattendue du nourrisson. [1]

Quel suivi et quelle évolution après une naissance prématurée ?

Après la sortie, un suivi rapproché recherche notamment d’éventuels troubles du développement, de la vision, de l’audition ou des apprentissages. [1] Une prise en charge en kinésithérapie, en ergothérapie ou en orthophonie peut être proposée si des besoins sont identifiés. [1] Le pronostic dépend principalement du degré de prématurité, du poids de naissance et des complications survenues après la naissance. [1] Les retards du développement, la paralysie cérébrale ainsi que certains troubles visuels, auditifs, attentionnels ou des apprentissages restent plus fréquents chez les enfants nés prématurément que chez ceux nés à terme. [1] Cette augmentation du risque ne signifie pas qu’un enfant donné présentera nécessairement une séquelle. [1]

Que faire en cas de suspicion de travail prématuré ?

Une personne enceinte qui pense être en travail prématuré ou dont la poche des eaux s’est rompue doit contacter immédiatement son obstétricien afin d’organiser une évaluation et un traitement adaptés. [1]

Un suivi prénatal régulier et précoce permet de rechercher et de prendre en charge certains facteurs associés à la naissance prématurée. [1] L’absence de tabac, d’alcool et de drogues contribue également à réduire les facteurs de risque évitables. [1] De nombreuses naissances prématurées surviennent néanmoins sans cause identifiable ou dans des situations qui ne peuvent pas être évitées. [1]

Sources et références

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Spécialités médicales concernées

Néonatologue
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