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Rétinopathie du prématuré : dépistage, traitements et suivi

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Ophtalmologie pédiatrique par ville

La rétinopathie du prématuré est une maladie des vaisseaux sanguins de la rétine qui touche certains enfants nés prématurément. [1] [2] La rétine est le tissu sensible à la lumière situé au fond de l’œil. [1] La plupart des formes sont légères et régressent spontanément, mais les formes sévères peuvent provoquer un décollement de la rétine et une perte de vision. [1] [2] Comme la maladie ne provoque habituellement aucun symptôme chez le nouveau-né, seul un dépistage ophtalmologique programmé permet de la détecter assez tôt. [1] [3]

Pourquoi la prématurité expose-t-elle la rétine ?

Les vaisseaux de la rétine commencent à se développer pendant la grossesse et n’atteignent normalement la périphérie de la rétine que vers le terme. [1] [4] Une naissance très prématurée interrompt ce développement alors qu’une partie de la rétine ne possède pas encore de vaisseaux. [2] [3] La croissance vasculaire peut d’abord s’arrêter, puis reprendre de manière désorganisée sous l’effet du manque d’oxygène dans les zones encore non vascularisées. [1] [4] Dans les formes avancées, les nouveaux vaisseaux et le tissu fibreux peuvent exercer une traction sur la rétine jusqu’à la décoller. [3]

Quels enfants sont les plus exposés ?

Le risque augmente principalement lorsque l’âge gestationnel et le poids de naissance diminuent. [2] [4] Certaines complications de la prématurité, notamment les infections, l’hémorragie intraventriculaire et la dysplasie bronchopulmonaire, sont également associées à un risque accru. [1] [2] Une oxygénothérapie excessive, prolongée ou marquée par d’importantes fluctuations d’oxygène peut favoriser la maladie. [2] [4] L’oxygène reste toutefois un traitement indispensable lorsque le nouveau-né ne peut pas maintenir seul une oxygénation suffisante. [2] [4] Sa quantité ne doit donc pas être modifiée par les parents, mais ajustée et surveillée par l’équipe de néonatologie en fonction des besoins du bébé. [1] [2]

Pourquoi l’absence de symptôme rend-elle le dépistage indispensable ?

Les premiers stades de la rétinopathie du prématuré sont asymptomatiques et ne peuvent pas être reconnus par la simple observation du bébé. [1] [3] Le diagnostic repose sur l’examen du fond de l’œil après dilatation des pupilles, généralement au moyen d’une ophtalmoscopie indirecte. [2] [4] Cet examen est réalisé par un ophtalmologiste formé à l’évaluation de cette maladie. [1] [4] Les critères de dépistage et le calendrier du premier examen varient selon les pays et tiennent notamment compte de l’âge gestationnel, du poids de naissance et de l’évolution clinique du nouveau-né. [3] [4] Le calendrier applicable à chaque enfant doit donc être celui fixé par son équipe de néonatologie et d’ophtalmologie. [3] [4]

Comment la gravité est-elle évaluée ?

L’ophtalmologiste décrit la maladie selon la zone de rétine atteinte, son stade et la présence éventuelle d’une activité vasculaire sévère appelée « maladie plus ». [3] [4] Les stades vont de 1 à 5, depuis une simple ligne séparant la rétine vascularisée de la périphérie sans vaisseaux jusqu’au décollement total de la rétine. [2] Le stade 4 correspond à un décollement partiel et le stade 5 à un décollement total de la rétine. [2] [3] La décision de surveiller ou de traiter ne dépend pas du seul numéro du stade, car la localisation et les signes d’activité vasculaire comptent également. [3] [4] Certaines formes postérieures agressives évoluent rapidement et nécessitent un traitement urgent lorsqu’elles sont identifiées. [3]

Pourquoi les examens doivent-ils être répétés ?

Un premier examen normal ne suffit pas toujours, car la rétinopathie peut apparaître ou évoluer pendant que la rétine poursuit sa maturation. [1] [4] Les examens sont donc répétés à un rythme déterminé par les constatations ophtalmologiques, la gravité et la progression éventuelle de la maladie. [2] [4] La surveillance de la phase initiale se poursuit jusqu’à ce que les vaisseaux de la rétine aient suffisamment mûri ou que l’équipe estime le risque écarté. [1] [2] Cette surveillance peut continuer après la sortie de néonatologie, ce qui rend essentiel le respect des rendez-vous transmis à la famille. [4]

L’absence de signe visible ou l’impression que le bébé voit normalement ne permet pas d’interrompre les examens ophtalmologiques programmés. [1] [3]

Quels traitements peuvent être proposés ?

Une forme légère relève généralement d’une surveillance, car la croissance anormale des vaisseaux régresse souvent sans traitement. [1] [2] Une forme sévère peut nécessiter un traitement avant qu’un décollement de rétine ne survienne. [1] [4] La photocoagulation au laser traite la rétine périphérique non vascularisée afin de freiner la croissance des vaisseaux anormaux et de réduire le risque de décollement. [1] [2] Les médicaments anti-VEGF sont injectés à l’intérieur de l’œil pour bloquer un signal impliqué dans la prolifération vasculaire anormale. [2] [4] Ils peuvent être utilisés seuls ou en association avec le laser dans certaines formes, selon l’évaluation de l’ophtalmologiste. [2] [4] Après un traitement anti-VEGF, une réactivation peut survenir tardivement et impose une surveillance prolongée. [2] [4] L’absorption générale possible de ces médicaments et l’incertitude sur certains effets à long terme chez les enfants prématurés font également partie des éléments pris en compte dans le choix thérapeutique. [2] [4] En cas de décollement de rétine, une chirurgie peut parfois être envisagée, mais les interventions des stades avancés ont un bénéfice visuel limité. [1] [2]

Quel suivi visuel est nécessaire à long terme ?

Même après la régression de la rétinopathie, le risque de myopie, de strabisme et d’amblyopie reste plus élevé. [1] [2] L’amblyopie correspond à un développement insuffisant de la vision d’un œil pendant l’enfance. [2] Des cicatrices rétiniennes peuvent aussi exposer à un décollement de rétine plus tardif. [1] [2] Un glaucome ou une cataracte surviennent plus rarement. [1] [2] Les enfants qui conservent des cicatrices doivent bénéficier d’un suivi ophtalmologique durable, tandis que la fréquence des contrôles est adaptée à leurs séquelles et à leur vision. [2] La prise en charge précoce d’une amblyopie ou d’un trouble de la réfraction contribue à optimiser le développement visuel. [2]

Peut-on prévenir la rétinopathie du prématuré ?

Après une naissance prématurée, la prévention repose notamment sur une utilisation de l’oxygène adaptée aux besoins et sur la limitation des variations excessives de l’oxygénation. [1] [2] Cette prévention relève de la surveillance médicale en néonatologie et ne consiste pas à priver d’oxygène un enfant qui en a besoin. [2] [4] La vitamine E et la restriction de la lumière n’ont pas démontré d’efficacité préventive. [2] En pratique, le dépistage régulier et le traitement au moment approprié restent les principaux moyens d’éviter une atteinte visuelle grave. [3] [4]

Quels repères sont utiles aux parents ?

Les parents peuvent demander à l’équipe si leur enfant relève du dépistage, quand aura lieu le prochain examen et si le suivi continuera après la sortie. [4] Ils peuvent également demander quel est le stade observé, si un traitement est nécessaire et pendant combien de temps la surveillance devra se poursuivre. [4] Une communication claire avec l’équipe aide les parents à participer aux décisions urgentes et à organiser les rendez-vous successifs. [4]

Sources et références

[3] Retinopathy of Prematurity - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

[4] Retinopathy of Prematurity (ROP): Are We There Yet?

www.ebi.ac.uk · Version : 2026-05-01 · Consulté le 2026-09-16

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Spécialités médicales concernées

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