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Maladie de la forêt de Kyasanur : transmission, symptômes, diagnostic et prévention

La maladie de la forêt de Kyasanur, ou Kyasanur Forest Disease, est une infection virale transmise par des tiques qui peut provoquer une fièvre hémorragique chez l’être humain. [1] [3] Elle est due au virus KFDV, un orthoflavivirus de la famille des Flaviviridae identifié pour la première fois en 1957 dans le Karnataka, en Inde. [2] [3] Son expression varie d’une infection sans symptôme ou d’une maladie fébrile modérée à une atteinte hémorragique ou neurologique grave. [1] [2] Les symptômes ne suffisent pas à confirmer cette maladie, car ils peuvent ressembler à ceux d’autres infections et nécessitent une analyse de laboratoire adaptée au stade de l’infection. [2] [3]

Où la maladie est-elle présente et comment se transmet-elle ?

La maladie est principalement décrite dans la région indienne des Ghâts occidentaux. [2] [3] En 2024, des cas confirmés avaient été rapportés dans le Karnataka, le Tamil Nadu, le Kerala, Goa et le Maharashtra. [1] L’être humain est infecté accidentellement par la piqûre d’une tique porteuse du virus, principalement Haemaphysalis spinigera. [1] [2] [3] Le virus circule entre les tiques et différents animaux, notamment de petits mammifères et des singes. [2] [3] Les personnes travaillant ou circulant dans les forêts des zones touchées, comme les travailleurs forestiers, les agriculteurs et les chasseurs, sont davantage exposées aux tiques infectées. [2] [3] Aucune transmission directe entre humains n’avait été confirmée dans les données examinées par les revues disponibles. [2] [3]

Quels sont les symptômes possibles ?

La première phase débute généralement trois à huit jours après une piqûre de tique infectée. [1] [3] Elle se manifeste habituellement par une fièvre élevée d’apparition brutale, des maux de tête, d’importantes douleurs musculaires et un abattement marqué. [1] [3] Des nausées, des vomissements, des douleurs abdominales ou une diarrhée peuvent accompagner la fièvre. [1] Une rougeur des yeux, de petites taches hémorragiques sur le palais ou une augmentation du volume du foie sont également décrites. [1] Des saignements, notamment du nez ou des gencives, surviennent dans une minorité des cas. [1] [3]

La plupart des personnes se rétablissent après cette phase initiale, mais environ 10 à 20 % des cas symptomatiques présentent une évolution en deux phases. [1] Après une période d’amélioration, la seconde phase peut comporter de nouveaux maux de tête, des tremblements, une raideur, une sensibilité à la lumière, une confusion ou des troubles visuels. [3] Des anomalies telles qu’une diminution des globules blancs et des plaquettes ou une augmentation des enzymes du foie peuvent être retrouvées lors des analyses sanguines. [3] Il existe aussi des infections asymptomatiques, ce qui signifie que certaines personnes infectées ne présentent aucun signe apparent. [1] [2]

Comment le diagnostic est-il établi ?

L’évaluation diagnostique tient compte des symptômes et d’une exposition possible aux tiques dans une zone où le virus circule. [2] [3] Une confirmation biologique est indispensable, car le tableau clinique peut notamment ressembler à celui de la dengue ou du paludisme. [3] La RT-PCR recherche le matériel génétique du virus et est surtout utile pendant la phase précoce où le virus circule dans le sang. [2] [3] Les tests sérologiques de type ELISA recherchent des anticorps IgM ou IgG et deviennent utiles lorsque la réponse immunitaire s’est développée. [2] [3] L’interprétation dépend du moment du prélèvement, car la fenêtre de détection du virus ne coïncide pas exactement avec celle des anticorps. [2] [3] La sérologie peut en outre réagir avec d’autres flavivirus et doit donc être interprétée avec prudence. [1] [2]

Quels sont les principes des soins et l’évolution possible ?

Aucun traitement antiviral spécifique de la maladie de la forêt de Kyasanur n’est actuellement validé pour la pratique clinique. [2] [3] La prise en charge repose donc sur des soins de soutien destinés à maintenir l’hydratation et la circulation sanguine tout en traitant les symptômes. [2] [3] Les formes hémorragiques ou neurologiques graves peuvent nécessiter des produits sanguins et des soins intensifs. [2] [3] Les médicaments antiviraux évoqués dans certaines publications restent des pistes expérimentales ou précliniques et ne constituent pas des traitements démontrés contre cette maladie. [2] [3] La majorité des patients se rétablissent sans séquelle importante, mais des complications hémorragiques ou neurologiques peuvent survenir. [1] [2] La maladie peut être mortelle, avec des estimations de létalité variables selon les périodes et les séries étudiées. [1] [2] [3] Les éventuelles séquelles neurologiques à long terme restent insuffisamment caractérisées. [2]

Comment réduire le risque d’infection ?

Dans les zones touchées, la prévention individuelle vise avant tout à réduire l’exposition aux tiques dans les forêts et les plantations. [2] [3] Le port de vêtements protecteurs et l’utilisation de répulsifs contre les tiques font partie des mesures décrites pour diminuer le risque de piqûre. [2] [3] La proximité de zones forestières et de sites où des singes morts ont été trouvés est associée à un risque accru d’exposition. [2] La déforestation, l’extension des activités humaines en forêt et les modifications des interactions entre animaux, tiques et humains contribuent à l’apparition de nouvelles zones à risque. [1] [2] [3] Un vaccin inactivé a été utilisé dans certaines zones endémiques indiennes, mais les revues disponibles décrivent une efficacité limitée ou variable ainsi que des difficultés de production. [1] [2] [3] Les nouveaux vaccins étudiés n’ont pour l’essentiel été évalués qu’en laboratoire ou chez l’animal et nécessitent encore une validation clinique. [2] [3]

Sources et références

[3] Kyasanur Forest Disease: A Comprehensive Review

www.ebi.ac.uk · Version : 2024-07-23 · Consulté le 2026-09-16

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