Maladie d’Aujeszky chez l’être humain : risque, signes et diagnostic

La maladie d’Aujeszky, également appelée pseudorage, est une infection provoquée par le virus PRV, ou Suid alphaherpesvirus 1, qui appartient à la famille des herpèsvirus. [1] Il s’agit avant tout d’une maladie animale dont le réservoir naturel comprend les porcs domestiques, les sangliers et les porcs retournés à l’état sauvage. [1] Les données disponibles indiquent qu’une infection humaine est possible dans de très rares cas, mais la plupart des observations restent qualifiées de cas suspectés dans la littérature scientifique. [1] Le risque d’infection humaine est considéré comme très faible et aucune transmission d’une personne à une autre n’a été rapportée. [1]
Une maladie principalement animale
Chez les porcs, les manifestations varient fortement avec l’âge : les porcelets peuvent développer une atteinte neurologique grave, tandis que les animaux plus âgés présentent plus souvent des troubles respiratoires ou de la reproduction. [1] Après l’infection aiguë, le virus peut rester latent toute la vie chez un porc survivant et se réactiver dans certaines circonstances. [1] Un statut indemne de maladie d’Aujeszky dans les élevages porcins ne signifie pas nécessairement que le virus a disparu des populations de sangliers. [1] Chez plusieurs autres mammifères sensibles, notamment les chiens, les chats, les bovins et les ovins, l’infection peut provoquer une atteinte neurologique rapidement grave, souvent accompagnée de démangeaisons intenses. [1]
Dans quelles circonstances des infections humaines ont-elles été suspectées ?
Les cas humains récents rapportés concernaient tous des personnes ayant un contact professionnel ou fréquent avec des matières porcines crues susceptibles d’avoir été contaminées. [1] Dans plusieurs observations, des lésions de la peau des mains ou des doigts étaient présentes au moment de l’exposition supposée. [1] Une observation a également évoqué une exposition directe de l’œil à des eaux susceptibles d’avoir été contaminées dans un élevage porcin. [1] Tous les cas humains graves publiés depuis 2011 provenaient de Chine, dans un contexte marqué par la circulation de variants locaux du virus. [1] Il n’est pas établi que ces observations décrivent le risque associé à toutes les souches du virus ni celui de la population générale en France. [1]
Quels signes ont été rapportés chez l’être humain ?
Avant 2011, les rares infections humaines suspectées étaient surtout associées à des démangeaisons importantes, une faiblesse, des maux de tête ou d’autres manifestations transitoires. [1] Ces anciens épisodes étaient généralement légers à modérés et disparaissaient en quelques jours, même si des symptômes prolongés ont été décrits dans certaines observations. [1] La preuve directe d’une infection par le PRV manquait cependant dans la majorité de ces anciens cas. [1]
Les cas suspectés rapportés en Chine depuis 2011 ont présenté un tableau très différent, commençant généralement par de la fièvre et des maux de tête pendant un ou plusieurs jours. [1] Une baisse de la réactivité et des crises convulsives pouvaient ensuite survenir, avec des mouvements involontaires, une déviation des yeux ou une incontinence. [1] Chez de nombreux patients, l’état s’est rapidement aggravé vers une insuffisance respiratoire nécessitant une ventilation mécanique, parfois accompagnée d’un coma. [1] Une encéphalite, c’est-à-dire une inflammation du cerveau, a été diagnostiquée dans tous ces cas sauf un. [1] Une atteinte oculaire sévère, comprenant notamment une inflammation interne de l’œil ou une nécrose aiguë de la rétine, a aussi été décrite chez la moitié des patients de cette série. [1] Les troubles oculaires sont parfois apparus ou se sont aggravés plusieurs semaines après le début de la maladie. [1]
Comment l’infection humaine est-elle recherchée ?
Dans les cas graves récents, la suspicion reposait principalement sur la détection de séquences génétiques du PRV dans le liquide cérébrospinal, les liquides de l’œil ou le sang par séquençage de nouvelle génération. [1] Certains résultats ont été confirmés par PCR, par un autre séquençage ou par la détection d’anticorps, et une souche virale a été isolée dans le liquide cérébrospinal d’un patient. [1] L’imagerie par résonance magnétique a montré, dans certaines observations, une atteinte simultanée de plusieurs régions cérébrales pouvant contribuer à la distinction avec d’autres encéphalites. [1]
L’interprétation des tests d’anticorps est délicate, car les tests ELISA employés ont été conçus pour le porc et ne sont pas validés pour les prélèvements humains. [1] Des réactions croisées avec des herpèsvirus humains fréquents, comme les virus de l’herpès simplex ou de la varicelle-zona, peuvent produire des résultats difficiles à interpréter. [1] Il n’existe donc pas encore de test sérologique spécifique du PRV dont les performances soient validées pour un usage diagnostique chez l’être humain. [1]
Soins rapportés et évolution
Les patients atteints d’une forme neurologique grave ont reçu des antiviraux ainsi que des soins destinés à contrôler les convulsions, l’inflammation, la pression intracrânienne et les défaillances vitales. [1] L’effet des traitements antiviraux sur l’encéphalite et l’évolution générale a été globalement décevant dans les observations publiées, même si une amélioration a été associée à certaines associations thérapeutiques dans quelques cas. [1] Ces observations ne permettent pas d’établir un traitement antiviral de référence ni de recommander une automédication. [1] Parmi les cas graves récents, les séquelles rapportées comprenaient des handicaps neurologiques et physiques persistants, une perte de vision, un coma prolongé ou un décès. [1] Une récupération complète n’a été décrite que chez un patient de la série récente examinée par la revue. [1]
Prévenir une exposition professionnelle
La prévention proposée dans la revue concerne surtout les personnes manipulant fréquemment de la viande ou des matières porcines crues dans des régions touchées par des foyers dus aux variants de génotype II. [1] Dans ce contexte particulier, le port de gants et d’une protection oculaire est conseillé afin de réduire le contact avec une peau lésée ou avec les yeux. [1] Cette recommandation ciblée ne signifie pas que la manipulation habituelle de porc expose la population générale à un risque élevé de maladie d’Aujeszky. [1]
Sources et références
[1] Human infection with pseudorabies virus: review of evidence, risk assessment, and future directions
www.ebi.ac.uk · Version : 2026-04-29 · Consulté le 2026-09-16
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