Chorioméningite lymphocytaire : transmission, symptômes, diagnostic et prise en charge

La chorioméningite lymphocytaire est une infection provoquée par un arénavirus appelé virus de la chorioméningite lymphocytaire, ou LCMV. [1] [4] Elle passe souvent inaperçue ou reste légère, mais elle peut provoquer une maladie ressemblant à la grippe et, chez une minorité de personnes, une méningite ou une encéphalite. [2] L’infection est principalement liée à l’exposition à des souris ou à des hamsters infectés et à leurs liquides biologiques ou déjections. [2] [3] Une infection survenant pendant la grossesse mérite une attention particulière en raison de la possibilité d’une transmission au fœtus et de complications fœtales. [1] [3]
Comment le virus se transmet-il ?
La souris domestique grise est le principal réservoir du virus, mais des hamsters et d’autres rongeurs peuvent également être infectés. [1] [3] Les rongeurs infectés peuvent excréter le virus dans leur urine, leurs déjections, leur salive, leurs sécrétions nasales et d’autres liquides biologiques. [1] [4] Chez l’être humain, l’infection survient notamment par inhalation de poussières contaminées, ingestion d’aliments contaminés, contact des muqueuses ou de la peau lésée avec ces matières, ou morsure d’un rongeur. [1] [3] [4] Les rongeurs sauvages, les rongeurs de compagnie et ceux manipulés en laboratoire peuvent être porteurs du LCMV. [3]
Quels sont les symptômes possibles ?
La plupart des personnes infectées ne présentent aucun symptôme ou seulement des manifestations légères. [2] Lorsqu’ils apparaissent, les symptômes commencent généralement une à deux semaines après l’infection. [1] [2] La première phase peut ressembler à une grippe, avec de la fièvre, des frissons, une faiblesse, un malaise général, des douleurs musculaires et des maux de tête, notamment derrière les yeux. [2] Une sensibilité à la lumière, une perte d’appétit, des nausées, des vomissements ou des vertiges peuvent accompagner cette phase. [1] [2] Des maux de gorge, une toux, une douleur thoracique, une douleur testiculaire ou une douleur d’une glande salivaire sont parfois observés. [2]
L’évolution peut être biphasique : après une amélioration de courte durée, la fièvre et les céphalées peuvent réapparaître. [1] [2] [4] Cette seconde phase peut s’accompagner d’une éruption cutanée, d’un gonflement des articulations des doigts et des mains, d’une atteinte des glandes salivaires ou d’une orchite, c’est-à-dire une inflammation d’un testicule. [1] [2] Une méningite correspond à une atteinte des enveloppes du cerveau et de la moelle épinière et provoque notamment des céphalées, une sensibilité à la lumière et une raideur de la nuque. [2] [4] Plus rarement, une encéphalite peut entraîner une paralysie, des troubles des mouvements ou d’autres signes de dysfonctionnement cérébral. [2]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Le diagnostic est envisagé devant une maladie aiguë compatible, surtout si elle évoque une méningite ou une encéphalite, associée à une exposition à des rongeurs. [1] [2] Les symptômes pseudo-grippaux étant peu spécifiques, ils ne permettent pas à eux seuls de reconnaître cette infection. [2] [3] En présence de signes de méningite, une ponction lombaire permet de prélever le liquide céphalorachidien qui entoure le cerveau et la moelle épinière. [2] La PCR peut rechercher le matériel génétique du virus dans le sang ou le liquide céphalorachidien pendant la phase aiguë. [1] [2] Des analyses de sang peuvent également rechercher des anticorps dirigés contre le LCMV ou mettre en évidence leur apparition au cours de l’infection. [1] [2] L’isolement du virus par culture constitue une autre méthode diagnostique, mais certains tests spécialisés ne sont disponibles que dans un nombre limité de laboratoires. [1] [4]
En quoi consiste la prise en charge ?
La prise en charge est principalement symptomatique et vise à soulager les manifestations tout en maintenant les fonctions vitales si la maladie est sévère. [1] [2] Les mesures nécessaires dépendent donc de la gravité de l’infection. [2] Lorsqu’une méningite, une encéphalite ou une méningo-encéphalite se développe, une hospitalisation est requise. [1] La ribavirine peut alors être envisagée, mais son efficacité contre la chorioméningite lymphocytaire humaine reste incertaine. [1] [4] Des glucocorticoïdes ont également été envisagés, mais les preuves de leur efficacité font défaut. [1]
Quelle est l’évolution de la maladie ?
Chez les personnes immunocompétentes, l’infection acquise est le plus souvent asymptomatique ou correspond à une maladie fébrile spontanément résolutive. [4] Les séquelles neurologiques sont rares après une méningite, mais elles sont plus fréquentes après une encéphalite. [1] Les personnes immunodéprimées, notamment certains receveurs de greffe, peuvent développer des formes sévères avec atteinte de plusieurs organes. [4]
Quels sont les risques pendant la grossesse ?
Le LCMV peut être transmis par une personne enceinte au fœtus. [3] Une infection pendant la grossesse peut augmenter le risque de fausse couche, bien que l’ampleur exacte de ce risque ne soit pas connue. [3] Une infection au premier trimestre peut entraîner la mort du fœtus. [1] L’infection congénitale peut provoquer des anomalies cérébrales, notamment une hydrocéphalie, ainsi qu’une choriorétinite susceptible d’altérer la vision. [2] [3] Des troubles moteurs, des difficultés d’apprentissage, une déficience intellectuelle, des crises convulsives ou une perte de vision peuvent survenir chez les enfants atteints. [3]
En cas d’exposition rapprochée à des rongeurs ou de suspicion d’infection pendant une grossesse, il est indiqué d’en parler aux professionnels qui suivent la grossesse afin de déterminer les examens adaptés. [3] Une échographie ou une IRM fœtale peut détecter certaines conséquences possibles, telles qu’un excès de liquide dans le cerveau ou autour du corps du fœtus. [3] Si une infection fœtale est suspectée, le liquide amniotique peut être analysé après une amniocentèse. [3]
Comment réduire le risque d’infection ?
La prévention repose principalement sur la réduction des contacts avec les rongeurs et avec leur urine, leurs déjections ou leurs matériaux de nidification. [2] [3] Après un contact avec un rongeur ou avec des matières potentiellement contaminées, il convient de se laver soigneusement les mains à l’eau et au savon. [3] Lors du nettoyage d’un espace clos où des souris ont pu être présentes, l’aération préalable et l’absence de remise en suspension de la poussière réduisent l’exposition. [2] Il est également utile d’obturer les ouvertures permettant l’entrée des rongeurs, de conserver les aliments dans des récipients résistants et d’éliminer les sites de nidification autour du logement. [2] Pendant la grossesse, éviter le contact direct avec les rongeurs sauvages ou domestiques et faire assurer si possible les soins aux rongeurs de compagnie par une autre personne peut diminuer l’exposition. [3]
Sources et références
[1] Chorioméningite lymphocytaire - Maladie infectieuse - Édition professionnelle du Manuel MSD
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-11
[2] Chorioméningite lymphocytaire - Infections - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[3] Lymphocytic Choriomeningitis Virus (LCMV) - MotherToBaby | Fact Sheets - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
[4] Lymphocytic Choriomeningitis—Emerging Trends of a Neglected Virus: A Narrative Review
www.ebi.ac.uk · Version : 2021-05-25 · Consulté le 2026-09-16
La téléconsultation peut être envisagée selon votre situation
- Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée
- Peut être remboursée selon conditions *
* Dans le cadre du parcours de soins coordonné. Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée à votre situation.
Téléconsultation : préparer votre rendez-vous
Une consultation à distance peut être envisagée avec votre médecin. Il détermine si elle convient à votre situation ou si un examen en présence est nécessaire.
Avant le rendez-vous
- Notez le motif de consultation, les symptômes et leur durée.
- Préparez la liste de vos traitements, vos allergies connues et les comptes rendus ou résultats déjà disponibles.
- Installez-vous dans un endroit calme et confidentiel, avec une connexion et un appareil permettant la vidéo.
Organiser la suite
Contactez votre médecin habituel ou le professionnel qui vous suit pour organiser la consultation. Selon votre situation, une consultation en présence pourra être nécessaire.
En cas d’urgence médicale, appelez le 15 ou le 112 ; n’attendez pas une téléconsultation.
Informations pratiques : Assurance Maladie — téléconsultation · Service Public — numéros d’urgence.