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Mal de décompression : signes, urgence, traitement et prévention

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Le mal de décompression, aussi appelé maladie ou accident de décompression, survient lorsque des gaz dissous dans le sang et les tissus, principalement l'azote, forment des bulles à la suite d'une diminution de la pression extérieure. [1] [2] Il apparaît surtout lors de la remontée après une plongée, à la sortie d'un environnement d'air comprimé ou, plus rarement, lors d'une exposition à l'altitude. [2] Une douleur, un trouble neurologique ou une difficulté respiratoire survenant dans ce contexte doit faire suspecter cette maladie et conduire sans délai à une prise en charge avec oxygène et accès rapide à un centre de recompression. [2]

Pourquoi des bulles se forment-elles lors de la décompression ?

Sous une pression élevée, une quantité plus importante de gaz inerte se dissout dans le sang et les tissus. [1] [2] Si la pression diminue, le gaz qui ne peut pas être éliminé assez rapidement par les poumons peut former des bulles dans les tissus ou les vaisseaux sanguins. [1] Ces bulles peuvent obstruer des vaisseaux, comprimer ou endommager les tissus et déclencher des réactions inflammatoires et de coagulation. [1] [2] Le cerveau et la moelle épinière sont particulièrement vulnérables, car l'azote se dissout facilement dans les tissus riches en graisses. [1] [2]

Quels sont les signes du mal de décompression ?

Les symptômes commencent souvent progressivement, parfois par une fatigue, un manque d'appétit, un mal de tête ou une sensation générale de malaise. [1] [2] Environ la moitié des personnes atteintes présentent des symptômes dans l'heure qui suit le retour en surface et 90 % dans les six heures. [1] [2] Une apparition plus tardive reste possible, notamment lorsqu'un voyage en altitude suit la plongée. [2]

La forme dite de type I touche surtout les articulations, les muscles, la peau et les vaisseaux lymphatiques, sans être habituellement mortelle. [1] [2] Elle peut provoquer une douleur profonde près d'une articulation ou dans un muscle, des démangeaisons, des marbrures, une éruption cutanée ou un gonflement. [1] [2] Des manifestations apparemment limitées à la peau ou à la fatigue peuvent néanmoins précéder des problèmes plus graves et nécessitent une surveillance médicale. [1]

La forme dite de type II atteint le système nerveux, la respiration ou la circulation et peut engager le pronostic vital. [1] [2] Les signes neurologiques comprennent notamment un engourdissement, des fourmillements, une faiblesse d'un ou plusieurs membres, des difficultés à marcher ou des troubles urinaires et intestinaux. [1] [2] Une confusion, des difficultés à parler, une vision double, des convulsions ou une perte de connaissance peuvent traduire une atteinte cérébrale sévère. [1] [2] Un vertige intense, des acouphènes ou une baisse de l'audition peuvent signaler une atteinte de l'oreille interne. [1] [2] Une toux, une douleur thoracique et une difficulté respiratoire qui s'aggrave constituent une manifestation rare mais grave pouvant évoluer vers un collapsus circulatoire. [1] [2]

Quand faut-il agir en urgence ?

Une suspicion de mal de décompression impose de commencer rapidement l'administration d'oxygène à 100 % et d'organiser le transport le plus rapide possible vers une installation adaptée à la recompression. [2] La réalisation d'examens non indispensables ne doit pas retarder ce transport ni le traitement par recompression. [2] L'exposition à l'altitude, notamment en avion, peut provoquer ou aggraver les symptômes, de sorte que le choix du moyen de transport doit mettre en balance ce risque et la rapidité d'accès au traitement. [1] [2]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic est principalement clinique : le médecin analyse les symptômes, leur évolution et leur relation temporelle avec une plongée ou une autre variation de pression. [1] [2] Un scanner ou une IRM peut aider à rechercher une autre cause, mais un résultat normal n'exclut pas le mal de décompression. [1] [2] Lorsque la suspicion est forte, le traitement ne doit habituellement pas attendre les résultats de ces examens. [1] [2]

Le mal de décompression ne doit pas être confondu avec l'embolie gazeuse artérielle, souvent liée à l'expansion d'air emprisonné dans les poumons pendant la remontée. [2] Ces deux accidents peuvent produire des signes proches, et leur prise en charge immédiate est similaire. [2] Le terme plus large de maladie de décompression peut désigner soit le mal de décompression par formation de bulles à partir des gaz dissous, soit l'embolie gazeuse artérielle. [2]

Quels sont les traitements et leurs objectifs ?

Le traitement repose sur l'oxygène, la recompression en caisson hyperbare et, selon l'état de la personne, une correction médicale des pertes de liquide. [1] [2] L'oxygène favorise l'élimination de l'azote et la résorption des bulles qui en contiennent. [2] La recompression augmente de nouveau la pression autour du patient, puis la réduit progressivement afin de restaurer l'oxygénation des tissus et de permettre l'élimination des gaz. [1] Elle est indiquée pour la plupart des symptômes, y compris lorsqu'une douleur ou un signe neurologique a été léger ou transitoire. [1] [2] Une exception peut être envisagée médicalement lorsque les manifestations se limitent à des démangeaisons, des marbrures cutanées et de la fatigue, mais une observation reste nécessaire en raison du risque d'aggravation. [1] [2] La majorité des patients récupèrent complètement, mais un retard ou un traitement insuffisant augmente le risque de séquelles neurologiques permanentes. [1] [2]

Quelles séquelles peuvent survenir ?

Une atteinte sévère de la moelle épinière peut laisser une faiblesse ou une paralysie partielle malgré un traitement approprié. [1] L'ostéonécrose dysbarique est une complication tardive correspondant à une destruction du tissu osseux, surtout près de l'épaule ou de la hanche. [1] [2] Elle concerne davantage les personnes exposées longtemps ou de façon répétée à une forte pression, notamment certains travailleurs en air comprimé et plongeurs professionnels profonds. [1] [2] Elle peut rester silencieuse au début puis évoluer sur plusieurs mois ou années vers une douleur chronique, une arthrose et un handicap. [1]

Comment réduire le risque lors des plongées ?

La prévention repose notamment sur la limitation de la profondeur et de la durée des plongées, une vitesse de remontée appropriée et le respect des paliers indiqués par des recommandations reconnues ou un ordinateur de plongée. [1] [2] Ces procédures diminuent le risque sans le supprimer, car des accidents peuvent aussi survenir après une plongée correctement classée sans palier obligatoire. [1] [2] Les plongées profondes ou longues, une remontée rapide, le froid, la déshydratation, l'effort, la fatigue, l'âge avancé, l'obésité et certains passages anormaux entre les cavités du cœur sont associés à un risque accru. [1] [2] Les plongées répétées dans la même journée augmentent également le risque, car une partie de l'azote reste dissoute dans les tissus pendant au moins douze heures. [1] [2]

Après plusieurs jours de plongée, une période de douze à vingt-quatre heures à la surface est couramment recommandée avant de prendre l'avion ou de monter en altitude. [1] Une personne ayant complètement récupéré d'un mal de décompression doit éviter de replonger avant d'avoir été évaluée par un médecin. [1] Lorsqu'un accident est survenu malgré le respect des tables ou de l'ordinateur de plongée, une évaluation approfondie doit rechercher des facteurs de risque sous-jacents avant toute reprise. [1]

Sources et références

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