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Lésion par inhalation de fumée : symptômes, diagnostic et prise en charge

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Une lésion par inhalation de fumée peut associer une atteinte thermique des voies respiratoires supérieures, une irritation chimique des voies respiratoires inférieures et une intoxication générale par des gaz tels que le monoxyde de carbone ou le cyanure. [3] Elle peut accompagner des brûlures cutanées lors d’un incendie, mais elle peut aussi survenir sans brûlure visible. [1] [2] Sa gravité dépend notamment de la durée et de l’importance de l’exposition, de la concentration de fumée, de sa température et de la nature des substances qui ont brûlé. [1] [3]

Comment la fumée endommage-t-elle l’organisme ?

La fumée peut provoquer une suffocation, transporter des produits chimiques irritants et contenir des substances qui empêchent l’organisme d’utiliser correctement l’oxygène. [1] [2] La chaleur de la fumée atteint surtout la bouche, la gorge et les voies respiratoires supérieures, car les gaz se refroidissent rapidement avant de parvenir aux poumons. [1] [2] La vapeur constitue une exception, car elle transporte davantage d’énergie thermique et peut brûler les voies respiratoires plus profondes. [1] [2]

Dans les bronches et les poumons, les produits toxiques de combustion peuvent entraîner une inflammation, un gonflement des tissus et un rétrécissement des petites voies respiratoires. [1] [3] Ces lésions perturbent également l’élimination des sécrétions et peuvent favoriser l’obstruction des voies respiratoires ou l’affaissement de certaines zones pulmonaires. [3] Le monoxyde de carbone réduit le transport et la disponibilité de l’oxygène pour les tissus, tandis que le cyanure bloque son utilisation à l’intérieur des cellules. [1] [3]

Quels symptômes peuvent apparaître ?

Une atteinte des voies respiratoires peut provoquer une toux, une respiration sifflante, une gêne respiratoire ou un bruit aigu à l’inspiration appelé stridor. [1] [2] Une voix qui devient rauque, des expectorations noires, de la suie dans la bouche ou le nez, des poils du nez brûlés et des brûlures autour de la bouche sont des indices possibles d’exposition et d’atteinte respiratoire. [1] [2] [3] Le gonflement de la bouche, de la gorge ou des voies respiratoires supérieures peut progressivement rendre l’inspiration difficile. [1] [2]

Une intoxication par le monoxyde de carbone peut se manifester par des maux de tête, des nausées, une faiblesse, une somnolence ou une confusion. [1] [2] Dans les formes graves, une atteinte toxique ou un manque d’oxygène peuvent entraîner une altération importante de la conscience ou un coma. [1] [2] Les symptômes respiratoires peuvent être immédiats, mais certaines lésions des voies respiratoires inférieures ne deviennent apparentes qu’après plusieurs heures. [1] [2] L’absence de gêne importante juste après l’exposition ne suffit donc pas à exclure une aggravation retardée. [1] [3]

Pourquoi les signes visibles ne suffisent-ils pas au diagnostic ?

La présence de suie dans les sécrétions confirme une exposition à la fumée, mais elle ne détermine pas à elle seule l’existence ni la gravité d’une lésion respiratoire. [3] Inversement, les lésions internes peuvent évoluer alors que les premiers signes sont discrets et que la radiographie thoracique initiale ne montre pas encore d’anomalie. [2] [3] Aucune combinaison particulière de symptômes ne permet à elle seule de confirmer ou d’exclure une intoxication par le monoxyde de carbone. [3]

Comment les médecins évaluent-ils une inhalation de fumée ?

L’évaluation tient compte de la substance qui a brûlé, de la durée d’exposition, du caractère ouvert ou fermé du lieu et de l’état neurologique initial de la personne. [3] L’examen recherche notamment une gêne respiratoire, un gonflement de la gorge, des brûlures du visage ou de la bouche, de la suie et une modification de la conscience. [1] [2]

Selon les symptômes et l’importance de l’exposition, les examens peuvent comprendre des analyses de sang mesurant notamment la carboxyhémoglobine, une évaluation de l’oxygénation et une radiographie du thorax. [1] [2] Une laryngoscopie ou une bronchoscopie utilise une sonde souple pour visualiser les voies respiratoires et rechercher un œdème, des lésions des tissus ou des dépôts de suie. [1] [2] Des examens initialement normaux ne mettent pas toujours fin à la surveillance, car certaines anomalies respiratoires apparaissent secondairement. [2] [3]

Quels sont les principes de la prise en charge ?

La prise en charge commence par soustraire la victime à l’exposition à la fumée dès que possible. [3] À l’hôpital, le traitement repose principalement sur l’oxygène et sur des mesures destinées à maintenir les voies respiratoires ouvertes et une oxygénation suffisante. [1] [2] Lorsqu’un gonflement menace d’obstruer les voies respiratoires, une intubation peut être nécessaire avant que l’œdème ne rende le geste plus difficile. [2] [3]

Des médicaments bronchodilatateurs peuvent être utilisés lorsqu’un bronchospasme provoque une respiration sifflante ou un rétrécissement des bronches. [1] [3] Une ventilation mécanique peut devenir nécessaire en cas de détresse respiratoire, de troubles de la conscience ou d’altération persistante des échanges gazeux. [1] [2] [3] Une intoxication suspectée au cyanure peut justifier l’administration hospitalière d’un antidote tel que l’hydroxocobalamine. [2] L’oxygène hyperbare est une option discutée dans certaines intoxications graves au monoxyde de carbone, mais son utilité reste controversée. [2]

Quelle peut être l’évolution ?

L’inhalation d’une petite quantité de fumée ne provoque généralement pas de conséquence grave ou durable. [1] Une fumée dense, une exposition prolongée ou la combustion de substances toxiques peuvent cependant entraîner des lésions graves. [1] Les complications pulmonaires les plus sérieuses comprennent l’obstruction des voies respiratoires, les infections pulmonaires et une altération sévère de l’oxygénation. [3] Certaines complications se développent dans les jours suivant l’exposition, ce qui explique que l’évolution clinique compte autant que les constatations du premier examen. [3]

Quels signes témoignent d’une atteinte potentiellement grave ?

Une difficulté respiratoire croissante, un stridor, une confusion marquée, une somnolence inhabituelle ou une perte de connaissance peuvent traduire une obstruction des voies respiratoires, un manque d’oxygène ou une intoxication systémique grave. [1] [2] [3] Un gonflement important ou des dépôts abondants de suie dans les voies respiratoires supérieures peuvent nécessiter une intubation aussi rapidement que possible. [2] Les symptômes pouvant être retardés, leur absence immédiate ne permet pas à elle seule de conclure que l’exposition était sans conséquence. [1] [2]

Sources et références

[3] Smoke inhalation injury: a narrative review

www.ebi.ac.uk · Version : 2021-06-25 · Consulté le 2026-09-16

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Spécialités médicales concernées

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