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Leishmaniose : formes, symptômes, diagnostic, traitement et prévention

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Médecine tropicale par ville

La leishmaniose est une maladie parasitaire due à différentes espèces du genre Leishmania, principalement transmises à l’être humain par la piqûre d’un phlébotome femelle infecté. [1] [2] On parle aussi des leishmanioses au pluriel, car ces infections peuvent rester localisées à la peau, atteindre certaines muqueuses ou toucher des organes internes. [1] [2] La gravité varie fortement selon la forme : certaines lésions cutanées guérissent spontanément en laissant une cicatrice, tandis que la forme viscérale est mortelle en l’absence de traitement. [1] [2]

Comment la leishmaniose se transmet-elle ?

Le phlébotome est un petit insecte vecteur qui transporte le parasite et le transmet au cours d’un repas de sang. [1] [2] Après la piqûre, les parasites pénètrent dans des cellules immunitaires appelées macrophages, où ils se transforment et se multiplient. [1] [2] Selon l’espèce de Leishmania et des facteurs propres à la personne infectée, les cellules porteuses du parasite peuvent rester dans la peau ou gagner les muqueuses et différents organes. [1] [2] Plus rarement, une transmission a été décrite par transfusion sanguine, partage d’aiguilles, accident d’exposition en laboratoire, contact sexuel ou de la mère à l’enfant avant ou pendant la naissance. [2]

Les mauvaises conditions de logement et d’assainissement, la dénutrition ainsi que les déplacements de populations vers des zones où la maladie est fréquente font partie des facteurs de risque décrits. [1] [2] En France métropolitaine, les leishmanioses sont notamment présentes dans les Cévennes, sur la Côte d’Azur, en Corse, en Provence et dans les Pyrénées-Orientales. [1] Des voyageurs peuvent également contracter d’autres espèces de Leishmania pendant un séjour dans un pays où elles circulent. [1]

Quelles sont les principales formes et leurs symptômes ?

Une infection par Leishmania peut rester sans symptôme, provoquer des manifestations légères ou évoluer vers l’une des trois grandes formes cutanée, muqueuse et viscérale. [2] Ces formes correspondent aux principales parties de l’organisme atteintes et ne présentent ni les mêmes signes ni le même degré de gravité. [1] [2]

La leishmaniose cutanée, la forme la plus fréquemment diagnostiquée, commence souvent par un nodule bien délimité au niveau de la piqûre, plusieurs semaines ou plusieurs mois après celle-ci. [2] Le nodule peut grossir lentement puis devenir un ulcère, c’est-à-dire une plaie ouverte, avec un bord rougeâtre surélevé qui peut suinter ou former une croûte. [2] Les lésions sont généralement indolores et siègent souvent sur les parties découvertes du corps, mais elles peuvent être multiples. [1] [2] Elles peuvent cicatriser spontanément après plusieurs mois, parfois persister pendant des années, et laissent habituellement des cicatrices permanentes. [1] [2] Une douleur, une rougeur autour de la lésion et parfois une fièvre peuvent apparaître lorsqu’une infection bactérienne secondaire se développe. [2]

La leishmaniose muqueuse atteint principalement les tissus du nez, de la bouche et de la gorge. [1] [2] Elle peut débuter par une lésion cutanée, puis se manifester au niveau des muqueuses alors que cette lésion est encore présente ou plusieurs mois à plusieurs années après sa cicatrisation. [2] Les manifestations comprennent notamment une congestion ou un écoulement nasal, des douleurs et des saignements de nez. [2] L’évolution peut détruire les tissus du nez, du palais ou du visage et entraîner une défiguration sévère. [1] [2]

La leishmaniose viscérale touche notamment la moelle osseuse, les ganglions lymphatiques, le foie et la rate. [2] Elle évolue le plus souvent progressivement sur plusieurs semaines ou plusieurs mois, même si un début brutal est possible. [2] Elle peut provoquer des accès de fièvre, une perte de poids, une grande fatigue, une diarrhée et une augmentation du volume du foie, de la rate ou des ganglions. [1] [2] La diminution du nombre de cellules sanguines peut entraîner une anémie et rendre la personne plus sensible à d’autres infections. [2]

Comment le diagnostic est-il établi ?

L’aspect d’une lésion ou la présence de fièvre ne suffisent pas à confirmer une leishmaniose, car le diagnostic associe l’examen clinique à des tests recherchant le parasite. [1] [2] L’évaluation tient notamment compte des manifestations observées et d’une éventuelle exposition dans une région où la maladie est présente. [3] Pour une forme cutanée, des prélèvements de la lésion peuvent être analysés afin d’identifier le parasite ou son matériel génétique par PCR. [2] Pour une forme viscérale, les analyses peuvent porter sur des prélèvements de moelle osseuse, de ganglion ou de rate. [2] Une sérologie recherchant des anticorps peut contribuer au diagnostic de la forme viscérale, mais elle n’est pas utile pour diagnostiquer la forme cutanée. [1] [3] [2] Dans la forme viscérale, une sérologie peut aussi être négative chez une personne dont le système immunitaire est affaibli. [3] [2]

Quels sont les principes du traitement ?

Le choix du traitement dépend de la forme clinique, de l’espèce de Leishmania, du lieu où l’infection a été contractée, de l’âge et de l’état du système immunitaire. [2] Cette individualisation est nécessaire parce que la sensibilité aux médicaments varie selon l’espèce du parasite et la région d’acquisition. [2] [3] Pour certaines petites lésions cutanées déjà en cours de cicatrisation, une surveillance médicale peut être choisie si l’espèce responsable n’est pas associée à une atteinte muqueuse. [2] [3] Les lésions qui nécessitent un traitement peuvent relever de techniques locales, comme le froid ou la chaleur, de médicaments appliqués ou injectés dans la lésion, ou d’un traitement général. [2] Des lésions grandes, multiples, étendues ou défigurantes, une espèce associée à la forme muqueuse ou une immunodépression peuvent conduire à utiliser un traitement général. [2] La prise en charge de la forme muqueuse peut associer un traitement antiparasitaire et, en cas de défiguration, une chirurgie reconstructrice après réussite du traitement de l’infection. [2] La forme viscérale nécessite un traitement antiparasitaire et peut également imposer des soins de soutien, notamment pour la dénutrition, l’anémie ou une infection bactérienne associée. [2] Une approche thérapeutique adaptée aux caractéristiques cliniques et parasitologiques permet une guérison dans l’immense majorité des cas. [1]

Quels sont les risques d’évolution et de rechute ?

La forme cutanée est souvent bénigne, mais ses lésions peuvent persister longtemps, se surinfecter et laisser des cicatrices définitives. [1] [2] La forme muqueuse expose à une destruction progressive des tissus du nez, de la bouche ou de la gorge. [1] [2] La maladie viscérale progresse plus volontiers chez les personnes immunodéprimées, notamment en cas d’infection par le VIH à un stade avancé. [2] Chez ces personnes, les rechutes de leishmaniose viscérale sont également plus fréquentes après le traitement. [2]

Comment réduire le risque de leishmaniose ?

Il n’existe actuellement ni vaccin disponible ni médicament préventif contre la leishmaniose. [1] La prévention individuelle repose donc principalement sur la protection contre les piqûres de phlébotomes dans les régions où l’infection est présente. [2] [3] Les mesures décrites comprennent l’application d’un répulsif contenant du DEET sur la peau exposée, le port de vêtements longs et l’utilisation de moustiquaires. [2] [3] Les vêtements, moustiquaires et écrans protecteurs sont plus efficaces lorsqu’ils sont traités par un insecticide tel que la perméthrine. [2] [3] Éviter les activités extérieures du crépuscule à l’aube peut aussi réduire l’exposition, car les phlébotomes sont alors les plus actifs. [2] L’absence de partage d’aiguilles et les rapports sexuels protégés contribuent à prévenir les modes de transmission plus rares. [2]

Sources et références

[1] Leishmaniose : symptômes, traitement, prévention - Institut Pasteur

Institut Pasteur · Consulté le 2026-09-11

[2] Leishmaniose - Infections - Manuels MSD pour le grand public

Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13

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