Kératoconjonctivite sèche : symptômes, causes, diagnostic et traitements

La kératoconjonctivite sèche, aussi appelée maladie de l’œil sec ou kératite sèche, correspond à un dessèchement chronique de la conjonctive et de la cornée lié à un film lacrymal inadéquat. [2] La conjonctive est la membrane qui tapisse les paupières et recouvre le blanc de l’œil, tandis que la cornée est la couche transparente située devant l’iris et la pupille. [1] La sécheresse peut venir d’une production insuffisante de larmes, d’une évaporation trop rapide ou d’une association de ces deux mécanismes. [1] [2] Elle provoque notamment des brûlures, une irritation, une sensation de sable ou de corps étranger, une sensibilité à la lumière et parfois une vision floue fluctuante. [2]
Pourquoi l’œil devient-il sec ?
Dans la forme par déficit lacrymal, les glandes lacrymales ne produisent pas assez de larmes pour recouvrir correctement la surface de la conjonctive et de la cornée. [1] [2] Cette forme est notamment observée chez les femmes ménopausées et peut être associée à la maladie de Sjögren, à la polyarthrite rhumatoïde ou au lupus érythémateux systémique. [1] [2] Dans la forme évaporative, la quantité de larmes peut être suffisante, mais leur composition ne protège pas assez longtemps la surface oculaire contre l’évaporation. [1] [2] Un dysfonctionnement des glandes de Meibomius, qui participent à la couche lipidique des larmes, ainsi qu’une blépharite ou une acné rosacée peuvent contribuer à cette forme. [2] Une fermeture incomplète des paupières pendant la nuit ou des clignements trop peu fréquents peuvent également laisser la cornée insuffisamment protégée. [1] [2]
Plusieurs médicaments peuvent provoquer ou aggraver une sécheresse oculaire, mais les classes concernées diffèrent selon le mécanisme. [2] Les exemples cités comprennent notamment certains diurétiques, antihistaminiques, antidépresseurs, bêtabloquants, anticholinergiques, décongestionnants, contraceptifs oraux, antipsychotiques et traitements à base d’isotrétinoïne. [1] [2]
Quels symptômes peuvent se manifester ?
Les sensations décrites comprennent des brûlures, des démangeaisons, une irritation, un tiraillement, une pression oculaire ou l’impression d’avoir du sable ou un corps étranger dans l’œil. [1] [2] Une sensibilité à la lumière, une fatigue oculaire, une douleur brève en coup de poignard, un larmoiement après une forte irritation ou une vision floue intermittente peuvent aussi survenir. [2] Les symptômes fluctuent souvent et peuvent devenir plus marqués pendant la lecture, le travail sur écran, la conduite ou la télévision, car ces activités diminuent la fréquence des clignements. [1] [2] Le vent, la poussière, la fumée, les courants d’air, la climatisation, le chauffage et une faible humidité ambiante peuvent également aggraver la gêne. [1] [2] Cligner des yeux étale les larmes sur la surface oculaire et peut réduire temporairement la sécheresse et ses symptômes. [1] [2]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Le diagnostic repose sur la description des symptômes, l’aspect des yeux et, selon la situation, des tests évaluant la quantité, la stabilité ou les effets du film lacrymal. [1] [2] L’examen à la lampe à fente permet d’observer la surface de l’œil avec un fort grossissement et de rechercher des lésions. [1] La fluorescéine est un colorant qui rend temporairement visibles certaines zones endommagées de la cornée ou de la conjonctive. [1] [2] Le test de Schirmer mesure la quantité de larmes produite grâce à une bandelette de papier placée au bord de la paupière. [1] [2] Le temps de rupture du film lacrymal évalue le délai nécessaire avant que la couche de larmes ne se rompe lorsque la personne regarde fixement sans cligner. [1] [2] Ces examens peuvent aider à distinguer une production lacrymale insuffisante d’une évaporation accélérée, mais certains résultats varient d’un jour à l’autre et ne correspondent pas toujours à l’intensité des signes cliniques. [2]
Lorsqu’un déficit quantitatif en larmes est identifié, une maladie de Sjögren peut être recherchée, en particulier si une sécheresse de la bouche est également présente. [2]
Quels sont les principes de la prise en charge ?
Les larmes artificielles constituent le traitement de base et servent à lubrifier la surface oculaire. [1] [2] Les formulations peu visqueuses remplacent surtout le volume lacrymal, tandis que les produits plus visqueux recouvrent la surface plus longtemps mais peuvent brouiller la vision. [2] Les pommades lubrifiantes utilisées au coucher durent plus longtemps et peuvent notamment aider en cas d’irritation au réveil ou de fermeture incomplète des paupières pendant la nuit. [1] [2] Éviter les environnements secs, venteux ou enfumés, rester suffisamment hydraté et utiliser un humidificateur peuvent contribuer à réduire le dessèchement. [2] La plupart des données disponibles n’indiquent pas d’amélioration de la sécheresse oculaire avec les compléments alimentaires à base d’acides gras oméga 3. [1] [2]
Lorsque les mesures lubrifiantes ne suffisent pas, des collyres anti-inflammatoires tels que la ciclosporine peuvent être envisagés dans le cadre d’une prise en charge médicale. [1] [2] Ces collyres ne sont efficaces que chez une partie des patients, peuvent provoquer des picotements et peuvent nécessiter plusieurs mois avant qu’un effet soit constaté. [1] [2] L’occlusion des points lacrymaux par des bouchons vise à ralentir l’évacuation des larmes afin qu’elles restent plus longtemps sur l’œil. [1] [2] Dans les formes sévères ou résistantes, d’autres options spécialisées comprennent notamment les collyres préparés à partir du sérum du patient, les lentilles sclérales ou une fermeture partielle des paupières destinée à réduire l’évaporation. [2] Lorsqu’une blépharite ou un dysfonctionnement des glandes de Meibomius accompagne la sécheresse évaporative, leur traitement peut améliorer la qualité de la couche lipidique des larmes et réduire l’évaporation. [2]
Évolution et risques pour la vision
Une irritation intense ou une vision floue fréquente et prolongée peut perturber la lecture, la conduite, le travail sur écran et les autres activités quotidiennes. [1] [2] Une altération permanente importante de la vision reste rare, y compris dans les formes sévères. [1] [2] Une sécheresse chronique très sévère peut néanmoins entraîner des lésions de la cornée, des ulcérations, une infection, des cicatrices ou le développement de nouveaux vaisseaux sanguins. [1] [2] Ces complications cornéennes peuvent altérer la vision et, dans les formes les plus avancées, aller jusqu’à une perforation. [1] [2]
Sources et références
[1] Kératoconjonctivite sèche - Troubles oculaires - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-11
[2] Kératoconjonctivite sèche - Ophtalmologie - Édition professionnelle du Manuel MSD
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
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