Infections sur cathéters : comprendre l’infection urinaire sur sonde

Une infection sur cathéter peut concerner différents dispositifs, notamment une sonde urinaire ou un cathéter placé dans un vaisseau sanguin. [1] [2] Ces situations ne doivent pas être confondues : la sonde vésicale expose principalement à une infection urinaire, tandis qu’un cathéter intravasculaire peut être associé à une infection de la circulation sanguine. [1] [2] Les informations disponibles ici permettent surtout d’expliquer les signes, le diagnostic, le traitement et la prévention des infections urinaires associées à une sonde à demeure. [1]
Qu’est-ce qu’une infection urinaire sur sonde ?
Une infection urinaire sur sonde est une infection urinaire diagnostiquée alors qu’une sonde à demeure est en place depuis plus de deux jours consécutifs, ou dans la journée suivant son retrait. [1] La présence de bactéries dans les urines, appelée bactériurie, est fréquente avec une sonde prolongée mais reste souvent sans symptôme. [1] Une bactériurie asymptomatique n’est donc pas équivalente à une infection urinaire symptomatique. [1]
Comment l’infection se développe-t-elle ?
Les bactéries peuvent atteindre la vessie lors de la pose de la sonde, par l’intérieur du dispositif ou en progressant le long de sa surface extérieure. [1] Elles peuvent former un biofilm sur le cathéter et la paroi urinaire, ce qui les protège en partie de l’écoulement de l’urine, des défenses de l’organisme et des antibiotiques. [1] Le risque augmente notamment avec la durée du sondage, le diabète, le sexe féminin, les ouvertures du système de drainage fermé et les défauts d’asepsie. [1] Une infection urinaire peut aussi apparaître chez une femme dans les jours suivant le retrait de la sonde. [1]
Quels signes peuvent évoquer une infection ?
Les signes urinaires habituels, comme les brûlures en urinant ou les envies fréquentes, peuvent être absents chez une personne porteuse d’une sonde. [1] Une envie d’uriner ou une gêne au-dessus du pubis peut survenir, mais ces manifestations peuvent aussi être provoquées par une obstruction de la sonde ou par des calculs de la vessie. [1] L’infection peut se manifester par une fièvre, un malaise, une douleur du flanc, une perte d’appétit ou une altération de l’état mental. [1] Elle peut parfois s’accompagner de signes de sepsis, notamment d’une diminution de la pression artérielle, alors que les symptômes urinaires typiques sont peu marqués ou absents. [1]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Le diagnostic ne repose pas sur la seule présence de bactéries dans les urines : il tient compte des symptômes et du contexte clinique. [1] Les examens comprennent une analyse d’urine et un ECBU, qui permet de cultiver les micro-organismes présents dans l’urine. [1] Lorsque cela est possible, l’ECBU est réalisé après le remplacement de la sonde afin de limiter la mise en culture de bactéries qui colonisent seulement l’ancien dispositif. [1] Des hémocultures, c’est-à-dire des cultures de sang, sont effectuées lorsqu’une présence de bactéries dans le sang est suspectée. [1] Les examens sont également indiqués chez certaines personnes à haut risque, notamment en cas de granulocytopénie, de transplantation avec traitement immunosuppresseur, de grossesse ou avant une chirurgie urologique. [1]
Quels sont les principes du traitement ?
Une personne asymptomatique et à faible risque n’est généralement pas traitée par antibiotiques pour une simple bactériurie sur sonde. [1] Les patients symptomatiques et ceux considérés à haut risque reçoivent une antibiothérapie ainsi que les mesures de soutien nécessaires. [1] Lorsqu’un traitement est commencé, la prise en charge décrite comprend le remplacement de la sonde. [1] Le choix initial de l’antibiotique est ensuite réévalué selon le résultat de la culture et de l’antibiogramme, afin d’utiliser un antibiotique au spectre d’activité aussi étroit que possible. [1]
Comment réduire le risque d’infection urinaire sur sonde ?
Les mesures les plus efficaces consistent à éviter les sondages inutiles et à retirer la sonde dès qu’elle n’est plus nécessaire. [1] Une technique aseptique lors des soins et le maintien d’un système de drainage fermé contribuent également à réduire le risque. [1] Lorsqu’il est possible, le sondage intermittent comporte moins de risque infectieux qu’une sonde laissée à demeure. [1] La fréquence optimale de remplacement des sondes à demeure n’est pas établie, et leur changement régulier systématique n’est pas documenté comme une mesure optimale. [1] Pour les personnes nécessitant une sonde à demeure au long cours, les antibiotiques préventifs et les sondes enduites d’antibiotiques ne sont pas recommandés dans la source disponible. [1]
Sources et références
[1] Infections urinaires sur cathéter (sonde) - Maladie infectieuse - Édition professionnelle du Manuel MSD
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[2] Prevention of intravascular catheter-related infections - Database of Abstracts of Reviews of Effects (DARE): Quality-assessed Reviews - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
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