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Infections cardiovasculaires : repères et focus sur l’endocardite infectieuse

L’expression « infections cardiovasculaires » ne correspond pas ici à une maladie unique : les documents disponibles abordent séparément l’endocardite infectieuse, les infections liées aux cathéters vasculaires et la médiastinite survenant après une chirurgie cardiaque. [2] [4] [5] Ces affections concernent des structures et des circonstances différentes, et elles ne peuvent donc pas être reconnues, diagnostiquées ou traitées de la même façon. [2] [4] [5] La partie clinique détaillée ci-dessous porte sur l’endocardite infectieuse, qui est l’infection cardiovasculaire la mieux documentée dans les sources fournies. [2] L’endocardite infectieuse est une infection de la paroi interne du cœur, appelée endocarde, qui atteint généralement aussi une ou plusieurs valvules cardiaques. [2]

Quelles formes d’endocardite faut-il distinguer ?

La forme aiguë apparaît soudainement, peut endommager rapidement les valvules et peut devenir mortelle en quelques jours. [2] La forme subaiguë évolue plus discrètement pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois, mais elle peut également être mortelle. [2] Une endocardite touchant une valvule cardiaque artificielle constitue une situation particulière, car l’infection peut se propager rapidement aux tissus situés à la base de la prothèse. [2] Toutes les endocardites ne sont pas infectieuses : dans une endocardite non infectieuse, des caillots dépourvus de micro-organismes se forment sur l’endocarde ou les valvules. [2]

Comment l’endocardite infectieuse se développe-t-elle ?

L’endocardite peut se développer lorsque des bactéries, ou plus rarement des champignons, passent dans le sang puis se fixent sur l’endocarde ou sur une valvule. [2] Les valvules anormales, déjà endommagées ou artificielles sont plus vulnérables que les valvules normales, même si certaines bactéries agressives ou une quantité importante de bactéries dans le sang peuvent aussi infecter une valvule saine. [2] Une lésion de la peau, de la bouche ou des gencives, une infection cutanée ou une infection située ailleurs dans l’organisme peut favoriser le passage de bactéries dans la circulation sanguine. [2] Certaines interventions dentaires, médicales ou chirurgicales peuvent également introduire des bactéries dans le sang. [2]

Qui présente un risque accru d’endocardite infectieuse ?

Le risque est particulièrement élevé chez les personnes qui s’injectent des drogues, dont le système immunitaire est affaibli ou qui portent une valvule cardiaque artificielle, un stimulateur cardiaque ou un défibrillateur. [2] Les malformations cardiaques congénitales, certaines lésions valvulaires dues au rhumatisme articulaire et la dégénérescence des valvules liée à l’âge font également partie des facteurs de risque décrits. [2] Chez les personnes porteuses d’une valvule prothétique, le risque est le plus élevé pendant l’année qui suit l’intervention, puis il diminue tout en restant supérieur à la normale. [2]

Quels symptômes peuvent faire évoquer une endocardite ?

Une endocardite aiguë se manifeste généralement par une forte fièvre d’apparition soudaine, une accélération du rythme cardiaque et une fatigue. [2] Les lésions valvulaires rapides peuvent aussi provoquer des manifestations d’insuffisance cardiaque. [2] La forme subaiguë peut entraîner une fièvre légère, une fatigue, des sueurs, une perte de poids, une accélération modérée du rythme cardiaque et une anémie. [2] Ces signes peuvent rester discrets pendant plusieurs mois et ne suffisent pas, à eux seuls, à établir le diagnostic. [2] Des frissons, des douleurs articulaires, une pâleur, une confusion ou de petites taches rouges sur la peau, dans le blanc des yeux ou sous les ongles peuvent aussi être observés. [2]

Pourquoi cette infection peut-elle être grave ?

Des amas de bactéries et de caillots, appelés végétations, peuvent se détacher des valvules, circuler dans le sang et obstruer une artère. [2] Ces emboles peuvent provoquer un accident vasculaire cérébral, un infarctus du myocarde ou des lésions des poumons, des reins, de la rate, du cerveau, de la peau ou de la rétine. [2] L’infection peut également perforer une valvule, provoquer une fuite valvulaire importante, former des abcès ou entraîner un choc septique avec défaillance de plusieurs organes. [2] Sans traitement, l’endocardite infectieuse est mortelle, tandis que le pronostic sous traitement dépend notamment de l’âge, du micro-organisme responsable, de la présence d’une prothèse valvulaire et de l’étendue des lésions. [2]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic peut être difficile, car de nombreux symptômes sont généraux et peuvent avoir d’autres causes. [2] Les médecins recherchent notamment une fièvre sans origine évidente, des signes cutanés caractéristiques, une maladie valvulaire, une valvule prothétique, une intervention récente ou l’injection de drogues. [2] Des hémocultures, c’est-à-dire des cultures réalisées à partir de prélèvements sanguins, servent à rechercher et à identifier le micro-organisme responsable. [2] L’échocardiographie recherche les végétations et les lésions cardiaques ; une échographie par la poitrine est habituellement réalisée en premier, puis une échographie transœsophagienne plus précise peut être proposée si les informations sont insuffisantes. [2] Des hémocultures négatives n’excluent pas automatiquement l’endocardite, notamment si des antibiotiques ont déjà réduit la quantité de bactéries ou si le micro-organisme nécessite une technique de culture particulière. [2]

Quels sont les principes du traitement et du suivi ?

Lorsqu’une endocardite infectieuse aiguë ou subaiguë est suspectée, la source clinique décrit une hospitalisation rapide afin de réaliser le diagnostic et de commencer le traitement. [2] Le traitement repose généralement sur des antibiotiques administrés à fortes doses par voie intraveineuse pendant plusieurs semaines. [2] Une chirurgie cardiaque peut être nécessaire pour réparer ou remplacer une valvule, retirer des végétations ou drainer un abcès lorsque les antibiotiques sont insuffisants ou qu’une fuite valvulaire importante est présente. [2] Les médecins peuvent répéter les échocardiographies pendant ou à la fin du traitement afin de suivre la zone infectée et de conserver une image de référence des valvules. [2] Une endocardite pouvant récidiver, des soins dentaires réguliers et une bonne hygiène de la peau sont décrits comme nécessaires après l’infection. [2]

Quand faut-il agir en urgence ?

En France, appelez immédiatement le 15 ou le 112 lorsqu’une douleur thoracique brutale et intense s’accompagne de plusieurs signes d’alerte, par exemple un essoufflement, une pâleur ou des lèvres bleues, des sueurs, des nausées, un pouls rapide ou irrégulier, un trouble de la conscience ou une perte de connaissance. [1] Une faiblesse ou un engourdissement soudain d’un côté du visage ou du corps, une difficulté brutale à parler, à voir ou à marcher, une perte d’équilibre, une céphalée sévère inexpliquée ou une perte de connaissance impose également une consultation immédiate. [3] Ces manifestations peuvent avoir différentes causes cardiovasculaires graves et ne permettent pas de conclure soi-même à une infection. [1] [2] [3]

Sources et références

[3] Maladies cardiovasculaires

Organisation mondiale de la santé · Consulté le 2026-09-11

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Spécialités médicales concernées

Chirurgien thoracique et cardio-vasculaire