Infections à Haemophilus : formes, transmission, diagnostic et traitement

Les infections à Haemophilus regroupent plusieurs maladies provoquées par des bactéries du genre Haemophilus, depuis des infections localisées comme l’otite ou la sinusite jusqu’à des formes graves comme la méningite, la bactériémie ou l’épiglottite. [2] Haemophilus influenzae est l’espèce la plus souvent en cause et peut infecter les enfants ainsi que, plus rarement pour certaines formes, les adultes. [1] [2] Les manifestations, les examens nécessaires et le traitement dépendent surtout de l’organe atteint et de la gravité de l’infection. [1] [2]
Quelles bactéries sont concernées ?
De nombreuses bactéries Haemophilus vivent normalement dans les voies respiratoires supérieures des enfants et des adultes sans provoquer de maladie. [1] [2] La présence de ces bactéries dans les voies respiratoires ne signifie donc pas nécessairement qu’une infection est en cours. [1] [2] Haemophilus influenzae comprend six sérotypes encapsulés, désignés de a à f, ainsi que des souches non encapsulées dites non typables. [2] Le type b, appelé Hib, est particulièrement associé aux infections invasives graves, même si des souches non encapsulées peuvent également provoquer des formes invasives. [1] [2]
D’autres espèces appartiennent à cette famille, notamment Haemophilus ducreyi, responsable du chancre mou. [1] [2] Haemophilus parainfluenzae et Haemophilus aphrophilus peuvent plus rarement être responsables d’une bactériémie, d’une infection des valves cardiaques ou d’un abcès cérébral. [2] Ces espèces ne doivent pas être confondues avec les différentes souches de Haemophilus influenzae, dont les manifestations et les moyens de prévention ne sont pas identiques. [2]
Comment l’infection se transmet-elle et qui est plus exposé ?
Les souches pathogènes peuvent atteindre les voies respiratoires supérieures par les gouttelettes émises lors de la toux ou des éternuements, ou par contact direct avec une personne infectée. [1] [2] La transmission peut être rapide dans une population qui n’est pas immunisée. [2] Les jeunes enfants sont particulièrement exposés aux infections graves. [1] [2]
La fréquentation d’une crèche ou d’une garderie et la vie dans des espaces surpeuplés sont associées à un risque accru d’infection. [1] [2] Un déficit immunitaire, l’absence de rate et la drépanocytose font également partie des facteurs de prédisposition décrits. [1] [2] Chez l’adulte, certaines infections pulmonaires à Haemophilus influenzae sont notamment observées en présence d’une bronchopneumopathie chronique obstructive ou d’une infection par le VIH à un stade avancé. [1]
Quelles formes d’infection peut provoquer Haemophilus influenzae ?
Les symptômes ne sont pas propres à la bactérie et varient selon la partie du corps atteinte. [1] Les souches non typables provoquent principalement des infections des muqueuses, comme une otite moyenne, une sinusite, une conjonctivite ou une bronchite. [2] Haemophilus influenzae peut aussi provoquer une pneumonie, une trachéobronchite, une infection urinaire ou une infection des valves cardiaques. [2]
Dans une forme invasive, la bactérie peut passer dans la circulation sanguine et provoquer une bactériémie. [1] Chez l’enfant, elle peut alors atteindre les méninges, les articulations, les os, les poumons, la peau, les yeux, les voies urinaires ou d’autres organes. [1] La méningite correspond à une inflammation des membranes entourant le cerveau et la moelle épinière. [1] L’épiglottite est une infection d’un tissu situé au niveau du larynx et peut compromettre la respiration. [1]
La méningite et l’épiglottite sont des infections graves qui peuvent être mortelles et dont le traitement doit commencer le plus rapidement possible. [1]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Le diagnostic ne repose pas uniquement sur les symptômes, car ceux-ci dépendent de la localisation de l’infection. [1] Le médecin peut prélever du sang, du pus ou un autre liquide biologique afin de rechercher la bactérie au laboratoire. [1] [2] La mise en culture du prélèvement ou la recherche du matériel génétique de la bactérie peuvent contribuer à son identification. [1] [2] Lorsqu’une méningite est suspectée, une ponction lombaire peut être réalisée pour analyser le liquide qui entoure le cerveau et la moelle épinière. [1]
L’identification de la bactérie dans le prélèvement permet de confirmer le diagnostic. [1] Un antibiogramme peut ensuite déterminer à quels antibiotiques la souche identifiée est sensible. [1] Les souches responsables d’une maladie invasive peuvent également être sérotypées afin de préciser le type de Haemophilus influenzae en cause. [2]
Quels sont les principes du traitement ?
Les infections à Haemophilus sont traitées par des antibiotiques. [1] [2] Le choix de l’antibiotique dépend du siège de l’infection, de sa gravité et des résultats de l’antibiogramme. [1] [2] Certaines infections moins graves peuvent être traitées par voie orale, tandis que les formes graves nécessitent des antibiotiques administrés par voie intraveineuse. [1] Cette adaptation est importante, car toutes les souches ne répondent pas de la même manière aux différents antibiotiques. [1] [2]
Une méningite bactérienne à Haemophilus influenzae nécessite un traitement antibiotique intraveineux commencé le plus rapidement possible. [1] Des corticoïdes peuvent être associés dans la méningite afin de contribuer à prévenir des lésions cérébrales. [1] En cas d’épiglottite, une assistance respiratoire et la mise en place d’une voie aérienne artificielle peuvent être nécessaires en plus du traitement antibiotique. [1] Les enfants atteints d’une infection grave sont hospitalisés et placés sous isolement contre les gouttelettes pendant les 24 heures suivant le début du traitement antibiotique. [1] [2]
Quelle prévention est possible ?
La vaccination contre Haemophilus influenzae de type b cible Hib et ne couvre pas indistinctement toutes les bactéries du genre Haemophilus. [1] [2] Le vaccin conjugué contre Hib a fortement réduit les infections invasives telles que la méningite, l’épiglottite et la bactériémie. [1] [2] Après une infection invasive à Hib, des mesures préventives peuvent également concerner certains contacts proches susceptibles de porter la bactérie sans symptôme. [2] Ces mesures peuvent associer une vérification de la vaccination de certains jeunes enfants et une antibioprophylaxie dans des situations définies. [1] [2]
Sources et références
[1] Infections à Haemophilus influenzae - Infections - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-11
[2] Infections à Haemophilus - Maladie infectieuse - Édition professionnelle du Manuel MSD
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
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