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Infection à cytomégalovirus : transmission, symptômes, diagnostic et prise en charge

Le cytomégalovirus, ou CMV, est un virus humain de la famille des herpèsvirus, également appelé herpèsvirus humain de type 5. [1] [2] L'infection est fréquente et passe le plus souvent inaperçue, mais elle peut aussi provoquer une maladie ressemblant à une mononucléose ou atteindre gravement certains organes. [1] [3] Les formes sévères concernent principalement les personnes dont le système immunitaire est affaibli et les enfants infectés avant la naissance. [1] [2] Après la première infection, le virus reste latent dans l'organisme pendant toute la vie et peut se réactiver lorsque les défenses immunitaires diminuent. [1] [3]

Quelle différence entre infection à CMV et maladie à CMV ?

Une infection à CMV correspond à la présence d'une réplication virale détectable, qu'elle s'accompagne ou non de manifestations cliniques. [3] La maladie à CMV désigne une infection associée à des symptômes ou à des signes attribuables au virus. [3] Cette distinction est importante, car la détection du CMV dans le sang, les urines, la salive ou un autre prélèvement ne prouve pas toujours qu'il est responsable d'une maladie. [1] [2] Une détection positive peut notamment correspondre à une excrétion du virus sans atteinte active d'un organe. [1] [2]

Comment le cytomégalovirus se transmet-il ?

Le CMV se transmet par l'intermédiaire de liquides biologiques tels que la salive, les urines, le sperme, les sécrétions du col de l'utérus, le sang et le lait maternel. [1] [2] La transmission peut donc survenir lors de contacts sexuels ou non sexuels. [1] [2] Le virus peut également être transmis par une transfusion sanguine ou par un organe greffé. [1] [2] Pendant une grossesse, une personne infectée peut transmettre le CMV au fœtus. [1] [3] Le nouveau-né peut aussi contracter le virus au moment de l'accouchement. [1] [2]

Quels sont les symptômes d'une infection à CMV ?

Chez la plupart des enfants et des adultes dont l'immunité fonctionne normalement, l'infection ne provoque aucun symptôme. [1] [2] Lorsqu'ils apparaissent, les symptômes peuvent comprendre de la fièvre, des frissons, une fatigue et une sensation générale de malaise. [1] Chez les adolescents et les jeunes adultes, le CMV peut provoquer un syndrome ressemblant à une mononucléose infectieuse. [1] [2] Contrairement à la mononucléose due au virus d'Epstein-Barr, cette forme ne s'accompagne généralement pas d'une inflammation sévère de la gorge. [1] [2] Une inflammation du foie avec augmentation de certaines enzymes hépatiques peut accompagner la mononucléose à CMV, habituellement sans jaunisse. [2]

Pourquoi certaines personnes développent-elles une forme grave ?

Une baisse importante des défenses immunitaires peut permettre au virus latent de se réactiver et de se multiplier. [1] [3] Ce risque concerne notamment les personnes vivant avec une infection avancée par le VIH et les receveurs d'une greffe. [1] [2] Chez ces personnes, le CMV peut atteindre les yeux, les poumons, le tube digestif, le cerveau ou la moelle épinière. [1] [2] Une rétinite à CMV touche la rétine et peut entraîner une perte de la vue. [1] Une atteinte de l'œsophage peut rendre la déglutition douloureuse. [1] [2] Une atteinte du côlon peut provoquer des douleurs abdominales et une hémorragie digestive. [2] Les formes graves chez les personnes immunodéprimées peuvent engager le pronostic vital. [1] [2]

Quelles conséquences le CMV peut-il avoir avant la naissance ?

Une infection transmise au fœtus est appelée infection congénitale à CMV. [1] [2] Cette infection peut rester asymptomatique ou provoquer une fausse couche, une mort fœtale ou le décès du nouveau-né. [1] [2] Les formes sévères peuvent causer des lésions étendues du foie ou du système nerveux central. [1] [2] Parmi les séquelles possibles chez les enfants qui survivent figurent une perte de l'audition et un déficit intellectuel. [1]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le choix des examens dépend des symptômes, de l'organe potentiellement atteint et de l'état du système immunitaire. [1] [2] Une PCR peut rechercher le matériel génétique du virus dans le sang, les urines, la salive ou un autre prélèvement adapté à la situation. [1] [2] Chez le nouveau-né, la recherche du CMV peut notamment être effectuée dans les urines ou la salive. [1] [2] Les analyses sérologiques recherchent des anticorps dirigés contre le CMV et peuvent contribuer à identifier une infection récente. [1] [2] La présence d'anticorps ne suffit toutefois pas à démontrer une maladie active à CMV. [1] Chez une personne immunodéprimée présentant une possible atteinte invasive d'un organe, une biopsie du tissu atteint peut être nécessaire. [1] [2] Une charge virale élevée ou en augmentation peut renforcer la suspicion de maladie invasive lorsqu'elle est interprétée avec le contexte clinique. [1] [2] La rétinite à CMV peut être reconnue par l'examen des structures internes de l'œil réalisé par un ophtalmologiste. [1]

Quels sont les principes du traitement ?

Chez une personne en bonne santé, une infection légère à CMV ne nécessite généralement pas de traitement antiviral et guérit spontanément. [1] Les maladies graves ou menaçant la vue peuvent être traitées par des médicaments antiviraux. [1] [2] Le ganciclovir et le valganciclovir font partie des options généralement utilisées en première intention dans les formes sévères. [2] D'autres antiviraux peuvent être envisagés en cas de résistance, d'intolérance ou de situation clinique particulière. [2] Ces traitements peuvent provoquer des effets indésirables graves, notamment une toxicité rénale pour certaines options. [1] [2] Les antiviraux ne suppriment pas définitivement le virus latent, mais ils peuvent contrôler une maladie sévère et contribuer à préserver la vue en cas de rétinite. [1] Chez une personne vivant avec le VIH, le contrôle de l'infection par le VIH contribue aussi à la protection contre la maladie à CMV. [1]

Quel suivi est prévu après une greffe ?

Les receveurs d'une greffe sont particulièrement exposés au CMV en raison des traitements qui diminuent les défenses immunitaires. [1] Chez les patients greffés à risque, la prévention spécialisée peut reposer sur un antiviral prophylactique ou sur une stratégie préemptive. [2] La stratégie prophylactique consiste à administrer un antiviral avant l'apparition d'une réplication détectable du virus. [4] La stratégie préemptive repose sur une surveillance de la charge virale afin de commencer un traitement lorsque la réplication est détectée, avant l'apparition d'une maladie invasive. [2] [4] La détection du virus doit rester interprétée avec les symptômes et les autres résultats, car toute réactivation ne progresse pas vers une maladie cliniquement significative. [2] [4]

Sources et références

[3] Cytomegalovirus Infections - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

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