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Infection croisée : comprendre la transmission et la prévention pendant les soins

Dans un milieu de soins, une infection croisée correspond à la transmission d’un agent infectieux entre des patients, entre un patient et un professionnel de santé, ou dans le sens inverse. [2] Cette expression décrit un mécanisme de transmission et non une maladie unique, car différents virus et différentes bactéries peuvent être concernés. [1] [2] La transmission peut être directe entre deux personnes, indirecte par un instrument, un équipement ou une surface contaminés, ou liée à l’inhalation d’agents infectieux présents dans l’air. [2] Les mesures d’hygiène et de prévention cherchent à interrompre ces voies de passage afin de protéger à la fois les patients, les professionnels et les visiteurs. [1] [2]

Quelle différence avec une infection nosocomiale ?

Une infection nosocomiale est une infection associée aux soins contractée au cours ou au décours d’une hospitalisation, alors qu’elle était absente lors de l’admission. [1] Elle se déclare généralement au moins 48 heures après l’admission, sauf si la période d’incubation connue du microbe conduit à retenir un délai plus long. [1] Pour une infection du site opératoire, la période considérée peut aller jusqu’à 30 jours après l’intervention et jusqu’à un an lorsqu’une prothèse ou un implant a été posé. [1]

Une infection nosocomiale n’est toutefois pas nécessairement une infection croisée provenant d’une autre personne. [1] Dans les infections nosocomiales bactériennes, la source principale est souvent le patient lui-même, dont les propres micro-organismes peuvent provoquer une infection à l’occasion d’une opération, d’un sondage urinaire ou d’une ventilation artificielle. [1] À l’inverse, la transmission croisée implique le passage d’un agent infectieux depuis une autre personne ou un intermédiaire contaminé. [1] [2]

Comment les agents infectieux se transmettent-ils pendant les soins ?

Les mains constituent une voie majeure de transmission des agents infectieux dans les établissements de santé. [1] [2] Un professionnel, un patient ou un visiteur peut transporter un micro-organisme après un contact avec une personne, des sécrétions ou l’environnement proche du patient. [1] [2] En soins dentaires, le sang, la salive et les sécrétions peuvent participer à une transmission directe ou contaminer des instruments, des équipements et des surfaces. [2] Des agents respiratoires peuvent également se transmettre par des gouttelettes ou par l’air, ce qui justifie des mesures adaptées aux symptômes respiratoires et au contexte épidémique. [1] [2]

Une personne peut aussi être colonisée par une bactérie résistante aux antibiotiques sans présenter de symptôme. [1] Cette personne peut transmettre la bactérie même si elle n’a pas développé d’infection active. [1] Plus rarement, la bactérie résistante peut provoquer chez son porteur une infection véritable, qui peut être plus difficile à traiter. [1]

Quelles personnes et quels soins sont les plus exposés ?

Le risque d’infection associée aux soins varie selon l’état du patient, la nature des actes pratiqués et la durée du séjour. [1] Les personnes très jeunes ou âgées de plus de 65 ans, celles qui ont une maladie sévère et celles qui sont immunodéprimées sont davantage concernées. [1] Une opération ou l’utilisation d’un dispositif invasif, comme une sonde urinaire, un cathéter vasculaire ou une intubation, augmente également l’exposition au risque infectieux. [1] Une hospitalisation plus longue augmente le risque de contracter une infection pendant le séjour. [1]

Les infections associées aux soins peuvent toucher les voies urinaires, les poumons, le site d’une intervention chirurgicale ou le sang. [1] Les infections urinaires sont souvent associées aux sondes urinaires, tandis que les pneumonies sont fréquemment concomitantes à une intubation et à une ventilation assistée. [1] Certaines infections pulmonaires et certaines infections du sang peuvent être graves et entraîner un décès. [1] La survenue d’une de ces infections après un soin ne suffit cependant pas à démontrer qu’elle résulte d’une transmission croisée. [1]

Comment prévenir les infections croisées ?

Dans les établissements de santé, l’hygiène des mains par friction avec une solution hydroalcoolique est une mesure essentielle pour limiter la transmission des germes. [1] Cette friction doit notamment être réalisée avant et après un contact avec un patient ou avec son environnement. [1] Elle est efficace sur l’immense majorité des germes, y compris sur des bactéries résistantes aux antibiotiques. [1] Le nettoyage, la désinfection ou la stérilisation appropriée des instruments, des équipements et des surfaces réduisent le risque de transmission indirecte. [1] [2] Lors d’un geste invasif, la peau du patient doit être désinfectée et le matériel doit être désinfecté ou stérilisé selon les protocoles applicables. [1]

À l’hôpital, toute personne qui présente des signes d’infection respiratoire, même minimes, comme un nez qui coule, des éternuements ou une toux, doit porter un masque. [1] Pendant une épidémie de grippe ou de Covid-19, un établissement peut décider d’imposer temporairement le masque à toutes les personnes présentes dans ses locaux. [1] Des précautions particulières, telles qu’une chambre individuelle ou des équipements de protection, peuvent être appliquées à une personne porteuse d’une bactérie hautement résistante afin de limiter les transmissions. [1] Ces précautions peuvent concerner un simple portage sans symptôme et ne signifient donc pas nécessairement que la personne présente une infection active. [1]

Peut-on identifier une transmission croisée à partir des symptômes ?

Les manifestations possibles dépendent du micro-organisme et du site atteint, puisque les infections associées aux soins peuvent notamment être urinaires, pulmonaires, opératoires ou sanguines. [1] Lorsqu’un patient hospitalisé développe des symptômes évocateurs d’une maladie différente de celle qui a motivé son admission, l’origine nosocomiale de l’infection peut être suspectée. [1] Déterminer si plusieurs cas sont reliés par une transmission croisée repose sur des analyses microbiologiques et épidémiologiques réalisées à l’échelle de l’établissement. [1] Des techniques de séquençage génomique peuvent compléter ces investigations pour préciser les voies de transmission dans le temps et dans l’espace. [1]

Sources et références

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