Maladies transmissibles émergentes : exemples, surveillance et signes d’alerte

En France, un programme de recherche sur les maladies infectieuses émergentes vise à accélérer les actions de recherche et d’innovation contribuant à comprendre, prévenir et contrôler les pandémies, dans une approche « One Health », depuis les vaccins et les outils diagnostiques jusqu’aux traitements. [2] Il ne s’agit donc pas d’un diagnostic unique auquel correspondrait une liste universelle de symptômes ou un traitement commun. [1] [3] [4] La dengue, le chikungunya, l’infection à virus Zika, l’infection à virus West Nile et le paludisme sont des exemples documentés de maladies transmissibles surveillées ou prises en compte dans des contextes de circulation internationale et de transmission par des moustiques. [1] [3]
Pourquoi certaines infections sont-elles surveillées en France ?
La surveillance française distingue notamment les cas importés, associés à une infection acquise lors d’un séjour, des cas autochtones résultant d’une transmission locale. [3] Les virus de la dengue, du chikungunya et du Zika sont transmis par des moustiques du genre Aedes, tandis que le virus West Nile est transmis par des moustiques Culex. [3] Le moustique tigre, Aedes albopictus, s’était diffusé dans la grande majorité du territoire hexagonal en 2024, ce qui rendait possible une transmission locale après l’arrivée d’un cas infecté. [3]
En 2024, Santé publique France a recensé en France hexagonale 11 foyers de transmission locale de dengue totalisant 83 cas ainsi qu’un cas autochtone de chikungunya. [3] Pour ces arboviroses, la surveillance reposait sur la déclaration obligatoire des cas documentés biologiquement et était renforcée pendant la période d’activité des moustiques. [3] Lors des foyers de 2024, des investigations épidémiologiques et entomologiques ainsi que des actions de lutte contre les moustiques ont été mises en œuvre. [3]
Quels symptômes nécessitent une attention particulière ?
Les symptômes dépendent de l’infection et ne permettent pas, à eux seuls, d’identifier une maladie transmissible émergente. [1] [4] La dengue peut provoquer un syndrome ressemblant à une grippe, avec une fièvre élevée généralement accompagnée d’au moins deux manifestations parmi les maux de tête, la douleur derrière les yeux, les nausées ou vomissements, le gonflement des ganglions, les douleurs articulaires, osseuses ou musculaires et l’éruption cutanée. [4] La plupart des infections par le virus de la dengue sont légères et peuvent passer inaperçues, mais une dengue sévère peut entraîner un état de choc, une détresse respiratoire, une hémorragie importante ou une atteinte grave d’un organe. [4] Une baisse de la température au cours d’une dengue ne signifie pas nécessairement que la personne est en train de guérir. [4]
En cas de dengue, une douleur abdominale intense, des vomissements persistants, un saignement des gencives, une respiration rapide, une fatigue ou une agitation marquée, du sang dans les vomissements ou les selles, une soif importante ou une peau pâle et froide imposent des soins sans délai. [4] Lorsque des signes de dengue sévère sont présents, l’Organisation mondiale de la santé demande de consulter un médecin et de rechercher une hospitalisation. [4]
Une fièvre ou un état grippal pendant un séjour dans une zone de transmission du paludisme, ou après le retour jusqu’à un an plus tard, nécessite une prise en charge médicale immédiate en signalant l’historique du voyage. [1]
Comment le diagnostic est-il recherché ?
Devant une suspicion de dengue, l’évaluation médicale prend en compte les signes, les symptômes et les antécédents de voyage, puis peut comporter une analyse de sang à la recherche d’éléments indiquant la présence du virus. [4] Une personne ayant séjourné dans un pays où la dengue est endémique au cours des deux semaines précédentes doit en informer le médecin. [4] L’exposition géographique et la période du voyage sont donc des informations importantes, mais elles ne remplacent pas l’examen médical ni les tests nécessaires. [1] [4]
Comment réduire le risque lors d’un voyage ?
Avant un voyage, le risque de paludisme doit être évalué selon le pays et la région, l’itinéraire précis, la saison, le type d’hébergement, la grossesse, les autres problèmes de santé, les médicaments en cours et les résistances aux antipaludiques à destination. [1] Cette évaluation doit être discutée avec un professionnel de santé afin de déterminer si un médicament préventif contre le paludisme est nécessaire. [1] Lorsqu’un médicament préventif est prescrit, il doit être pris selon la prescription, y compris pendant les périodes indiquées avant le départ et après le retour. [1] La prévention médicamenteuse du paludisme ne dispense pas de se protéger contre les piqûres de moustiques. [1]
Le port de vêtements longs et amples, l’utilisation d’un répulsif adapté et la présence de moustiquaires ou d’écrans aux fenêtres et aux portes réduisent l’exposition aux moustiques. [1] [4] Un produit à base de perméthrine destiné aux vêtements ou au matériel ne doit pas être appliqué directement sur la peau. [1] Pour limiter les moustiques Aedes qui transmettent notamment la dengue, les récipients susceptibles de retenir de l’eau autour du logement doivent être couverts, éliminés ou régulièrement vidés et nettoyés. [4] La protection contre la dengue doit aussi tenir compte du fait que les moustiques Aedes peuvent piquer pendant la journée, notamment tôt le matin et avant le crépuscule. [4]
Quels sont les principes de prise en charge de la dengue ?
Il n’existe pas de médicament spécifique contre la dengue, et une personne qui pense en être atteinte doit demander immédiatement un avis médical. [4] L’Organisation mondiale de la santé indique que le repos et une hydratation abondante font partie des mesures de prise en charge de la dengue. [4] L’aspirine et l’ibuprofène ne doivent pas être pris en cas de dengue, car ils peuvent augmenter le risque de saignement. [4] Une hospitalisation est souvent nécessaire en cas de dengue sévère. [4] Ces indications propres à la dengue ne doivent pas être appliquées automatiquement à une autre maladie infectieuse émergente. [1] [4]
Sources et références
[1] Preventing Malaria While Traveling | Malaria | CDC
CDC · Consulté le 2026-09-11
[2] Programmes de recherche · Inserm, La science pour la santé
Inserm · Consulté le 2026-09-11
[3] Chikungunya, dengue et zika - Données de la surveillance renforcée en France hexagonale 2024 | Santé publique France
Santé publique France · Consulté le 2026-09-12
[4] Dengue and severe dengue
Organisation mondiale de la santé · Consulté le 2026-09-11
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