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Hypersensibilité : comprendre le terme, ses signes et son évaluation

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L’hypersensibilité ne désigne pas une maladie unique. Cette fiche en présente deux manifestations, sans couvrir toutes les réactions d’hypersensibilité : une réaction immunitaire à un médicament et une inflammation pulmonaire provoquée par une réaction à des substances inhalées. [1] [2] Les symptômes, les examens utiles et la prise en charge dépendent donc de la substance en cause, de l’organe atteint et du mécanisme de la réaction. [1] [2] Une réaction survenant après un médicament ou une exposition ne suffit pas, à elle seule, à confirmer une hypersensibilité. [1] [2]

Que signifie hypersensibilité ?

Dans l’hypersensibilité médicamenteuse, le système immunitaire réagit à un médicament, contrairement à un effet toxique, à un autre effet indésirable ou à une interaction médicamenteuse. [2] Les réactions médicamenteuses peuvent faire intervenir plusieurs mécanismes immunitaires, classés notamment en types I, II, III ou IV. [2] La pneumopathie d’hypersensibilité, aussi appelée alvéolite allergique extrinsèque, est un syndrome pulmonaire lié à une sensibilisation puis à une réaction contre des antigènes environnementaux inhalés. [1] Elle se distingue notamment de l’asthme professionnel et des atteintes pulmonaires directement provoquées par des substances toxiques, même lorsque les circonstances d’exposition ou certains symptômes se ressemblent. [1]

Quels signes peuvent apparaître ?

Une hypersensibilité médicamenteuse peut se manifester par une éruption cutanée, une urticaire, de la fièvre ou, dans sa forme la plus grave, une anaphylaxie. [2] Certaines réactions médicamenteuses peuvent aussi atteindre le sang, le foie, les reins, les poumons ou plusieurs organes. [2] Le syndrome DRESS peut apparaître plusieurs semaines après le début d’un médicament et associer notamment une éruption, un gonflement du visage, des ganglions, une augmentation des éosinophiles et une atteinte du foie. [2]

Dans la forme aiguë de la pneumopathie d’hypersensibilité, une fièvre, des frissons, une toux, une oppression thoracique et un essoufflement peuvent apparaître quelques heures après une exposition importante chez une personne déjà sensibilisée. [1] La forme subaiguë évolue plutôt sur plusieurs jours ou semaines avec une toux, un essoufflement, de la fatigue et parfois une perte d’appétit. [1] La forme chronique peut progresser pendant des mois ou des années avec un essoufflement à l’effort, une toux, de la fatigue et une perte de poids. [1]

Quels déclencheurs recherche-t-on ?

Pour une réaction médicamenteuse, l’évaluation recherche le médicament pris, le délai entre son administration et les symptômes, les effets indésirables connus ainsi que les interactions possibles. [2] Une réaction liée à la dose correspond souvent à une toxicité plutôt qu’à une hypersensibilité médicamenteuse. [2] Pour une pneumopathie d’hypersensibilité, l’interrogatoire porte sur les expositions professionnelles, domestiques et liées aux loisirs. [1] Les sources possibles comprennent notamment les oiseaux, le foin ou le compost moisis, le travail du bois, certaines activités agricoles ou industrielles, ainsi que des installations d’eau ou de ventilation contaminées. [1] Une aggravation dans un environnement précis et une amélioration lorsqu’on s’en éloigne constituent des indices, sans suffire à établir le diagnostic. [1]

Comment l’hypersensibilité est-elle évaluée ?

L’évaluation d’une hypersensibilité médicamenteuse repose d’abord sur l’histoire de la réaction et sur la recherche d’autres explications possibles. [2] Les tests cutanés peuvent aider pour certains médicaments et certains mécanismes immédiats, mais ils ne sont pas fiables pour la plupart des médicaments ni pour toutes les formes de réaction. [2] Un test de provocation médicamenteuse consiste à administrer des doses progressivement croissantes du médicament suspect dans un environnement contrôlé. [2]

Le diagnostic d’une pneumopathie d’hypersensibilité associe les symptômes, l’histoire des expositions, l’examen clinique et les résultats des examens pulmonaires. [1] La tomodensitométrie thoracique à haute résolution recherche des anomalies pulmonaires, tandis que les explorations fonctionnelles respiratoires évaluent le retentissement sur la ventilation et les échanges gazeux. [1] La radiographie thoracique peut être normale dans les formes aiguës ou subaiguës et ne permet donc pas, à elle seule, d’écarter la maladie. [1] Des anticorps dirigés contre un antigène suspect peuvent témoigner d’une exposition, mais leur présence n’est pas spécifique et un résultat négatif n’exclut pas le diagnostic. [1] Un lavage bronchoalvéolaire ou une biopsie pulmonaire peut être nécessaire lorsque les examens non invasifs ne permettent pas de conclure. [1]

Quels sont les principes de la prise en charge ?

La prise en charge n’est pas identique pour toutes les hypersensibilités et doit être adaptée au déclencheur, au mécanisme supposé et à la gravité de la réaction. [1] [2] Pour une hypersensibilité médicamenteuse, le traitement décrit repose sur l’arrêt du médicament en cause et, selon les symptômes, sur des traitements de soutien. [2] Une désensibilisation peut parfois être envisagée lorsque le médicament est essentiel et qu’il n’existe pas d’alternative, mais elle crée seulement une tolérance temporaire. [2] Cette procédure nécessite une surveillance et du matériel permettant de traiter rapidement une anaphylaxie. [2] Elle ne doit pas être réalisée après certaines réactions retardées ou cutanées graves, notamment un syndrome de Stevens-Johnson, une maladie sérique ou un syndrome DRESS. [2]

Dans la pneumopathie d’hypersensibilité, l’identification puis l’éviction de l’antigène constituent le principal objectif de la prise en charge à long terme. [1] Les glucocorticoïdes peuvent soulager les premiers symptômes des formes aiguës ou subaiguës, mais ils ne semblent pas modifier l’évolution à long terme. [1] Dans les formes chroniques fibrosantes, une immunosuppression ou un traitement antifibrotique peut être envisagé selon l’évolution. [1]

Quels sont les risques et le suivi ?

Une réaction médicamenteuse peut récidiver lors d’une nouvelle exposition au médicament en cause, et des réactions croisées sont possibles avec certains autres médicaments. [2] Les allergies médicamenteuses doivent être correctement signalées dans le dossier médical, et le document disponible recommande également un bracelet d’identification ou d’alerte. [2] Une pneumopathie d’hypersensibilité aiguë peut être réversible lorsque l’exposition est supprimée précocement. [1] À l’inverse, la fibrose d’une forme chronique est habituellement irréversible et peut continuer à progresser malgré l’arrêt de l’exposition. [1] Dans les formes pulmonaires avancées, la fibrose peut conduire à une insuffisance respiratoire ou à des signes d’insuffisance cardiaque droite. [1]

Sources et références

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