Hyperpituitarisme : symptômes, diagnostic, traitements et suivi

L’hyperpituitarisme correspond à une production ou à une sécrétion excessive d’au moins une hormone liée à l’hypophyse. [2] Il ne désigne donc pas une maladie unique, mais un ensemble de troubles dont les manifestations dépendent de l’hormone en excès et de l’existence éventuelle d’une lésion de l’hypophyse. [2] Il se distingue de l’hypopituitarisme, qui correspond au contraire à une sécrétion insuffisante d’une ou de plusieurs hormones hypophysaires. [1]
Quelles hormones peuvent être produites en excès ?
L’hypophyse antérieure produit notamment l’hormone de croissance, ou GH, la prolactine, l’ACTH, la TSH ainsi que les gonadotrophines FSH et LH. [2] L’hypersécrétion concerne le plus souvent un seul axe hormonal, mais certaines tumeurs peuvent produire simultanément plusieurs hormones, notamment la prolactine et la GH. [1] [2] Un excès de GH peut provoquer une acromégalie chez l’adulte ou un gigantisme chez l’enfant dont les cartilages de croissance ne sont pas encore soudés. [1] [2] Un excès d’ACTH entraîne une production excessive de cortisol et peut être responsable de la maladie de Cushing. [1] [2] Une hypersécrétion de prolactine peut relever d’un prolactinome, tandis qu’un excès de TSH ou de gonadotrophines correspond à des formes plus rares. [2]
Quelles sont les causes de l’hyperpituitarisme ?
La cause la plus fréquente d’une hypersécrétion hypophysaire est un adénome de l’hypophyse, c’est-à-dire une tumeur hypophysaire produisant une ou plusieurs hormones. [1] [2] La cause recherchée dépend de l’hormone dont l’augmentation a été constatée. [2] Une concentration élevée de prolactine ne signifie pas systématiquement qu’il existe un prolactinome, car la grossesse, certains médicaments, l’hypothyroïdie, l’insuffisance rénale ou hépatique et d’autres situations peuvent également l’augmenter. [2] De même, un bilan évoquant une production excessive de TSH peut notamment être lié à une interférence de laboratoire ou à une résistance aux hormones thyroïdiennes, situations plus fréquentes qu’une tumeur sécrétant de la TSH. [2]
Quels symptômes peuvent apparaître ?
Les symptômes dépendent à la fois de l’hormone en excès, de la taille d’une éventuelle lésion hypophysaire et d’un possible déficit associé d’autres hormones. [2] Une lésion volumineuse peut provoquer des maux de tête ou des anomalies du champ visuel, notamment lorsqu’elle exerce un effet de masse à proximité de l’hypophyse. [1] [2]
L’excès de prolactine peut diminuer la libido, perturber les règles, provoquer un écoulement de lait en dehors de l’allaitement et contribuer à une infertilité. [2] Chez l’homme, il peut notamment être associé à une impuissance et à un hypogonadisme. [2] L’excès de GH chez l’adulte peut entraîner une augmentation de la taille des pieds, une modification de la mâchoire, un épaississement des tissus mous, une transpiration excessive, un syndrome du canal carpien et des douleurs articulaires. [2] Il peut également s’accompagner d’hypertension, de diabète, de troubles lipidiques, d’apnée obstructive du sommeil ou d’une atteinte cardiaque. [2]
L’excès d’ACTH et de cortisol peut se manifester par une prise de poids centrale, une fonte musculaire, des vergetures, des bleus faciles, une augmentation de la pression artérielle, une intolérance au glucose et des troubles psychiques. [2] Un excès de TSH peut provoquer des signes d’hyperthyroïdie tels qu’un amaigrissement, une intolérance à la chaleur, des palpitations, de l’anxiété ou des troubles menstruels. [2] Les rares adénomes produisant des gonadotrophines peuvent être associés à des règles irrégulières, une hyperstimulation ovarienne ou une infertilité chez la femme, ainsi qu’à une augmentation du volume des testicules ou un hypogonadisme chez l’homme. [2]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Le bilan biologique initial est choisi en fonction de l’hormone suspectée à partir des symptômes, de l’examen clinique ou d’une découverte fortuite à l’imagerie. [1] [2] L’évaluation doit aussi tenir compte de possibles déficits d’autres hormones hypophysaires, car une lésion peut associer hypersécrétion et hyposécrétion. [2] Une IRM de l’hypophyse, réalisée sans ou avec produit de contraste selon le contexte, est généralement préférée au scanner pour rechercher et visualiser un adénome. [2]
Pour un excès de prolactine, le dosage sanguin peut devoir être répété lorsque l’augmentation est modérée, car le stress, l’exercice ou la consommation d’alcool peuvent provoquer une élévation transitoire. [2] Pour rechercher un excès de GH, le dosage isolé de GH est peu adapté en raison des variations de sa sécrétion au cours de la journée. [2] Le dosage de l’IGF-1 constitue le test initial décrit, mais son interprétation doit tenir compte de l’âge, du sexe et de certaines maladies du foie, des reins ou de la thyroïde, ainsi que d’un diabète mal contrôlé ou d’une dénutrition sévère. [2] Lorsque les résultats restent incertains, un test dynamique de suppression par le glucose peut compléter l’évaluation de l’excès de GH. [2]
La recherche d’un hypercortisolisme repose généralement sur plusieurs examens biologiques avant d’en déterminer l’origine hypophysaire, surrénalienne ou ectopique. [2] Les examens peuvent notamment étudier le cortisol à certains moments de la journée, le cortisol urinaire ou sa réponse à un test de suppression. [2] Certains médicaments et certaines situations, comme l’obésité, la dépression ou une consommation excessive d’alcool, peuvent fausser des tests de suppression et doivent être pris en compte dans l’interprétation. [2]
Quels sont les principes du traitement ?
Le traitement dépend de la cause, de l’hormone en excès, de la taille de la lésion et de ses effets locaux. [2] Il peut associer des médicaments, une chirurgie de l’hypophyse ou une radiothérapie. [2] La prise en charge fait habituellement intervenir plusieurs disciplines, notamment l’endocrinologie, la radiologie et, lorsqu’une intervention est envisagée, la neurochirurgie. [2]
Pour un prolactinome sans menace aiguë, un traitement médicamenteux par agoniste dopaminergique est généralement privilégié à la chirurgie. [2] Ce traitement peut réduire la prolactine, améliorer les troubles de la fonction gonadique et diminuer le volume de la tumeur. [2] Pour la plupart des autres adénomes hypophysaires sécrétants, la résection par voie transsphénoïdale constitue le traitement initial décrit. [2] Dans la maladie de Cushing, la chirurgie représente le traitement central, tandis que les médicaments ont notamment un rôle complémentaire. [2] Dans l’acromégalie, des médicaments agissant sur la somatostatine peuvent être employés pour réduire la GH et l’IGF-1. [2]
Une résection complète n’est pas toujours possible, en particulier lorsque la tumeur est volumineuse au moment de sa découverte. [2] La radiothérapie peut compléter la chirurgie ou les médicaments afin de réduire la tumeur et la production hormonale. [2] Elle peut toutefois endommager l’hypophyse et provoquer secondairement un déficit hormonal. [2]
Quels sont les risques et les objectifs du suivi ?
Un excès hormonal insuffisamment traité est associé à une morbidité importante, mais les risques précis varient selon l’hormone concernée et la taille de la tumeur. [2] Une tumeur volumineuse peut entraîner des troubles visuels ou d’autres manifestations neurologiques lorsqu’elle s’étend vers les structures voisines. [2] L’acromégalie peut s’accompagner notamment de diabète, d’insuffisance cardiaque et d’autres atteintes cardiovasculaires ou digestives. [2] La maladie de Cushing peut être associée à une hypertension, un diabète, des problèmes cardiaques et une ostéoporose. [2] Une hypersécrétion de TSH peut favoriser des troubles du rythme cardiaque et une ostéoporose, tandis qu’un adénome gonadotrope fonctionnel peut compromettre la fertilité. [2]
Le suivi est adapté à l’hormone en cause, à la taille de la lésion, aux éventuels déficits hormonaux, aux maladies associées et à la réponse au traitement. [2] Dans l’acromégalie opérée, le contrôle décrit associe notamment des dosages de l’IGF-1 et de la GH, un test de suppression lorsque celui-ci est indiqué et une nouvelle IRM pour évaluer la tumeur. [2] Le pronostic dépend notamment de la taille de la tumeur, de l’hormone en excès et de la possibilité d’obtenir une résection complète ou un contrôle satisfaisant par les médicaments. [2]
Sources et références
[1] Lésions hypophysaires - Endocrinologie - Édition professionnelle du Manuel MSD
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-11
[2] Hyperpituitarism - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
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