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Hyperglycinémie non cétosique : signes, diagnostic, traitements et suivi

L’hyperglycinémie non cétosique est une maladie génétique rare du métabolisme dans laquelle le système enzymatique chargé de dégrader la glycine fonctionne insuffisamment. [1] [2] La glycine s’accumule alors dans le sang, le liquide cérébrospinal et les tissus, notamment dans le cerveau. [1] [2] Cette accumulation entraîne principalement des manifestations neurologiques, dont la gravité varie d’une forme atténuée à une forme sévère. [1] [2]

Quelles sont les formes de la maladie ?

La forme sévère se caractérise par l’absence de progrès du développement et par une épilepsie difficile à contrôler. [1] [2] Dans la forme atténuée, les acquisitions du développement sont variables et l’épilepsie peut être contrôlable ou absente. [1] [2] La sévérité générale est habituellement concordante au sein d’une même famille, mais le niveau de développement peut différer entre des personnes atteintes de la forme atténuée. [1]

Quels signes peuvent révéler une hyperglycinémie non cétosique ?

La maladie débute le plus souvent pendant la période néonatale par une somnolence croissante pouvant évoluer vers un coma profond et une hypotonie marquée. [1] Une mauvaise alimentation, des crises d’épilepsie, des apnées ou une respiration irrégulière peuvent également être observées chez le nouveau-né. [2] Un début entre deux semaines et trois mois se manifeste typiquement par une hypotonie et peut correspondre à une forme sévère ou atténuée. [1] Un début après l’âge de trois mois correspond aux formes atténuées décrites dans la synthèse clinique disponible. [1] Les formes plus tardives peuvent associer un retard du développement, des difficultés de langage, une hyperactivité et une épilepsie de sévérité variable. [2]

Chez un nouveau-né ou un nourrisson, une apnée ou une respiration irrégulière expose à une insuffisance respiratoire aiguë et nécessite une stabilisation précoce en soins critiques néonataux ou pédiatriques. [2] Une altération importante de la vigilance ou des crises chez un nouveau-né concerné justifient également une évaluation et une prise en charge précoces. [2]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic ne repose pas uniquement sur les symptômes, car la léthargie, l’hypotonie, les crises et l’encéphalopathie peuvent avoir de nombreuses autres causes. [2] L’évaluation biochimique recherche une augmentation de la glycine dans le plasma et dans le liquide cérébrospinal. [1] [2] Un résultat élevé isolé doit être interprété avec prudence, car des médicaments, les conditions de prélèvement et certaines autres maladies peuvent modifier la glycine. [2] L’imagerie cérébrale recherche un aspect compatible avec la maladie, tandis qu’un électroencéphalogramme peut être réalisé en présence de crises. [1] [2] La confirmation repose sur l’identification de deux variants pathogènes dans un gène codant une composante du système de clivage de la glycine ou sur la mise en évidence d’un déficit de son activité enzymatique. [1] Le bilan doit aussi écarter des maladies métaboliques ou neurologiques ressemblantes, car elles peuvent relever de mécanismes et de traitements différents. [2]

Quels sont les principes du traitement ?

Il n’existe actuellement pas de traitement curatif capable de modifier à lui seul l’évolution naturelle de l’hyperglycinémie non cétosique. [1] [2] La prise en charge vise notamment à réduire la concentration de glycine avec du benzoate de sodium et à limiter la stimulation excessive des récepteurs NMDA. [1] [2] Dans la forme sévère, le benzoate peut améliorer l’attention et faciliter le contrôle des crises sans corriger les troubles majeurs du développement, la spasticité ou l’épilepsie réfractaire. [1] Dans certaines formes atténuées, la réduction de la glycine et le blocage des récepteurs NMDA peuvent contribuer au contrôle des crises et à de meilleurs résultats neurodéveloppementaux. [1] [2] Le traitement comprend aussi le contrôle de l’épilepsie, le soutien nutritionnel, l’accompagnement du développement et la prise en charge des complications. [2] Cette prise en charge mobilise habituellement une équipe associant notamment spécialistes du métabolisme, neurologues, professionnels de la nutrition et équipes de réadaptation. [2]

Le valproate est à éviter dans cette maladie, car il augmente les concentrations de glycine dans le sang et le liquide cérébrospinal et peut accroître la fréquence des crises. [1] La vigabatrine est également à éviter en raison de pertes fonctionnelles rapides rapportées, particulièrement dans les formes atténuées associées au syndrome de West. [1]

Quel suivi est nécessaire ?

Pendant les premières années, le suivi comprend des évaluations régulières du développement et des examens neurologiques. [1] Chez les personnes sévèrement atteintes, une surveillance orthopédique recherche notamment une scoliose et une anomalie de la hanche. [1] [2] Le suivi porte aussi sur l’alimentation, la déglutition, la motricité digestive et les besoins éventuels de soutien nutritionnel. [1] [2] La fonction respiratoire mérite une attention particulière chez les enfants qui présentent des infections respiratoires répétées. [1] Une évaluation ophtalmologique peut rechercher des troubles visuels d’origine cérébrale. [2]

Comment la maladie se transmet-elle dans une famille ?

L’hyperglycinémie non cétosique se transmet habituellement sur un mode autosomique récessif. [1] [2] Les parents d’une personne atteinte sont généralement porteurs chacun d’un variant pathogène sans être eux-mêmes malades. [1] Lorsque les deux parents sont porteurs, chaque grossesse comporte un risque de 25 % d’enfant atteint, de 50 % d’enfant porteur non malade et de 25 % d’enfant ni atteint ni porteur. [1] Après l’identification des variants familiaux, un conseil génétique peut informer les proches sur le dépistage des porteurs et sur les possibilités de diagnostic prénatal ou préimplantatoire. [1]

Sources et références

[1] Nonketotic Hyperglycinemia - GeneReviews® - NCBI Bookshelf

GeneReviews, University of Washington, diffusion NCBI Bookshelf · Consulté le 2026-09-13

[2] Nonketotic Hyperglycinemia - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

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