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Histoplasmose : symptômes, diagnostic, traitements et risques

L’histoplasmose est une infection provoquée par le champignon Histoplasma capsulatum. [2] Elle commence habituellement dans les poumons après l’inhalation de spores présentes dans un sol ou une poussière contaminés par des excréments d’oiseaux ou de chauves-souris. [2] [3] La plupart des infections restent sans symptôme ou provoquent une maladie légère, mais certaines formes peuvent devenir pulmonaires chroniques ou se propager à plusieurs organes. [2]

Comment l’histoplasmose est-elle contractée ?

L’exposition est favorisée par les activités qui mettent en suspension de la terre ou des poussières contaminées, notamment certains travaux de construction ou de démolition et l’exploration de grottes. [2] [3] Une exposition massive ou prolongée augmente le risque de développer une infection sévère. [2] [3] La maladie est présente dans plusieurs régions du monde, notamment dans certaines parties des Amériques, de l’Afrique, de l’Asie et de l’Australie. [2] [3] En France, la Haute Autorité de santé souligne que l’histoplasmose a une épidémiologie particulière et qu’elle est fréquente dans les départements français d’Amérique chez les personnes vivant avec le VIH. [1]

Quelles sont les principales formes d’histoplasmose ?

L’histoplasmose pulmonaire aiguë correspond à l’infection initiale et reste généralement localisée aux poumons. [2] L’histoplasmose cavitaire chronique se caractérise par la formation progressive de cavités pulmonaires, sans propagation à d’autres organes. [2] L’histoplasmose disséminée progressive apparaît lorsque le champignon passe des poumons vers d’autres parties du corps par la circulation sanguine. [2] [3] Cette forme disséminée est rare chez les adultes en bonne santé et touche surtout les personnes dont les défenses immunitaires sont affaiblies ou immatures. [2]

Quels symptômes peuvent apparaître ?

Lorsqu’elle provoque des symptômes, la forme pulmonaire aiguë peut entraîner une fièvre, une toux, des douleurs musculaires, une douleur thoracique et une sensation de malaise. [2] [3] Ces symptômes apparaissent généralement entre 3 et 17 jours après l’inhalation des spores. [2] [3] Après l’inhalation d’une grande quantité de spores, une pneumonie accompagnée d’un essoufflement important peut se développer. [2]

La forme cavitaire chronique provoque une aggravation progressive de la toux et de la gêne respiratoire, parfois associée à une perte de poids, des sueurs nocturnes, une fièvre modérée ou des expectorations sanglantes. [2] [3] La forme disséminée peut commencer par une fatigue, une faiblesse, une fièvre, une perte de poids et un malaise général. [2] [3] Elle peut ensuite atteindre le foie, la rate, les ganglions, la moelle osseuse, le système digestif, les glandes surrénales ou le système nerveux central. [2] [3] Les manifestations possibles comprennent une augmentation de volume du foie, de la rate ou des ganglions, des ulcérations de la bouche ou de l’intestin et, plus rarement, une méningite. [2] [3]

Qui risque davantage une forme sévère ?

Le risque d’histoplasmose sévère est plus élevé chez les personnes ayant une infection par le VIH à un stade avancé, une greffe d’organe ou un traitement qui inhibe le système immunitaire. [2] [3] Les nourrissons, les très jeunes enfants et les personnes âgées de 55 ans ou plus font également partie des groupes plus exposés aux formes sévères. [2] [3] Chez les personnes vivant avec un VIH avancé, l’histoplasmose disséminée constitue une infection opportuniste et peut évoluer rapidement. [2] [4] Dans cette population, les symptômes de la forme disséminée sont peu spécifiques et peuvent ressembler à ceux d’autres infections, notamment la tuberculose. [4]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Les symptômes ne suffisent pas à identifier l’histoplasmose, car ils sont souvent peu spécifiques. [3] Le diagnostic associe le contexte d’exposition, l’examen clinique et des analyses destinées à mettre en évidence le champignon ou ses antigènes. [2] [3] Les prélèvements peuvent porter sur les expectorations, le sang, les urines ou un tissu obtenu par biopsie. [2] [3] Le laboratoire peut effectuer un examen microscopique, une culture, une recherche d’antigènes ou un test portant sur le matériel génétique du champignon. [2] [3] Une radiographie ou une tomodensitométrie du thorax recherche les signes d’une atteinte pulmonaire. [2] [3] Les tests antigéniques peuvent présenter des réactions croisées avec d’autres champignons, de sorte que leur résultat doit être interprété avec les autres éléments du dossier. [3]

Quels sont les principes du traitement ?

La nécessité d’un traitement antifongique dépend de la forme de l’histoplasmose, de sa sévérité et de l’état immunitaire de la personne. [2] [3] Une infection pulmonaire aiguë légère qui s’améliore spontanément ne nécessite généralement pas d’antifongique chez une personne dont le système immunitaire fonctionne normalement. [2] [3] Cette absence habituelle de traitement ne s’applique pas indistinctement aux personnes immunodéprimées, aux formes qui ne s’améliorent pas et aux infections plus sévères. [2] [3] L’itraconazole fait partie des traitements utilisés dans les formes nécessitant un antifongique, tandis qu’une infection sévère peut nécessiter de l’amphotéricine B par voie intraveineuse. [2] [3]

Dans l’histoplasmose cavitaire chronique, le traitement vise à éliminer le champignon et à limiter l’aggravation des lésions pulmonaires. [2] [3] Les lésions pulmonaires déjà constituées peuvent être irréversibles malgré l’élimination du champignon, ce qui explique la persistance possible de problèmes respiratoires. [2] Une histoplasmose disséminée sévère est traitée par amphotéricine B intraveineuse, puis par itraconazole oral après stabilisation. [2] [3] [4] Chez une personne vivant avec un VIH avancé, la prise en charge de l’histoplasmose est associée au traitement antirétroviral et peut nécessiter un antifongique prolongé jusqu’à une restauration immunitaire suffisante. [2] [3] [4]

Quels suivi et risques faut-il connaître ?

Le suivi d’un traitement par itraconazole peut comprendre la mesure de sa concentration dans le sang et celle des antigènes d’Histoplasma dans le sang ou les urines. [3] Lors d’un traitement par amphotéricine B, la surveillance de la fonction rénale et des effets indésirables contribue à prévenir ou à prendre en charge sa toxicité. [4] Les interactions médicamenteuses associées à l’itraconazole doivent également être prises en compte pendant le traitement. [4] La forme pulmonaire aiguë guérit presque toujours spontanément, alors que la forme cavitaire chronique peut conduire à une insuffisance respiratoire sévère. [2] [3] Sans traitement, l’histoplasmose disséminée progressive est associée à une mortalité élevée. [2] [3]

Sources et références

[2] Histoplasmose - Infections - Manuels MSD pour le grand public

Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13

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