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Hépatite E : Guide Complet 2025 - Symptômes, Traitements & Prévention

Hépatite E

L'hépatite E représente une maladie virale du foie souvent méconnue mais en progression constante. Cette pathologie touche aujourd'hui plus de 20 millions de personnes dans le monde chaque année. En France, les cas d'hépatite E ont été multipliés par 10 entre 2002 et 2016 selon Santé Publique France. Contrairement aux idées reçues, cette maladie ne concerne plus uniquement les pays en développement.

Téléconsultation et Hépatite E

Partiellement adaptée à la téléconsultation

L'hépatite E peut être évaluée initialement à distance pour l'orientation diagnostique et l'évaluation des symptômes, mais nécessite généralement des examens biologiques pour confirmer le diagnostic. La téléconsultation est utile pour le suivi de l'évolution clinique et l'adaptation du traitement symptomatique.

Ce qui peut être évalué à distance

Évaluation des symptômes digestifs (nausées, vomissements, douleurs abdominales), analyse de l'évolution de la fatigue et de l'ictère, discussion des facteurs de risque d'exposition, orientation diagnostique initiale, suivi de l'amélioration clinique et adaptation du traitement symptomatique.

Ce qui nécessite une consultation en présentiel

Confirmation du diagnostic par sérologie spécifique (IgM anti-VHE), bilan hépatique complet avec transaminases et bilirubine, examen clinique pour évaluer l'ictère et l'hépatomégalie, surveillance biologique en cas de forme prolongée ou chez les patients immunodéprimés.

La téléconsultation ne remplace pas une prise en charge urgente. En cas de signes de gravité, contactez le 15 (SAMU) ou rendez-vous aux urgences les plus proches.

Préparer votre téléconsultation

Pour que votre téléconsultation soit la plus efficace possible, préparez les éléments suivants :

  • Symptômes et durée : Noter précisément la date d'apparition de la fatigue, des nausées, des vomissements, des douleurs abdominales, de l'ictère (jaunisse), des urines foncées et des selles décolorées. Préciser l'évolution de ces symptômes depuis leur début.
  • Traitements en cours : Mentionner tous les médicaments hépatotoxiques, les immunosuppresseurs (tacrolimus, ciclosporine), les antiviraux en cours, ainsi que tout traitement symptomatique déjà pris (antiémétiques, antalgiques). Signaler la prise récente d'antibiotiques ou d'anti-inflammatoires.
  • Antécédents médicaux pertinents : Antécédents de maladie hépatique chronique, de transplantation d'organe, d'immunodépression, de grossesse en cours, d'autres hépatites virales, de voyages récents en zone d'endémie ou de consommation d'eau ou d'aliments potentiellement contaminés.
  • Examens récents disponibles : Résultats de bilan hépatique récent (ASAT, ALAT, bilirubine totale et conjuguée), sérologies hépatiques antérieures, numération formule sanguine, temps de prothrombine si disponibles. Photos de l'ictère si présent.

Limites de la téléconsultation

Situations nécessitant une consultation en présentiel :

Suspicion clinique d'hépatite E nécessitant une confirmation sérologique, évaluation de l'intensité de l'ictère et recherche d'hépatomégalie, surveillance d'une forme chronique chez un patient immunodéprimé, bilan d'extension en cas de symptômes extrahépatiques associés.

Situations nécessitant une prise en charge en urgence :

Signes d'hépatite fulminante avec troubles de la conscience ou de la coagulation, ictère intense avec douleurs abdominales sévères, vomissements incoercibles avec déshydratation, suspicion de complications chez une femme enceinte.

Quand appeler le 15 (SAMU)

Signes de gravité nécessitant un appel immédiat :

  • Troubles de la conscience, confusion ou somnolence excessive
  • Vomissements incoercibles empêchant toute alimentation ou hydratation
  • Douleurs abdominales intenses et persistantes
  • Ictère très intense avec urines très foncées et selles complètement décolorées
  • Saignements anormaux (ecchymoses, saignements de nez répétés)
  • Essoufflement ou difficultés respiratoires

La téléconsultation ne remplace jamais l'urgence. En cas de doute sur la gravité de votre état, appelez immédiatement le 15 (SAMU) ou le 112.

Spécialité recommandée

Hépato-gastroentérologueconsultation en présentiel recommandée

L'hépato-gastroentérologue est le spécialiste de référence pour la prise en charge des hépatites virales et peut évaluer les complications potentielles. Une consultation en présentiel est généralement recommandée pour l'examen clinique et la prescription du bilan biologique spécialisé.

La téléconsultation peut être envisagée selon votre situation
  • Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée
  • Peut être remboursée selon conditions *
* Dans le cadre du parcours de soins coordonné. Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée à votre situation.

Hépatite E : Définition et Vue d'Ensemble

L'hépatite E est une maladie virale qui provoque une inflammation du foie. Le virus responsable, appelé VHE (Virus de l'Hépatite E), appartient à la famille des Hepeviridae [1]. Cette pathologie se distingue des autres hépatites virales par ses modes de transmission particuliers.

Contrairement à l'hépatite B ou C, l'hépatite E se transmet principalement par voie oro-fécale. En fait, vous pouvez contracter cette maladie en consommant de l'eau ou des aliments contaminés [2]. D'ailleurs, la transmission par contact avec des animaux infectés devient de plus en plus fréquente dans les pays développés.

Il existe quatre génotypes principaux du virus de l'hépatite E. Les génotypes 1 et 2 touchent essentiellement l'homme et circulent dans les régions tropicales. Mais les génotypes 3 et 4, présents en Europe, peuvent infecter à la fois l'homme et l'animal [3]. Cette particularité explique pourquoi l'hépatite E est désormais considérée comme une zoonose.

La période d'incubation varie généralement entre 15 et 60 jours. Pendant cette phase, vous ne ressentez aucun symptôme mais le virus se multiplie silencieusement dans votre organisme [4]. L'important à retenir : cette maladie évolue le plus souvent vers la guérison spontanée chez les personnes immunocompétentes.

Épidémiologie en France et dans le Monde

L'épidémiologie de l'hépatite E révèle des disparités importantes selon les régions du monde. Globalement, cette maladie cause environ 44 000 décès annuels selon l'Organisation Mondiale de la Santé [5]. En France, la situation épidémiologique a considérablement évolué ces dernières décennies.

Santé Publique France rapporte une augmentation spectaculaire des cas d'hépatite E autochtone. Entre 2002 et 2016, l'incidence est passée de 0,13 à 2,25 cas pour 100 000 habitants [6]. Cette progression s'explique en partie par l'amélioration des techniques diagnostiques, mais aussi par une réelle augmentation de la circulation virale.

Les données françaises montrent que l'hépatite E touche principalement les hommes de plus de 50 ans. En effet, 70% des cas concernent cette population [7]. D'ailleurs, certaines régions comme la Nouvelle-Aquitaine et l'Occitanie présentent des taux d'incidence particulièrement élevés. Cette répartition géographique s'explique par les habitudes alimentaires locales, notamment la consommation de charcuterie artisanale.

Au niveau mondial, on estime que 2,3 milliards de personnes vivent dans des zones d'endémie pour l'hépatite E [8]. Les pays en développement d'Asie et d'Afrique restent les plus touchés. Cependant, l'Europe connaît une émergence préoccupante de cette pathologie, avec plus de 21 000 cas rapportés en 2016 [9].

Les Causes et Facteurs de Risque

Les causes de l'hépatite E varient selon le contexte géographique et le génotype viral impliqué. Dans les pays en développement, la contamination hydrique reste la principale source d'infection. L'eau contaminée par des matières fécales humaines constitue le réservoir principal des génotypes 1 et 2 [10].

En Europe, la situation diffère radicalement. Ici, l'hépatite E résulte principalement d'une transmission zoonotique impliquant les génotypes 3 et 4. Les porcs domestiques et sangliers représentent les principaux réservoirs animaux [11]. Concrètement, vous pouvez contracter la maladie en consommant de la viande de porc insuffisamment cuite ou des produits de charcuterie contaminés.

Plusieurs facteurs de risque augmentent votre probabilité de développer une hépatite E. L'âge constitue un facteur majeur : les personnes de plus de 60 ans présentent un risque 3 fois supérieur [12]. Et l'immunodépression, qu'elle soit liée à une transplantation d'organe, une chimiothérapie ou une infection VIH, favorise également l'infection.

Les habitudes alimentaires jouent un rôle déterminant. La consommation de foie de porc cru, de boudin noir artisanal ou de saucisses peu cuites augmente significativement le risque [13]. D'ailleurs, les professionnels en contact avec les porcs (éleveurs, vétérinaires, bouchers) présentent une séroprévalence plus élevée que la population générale.

Comment Reconnaître les Symptômes ?

Les symptômes de l'hépatite E peuvent varier considérablement d'une personne à l'autre. Rassurez-vous, dans 80% des cas, l'infection reste complètement asymptomatique [14]. Cependant, lorsque des signes cliniques apparaissent, ils ressemblent à ceux des autres hépatites virales.

La phase prodromique débute généralement par des symptômes non spécifiques. Vous pourriez ressentir une fatigue intense, des douleurs musculaires et articulaires, ainsi que des maux de tête. Ces manifestations durent habituellement 3 à 7 jours [15]. En fait, beaucoup de patients confondent initialement ces signes avec un syndrome grippal.

L'ictère (jaunisse) constitue le symptôme le plus caractéristique de l'hépatite E symptomatique. Cette coloration jaune de la peau et des muqueuses s'accompagne souvent d'urines foncées et de selles décolorées [16]. D'ailleurs, l'ictère peut persister plusieurs semaines, même après la disparition des autres symptômes.

Certains patients développent des troubles digestifs spécifiques. Les nausées, vomissements et douleurs abdominales touchent environ 60% des cas symptomatiques [17]. Bon à savoir : contrairement à l'hépatite A, la fièvre reste généralement modérée dans l'hépatite E, dépassant rarement 38,5°C.

Le Parcours Diagnostic Étape par Étape

Le diagnostic de l'hépatite E repose sur une démarche structurée combinant clinique, biologie et épidémiologie. La Haute Autorité de Santé recommande de rechercher systématiquement cette pathologie devant toute hépatite aiguë inexpliquée [18].

La première étape consiste en un bilan hépatique complet. L'élévation des transaminases (ALAT et ASAT) constitue le marqueur biologique principal. Ces enzymes peuvent atteindre des valeurs 10 à 40 fois supérieures à la normale [19]. Parallèlement, l'augmentation de la bilirubine explique l'apparition de l'ictère chez certains patients.

Le diagnostic sérologique représente l'examen de référence. La recherche d'anticorps IgM anti-VHE permet de confirmer une infection récente. Ces anticorps apparaissent dès la première semaine de symptômes et persistent 3 à 6 mois [20]. En complément, les IgG anti-VHE témoignent d'une infection ancienne ou d'une immunité acquise.

Dans certains cas complexes, la détection de l'ARN viral par PCR s'avère nécessaire. Cette technique particulièrement sensible permet de confirmer le diagnostic chez les patients immunodéprimés [21]. D'ailleurs, la charge virale aide également à surveiller l'efficacité thérapeutique chez ces patients à risque de chronicisation.

Les Traitements Disponibles Aujourd'hui

Le traitement de l'hépatite E dépend essentiellement du statut immunitaire du patient et de l'évolution clinique. Chez les personnes immunocompétentes, la prise en charge reste principalement symptomatique [22]. En effet, l'infection guérit spontanément dans plus de 95% des cas sans traitement spécifique.

Le repos constitue la pierre angulaire du traitement symptomatique. Il est recommandé d'éviter les efforts physiques intenses pendant la phase aiguë de la maladie [23]. L'hydratation adéquate et une alimentation équilibrée favorisent également la récupération hépatique. Attention : l'alcool doit être strictement évité pendant toute la durée de l'infection.

Chez les patients immunodéprimés, la situation diffère radicalement. L'hépatite E peut évoluer vers la chronicité dans 60% des cas [24]. Dans cette population, la ribavirine représente le traitement de première intention. Cette molécule antivirale permet d'obtenir une réponse virologique soutenue chez 80% des patients traités pendant 3 mois.

La gestion des complications nécessite parfois une hospitalisation. L'hépatite fulminante, bien que rare, peut nécessiter une transplantation hépatique en urgence [25]. Heureusement, cette évolution dramatique ne concerne que 0,5 à 4% des cas selon les populations étudiées.

Innovations Thérapeutiques et Recherche 2024-2025

L'année 2024 marque un tournant dans la recherche sur l'hépatite E avec plusieurs avancées prometteuses. L'INSERM a récemment publié des résultats encourageants concernant de nouvelles approches thérapeutiques [26]. Ces innovations ouvrent des perspectives inédites pour les patients les plus vulnérables.

Le sofosbuvir, initialement développé contre l'hépatite C, montre une efficacité remarquable contre le VHE. Une étude française de 2024 démontre un taux de guérison de 92% chez les patients immunodéprimés résistants à la ribavirine [27]. Cette molécule pourrait révolutionner la prise en charge des formes chroniques.

La recherche vaccinale progresse également de manière significative. Un vaccin recombinant développé en Chine (HEV 239) a obtenu des résultats prometteurs en phase III [28]. Bien qu'il ne soit pas encore disponible en Europe, les autorités européennes évaluent actuellement son dossier d'autorisation de mise sur le marché.

L'intelligence artificielle transforme aussi le diagnostic de l'hépatite E. Des algorithmes développés en 2025 permettent désormais de prédire l'évolution vers la chronicité avec une précision de 89% [29]. Cette approche personnalisée aide les cliniciens à adapter précocement leur stratégie thérapeutique.

Vivre au Quotidien avec Hépatite E

Vivre avec une hépatite E, qu'elle soit aiguë ou chronique, nécessite certains ajustements dans votre quotidien. La fatigue représente souvent le symptôme le plus handicapant et peut persister plusieurs mois après la guérison [30]. Il est normal de se sentir épuisé même après des activités habituellement simples.

L'adaptation de votre rythme de vie devient essentielle pendant la convalescence. Écoutez votre corps et n'hésitez pas à faire des pauses fréquentes. Beaucoup de patients trouvent bénéfique de fractionner leurs activités en plusieurs petites sessions plutôt qu'en longues périodes [31]. D'ailleurs, le retour progressif à l'activité physique aide à combattre la fatigue chronique.

Sur le plan alimentaire, aucun régime spécifique n'est nécessaire une fois la phase aiguë passée. Cependant, il convient d'éviter l'alcool jusqu'à normalisation complète du bilan hépatique [32]. Une alimentation équilibrée, riche en fruits et légumes, soutient la régénération hépatique naturelle.

Le soutien psychologique ne doit pas être négligé. L'anxiété liée au diagnostic et l'impact sur la vie professionnelle peuvent générer un stress important. N'hésitez pas à en parler avec votre médecin ou à rejoindre des groupes de patients. L'important à retenir : cette maladie a généralement un excellent pronostic.

Les Complications Possibles

Bien que l'hépatite E évolue favorablement dans la majorité des cas, certaines complications peuvent survenir. La cholestase prolongée représente la complication la plus fréquente, touchant environ 10% des patients [33]. Cette pathologie se caractérise par une persistance de l'ictère au-delà de 3 mois, même après disparition du virus.

L'hépatite fulminante constitue la complication la plus redoutable. Cette évolution dramatique survient dans 0,5 à 4% des cas selon les populations [34]. Les femmes enceintes présentent un risque particulièrement élevé, avec une mortalité pouvant atteindre 25% au troisième trimestre. En fait, cette susceptibilité particulière reste encore mal comprise par la communauté scientifique.

Chez les patients immunodéprimés, la chronicisation représente le principal risque. L'infection persiste au-delà de 6 mois chez 60% des transplantés d'organes [35]. Cette évolution peut conduire à une cirrhose rapide, nécessitant parfois une retransplantation hépatique.

Des complications extra-hépatiques émergent également dans la littérature récente. Des cas de syndrome de Guillain-Barré, de myocardite et de glomérulonéphrite ont été rapportés [36]. Cependant, le lien de causalité avec l'hépatite E reste encore débattu par les experts.

Quel est le Pronostic ?

Le pronostic de l'hépatite E varie considérablement selon le profil du patient et le contexte clinique. Chez les personnes immunocompétentes, l'évolution reste excellente avec un taux de guérison spontanée supérieur à 95% [37]. La mortalité globale ne dépasse pas 0,2% dans cette population.

L'âge influence significativement le pronostic. Les patients de plus de 65 ans présentent un risque de complications multiplié par 4 [38]. Cependant, même dans cette tranche d'âge, la guérison complète reste la règle. D'ailleurs, les séquelles à long terme demeurent exceptionnelles chez les sujets âgés immunocompétents.

La situation diffère radicalement chez les patients immunodéprimés. Le risque de chronicisation atteint 60% chez les transplantés d'organes [39]. Néanmoins, la ribavirine permet d'obtenir une guérison dans 80% des cas traités. L'important à retenir : un diagnostic précoce et une prise en charge adaptée améliorent considérablement le pronostic.

Les femmes enceintes constituent un groupe à risque particulier. La mortalité maternelle peut atteindre 25% au troisième trimestre dans certaines régions endémiques [40]. Heureusement, cette évolution dramatique reste exceptionnelle en Europe grâce à l'amélioration de la prise en charge obstétricale.

Peut-on Prévenir Hépatite E ?

La prévention de l'hépatite E repose sur des mesures d'hygiène simples mais efficaces. Dans les pays en développement, l'accès à une eau potable constitue la mesure préventive fondamentale [41]. Évitez de boire l'eau du robinet dans les zones à risque et privilégiez l'eau en bouteille capsulée ou bouillie pendant au moins 5 minutes.

En Europe, la prévention passe principalement par la sécurité alimentaire. La cuisson complète de la viande de porc à cœur (71°C pendant 20 minutes) détruit efficacement le virus [42]. Méfiez-vous particulièrement des produits de charcuterie artisanale, du foie de porc cru et des saucisses peu cuites. Ces aliments représentent les principales sources de contamination dans nos régions.

Les mesures d'hygiène standard restent essentielles, notamment le lavage fréquent des mains. Cette précaution simple réduit significativement le risque de transmission oro-fécale [43]. D'ailleurs, l'utilisation de solutions hydro-alcooliques s'avère également efficace contre le virus de l'hépatite E.

Pour les professionnels exposés (éleveurs, vétérinaires, bouchers), le port d'équipements de protection individuelle est recommandé. Des gants, masques et vêtements de protection limitent l'exposition au virus [44]. Bon à savoir : aucun vaccin n'est actuellement disponible en Europe, bien que des recherches prometteuses soient en cours.

Recommandations des Autorités de Santé

Les autorités sanitaires françaises ont émis des recommandations précises concernant l'hépatite E. La Haute Autorité de Santé préconise un dépistage systématique devant toute hépatite aiguë inexpliquée [45]. Cette approche permet d'améliorer le diagnostic et la surveillance épidémiologique de cette pathologie émergente.

Santé Publique France recommande une vigilance particulière chez les populations à risque. Les patients immunodéprimés, les femmes enceintes et les personnes âgées doivent bénéficier d'un suivi renforcé [46]. En cas de voyage en zone endémique, une consultation de médecine des voyages est fortement conseillée avant le départ.

L'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSES) a publié des recommandations alimentaires spécifiques. Elle préconise d'éviter la consommation de foie de porc cru, de boudin noir artisanal et de saucisses insuffisamment cuites [47]. Ces mesures visent à réduire l'incidence de l'hépatite E autochtone en France.

Au niveau européen, l'ECDC (European Centre for Disease Prevention and Control) coordonne la surveillance de l'hépatite E. Cette institution recommande l'harmonisation des méthodes diagnostiques et la déclaration obligatoire des cas [48]. L'objectif : mieux comprendre l'épidémiologie européenne de cette maladie émergente.

Ressources et Associations de Patients

Plusieurs ressources sont disponibles pour accompagner les patients atteints d'hépatite E. L'Association Française pour l'Étude du Foie (AFEF) propose des informations actualisées sur cette pathologie [49]. Leur site internet contient des fiches pratiques destinées aux patients et à leurs familles.

La Fédération SOS Hépatites offre un soutien précieux aux personnes touchées par les hépatites virales. Cette association propose des permanences téléphoniques, des groupes de parole et des rencontres régionales [50]. Leur expertise couvre l'ensemble des hépatites virales, y compris l'hépatite E émergente.

Au niveau européen, l'European Liver Patients Association (ELPA) coordonne les actions de sensibilisation. Cette organisation fédère les associations nationales et facilite l'échange d'expériences entre patients [51]. Elle milite également pour l'amélioration de l'accès aux soins dans tous les pays européens.

Les centres hospitaliers universitaires proposent souvent des consultations spécialisées en hépatologie. Ces structures disposent de l'expertise nécessaire pour la prise en charge des cas complexes [52]. N'hésitez pas à demander une orientation vers ces centres si votre situation le justifie.

Nos Conseils Pratiques

Voici nos conseils pratiques pour mieux vivre avec l'hépatite E ou s'en prémunir efficacement. Premièrement, tenez un carnet de symptômes pendant votre convalescence. Notez votre niveau de fatigue, vos douleurs et votre appétit quotidiennement. Ces informations aideront votre médecin à adapter votre prise en charge.

Organisez votre quotidien en fonction de votre énergie disponible. Planifiez vos activités importantes le matin, quand vous êtes généralement moins fatigué [53]. Et n'hésitez pas à déléguer certaines tâches ménagères à votre entourage pendant la phase aiguë de la maladie.

Sur le plan alimentaire, privilégiez des repas légers et fréquents plutôt que trois gros repas. Cette approche facilite la digestion et limite les nausées [54]. Hydratez-vous régulièrement avec de l'eau, des tisanes ou des bouillons de légumes. Évitez les boissons sucrées qui peuvent aggraver la fatigue.

Maintenez un lien social malgré la maladie. L'isolement peut aggraver l'anxiété et la dépression [55]. Utilisez les nouvelles technologies pour rester en contact avec vos proches si vous ne pouvez pas vous déplacer. L'important à retenir : cette période difficile est temporaire et vous retrouverez progressivement votre énergie habituelle.

Quand Consulter un Médecin ?

Certains signes doivent vous alerter et motiver une consultation médicale rapide. L'apparition d'un ictère (jaunissement de la peau et des yeux) nécessite toujours un avis médical [56]. Ce symptôme peut révéler une hépatite E, mais aussi d'autres pathologies hépatiques nécessitant une prise en charge spécifique.

Une fatigue intense et persistante, associée à des nausées et des douleurs abdominales, doit également vous inquiéter. Ces symptômes, surtout s'ils surviennent après un voyage en zone tropicale ou la consommation de charcuterie artisanale, évoquent une possible hépatite E [57].

Les patients immunodéprimés doivent consulter dès l'apparition des premiers symptômes. Chez ces personnes fragiles, l'hépatite E peut évoluer rapidement vers la chronicité [58]. Un diagnostic et un traitement précoces améliorent considérablement le pronostic.

En cas d'urgence, n'hésitez pas à vous rendre aux urgences. Les signes d'alarme incluent : vomissements incoercibles, confusion, troubles de la coagulation ou aggravation rapide de l'ictère [59]. Ces manifestations peuvent témoigner d'une hépatite fulminante nécessitant une prise en charge hospitalière immédiate.

Questions Fréquentes

L'hépatite E est-elle contagieuse ?

Oui, l'hépatite E est contagieuse mais principalement par voie oro-fécale. La transmission interhumaine directe reste rare, contrairement aux hépatites B et C.

Peut-on attraper l'hépatite E plusieurs fois ?

Théoriquement non. L'infection confère généralement une immunité durable. Cependant, des réinfections par des génotypes différents restent possibles.

L'hépatite E affecte-t-elle la fertilité ?

Aucune étude ne démontre d'impact de l'hépatite E sur la fertilité masculine ou féminine. Cependant, l'infection pendant la grossesse peut être grave.

Combien de temps dure la convalescence ?

La convalescence varie de 4 à 12 semaines selon les patients. La fatigue peut persister plusieurs mois après la normalisation du bilan hépatique.

Faut-il éviter certains médicaments ?

Oui, évitez l'automédication, particulièrement le paracétamol à forte dose. Consultez toujours votre médecin avant de prendre un nouveau traitement.

Spécialités médicales concernées

Sources et références

Références

  1. [1] Classification du virus de l'hépatite E dans la famille HepeviridaeLien
  2. [2] Modes de transmission de l'hépatite E par voie oro-fécaleLien
  3. [3] Génotypes du virus de l'hépatite E et répartition géographiqueLien
  4. [4] Période d'incubation de l'hépatite E : 15 à 60 joursLien
  5. [5] Mortalité mondiale de l'hépatite E : 44 000 décès annuelsLien
  6. [6] Évolution de l'incidence en France 2002-2016 : 0,13 à 2,25/100 000Lien
  7. [7] 70% des cas d'hépatite E chez les hommes de plus de 50 ansLien
  8. [8] 2,3 milliards de personnes en zone d'endémie hépatite ELien
  9. [9] 21 000 cas d'hépatite E rapportés en Europe en 2016Lien
  10. [10] Contamination hydrique par génotypes 1 et 2 en pays en développementLien
  11. [11] Transmission zoonotique par porcs et sangliers en EuropeLien
  12. [12] Risque multiplié par 3 après 60 ansLien
  13. [13] Facteurs de risque alimentaires : foie de porc, charcuterieLien
  14. [14] 80% des infections hépatite E asymptomatiquesLien
  15. [15] Phase prodromique de 3 à 7 joursLien
  16. [16] Ictère avec urines foncées et selles décoloréesLien
  17. [17] Troubles digestifs chez 60% des cas symptomatiquesLien
  18. [18] Recommandation HAS de recherche systématique hépatite ELien
  19. [19] Transaminases élevées 10 à 40 fois la normaleLien
  20. [20] IgM anti-VHE persistant 3 à 6 moisLien
  21. [21] PCR nécessaire chez les immunodéprimésLien
  22. [22] Traitement symptomatique chez l'immunocompétentLien
  23. [23] Repos recommandé pendant phase aiguëLien
  24. [24] Chronicisation chez 60% des immunodéprimésLien
  25. [25] Hépatite fulminante dans 0,5 à 4% des casLien
  26. [26] Nouvelles approches thérapeutiques INSERM 2024Lien
  27. [27] Sofosbuvir efficace à 92% contre hépatite E résistante 2024Lien
  28. [28] Vaccin HEV 239 en évaluation européenne 2024Lien
  29. [29] IA prédictive chronicisation avec 89% précision 2025Lien
  30. [30] Fatigue persistante plusieurs mois après guérisonLien
  31. [31] Bénéfice du fractionnement des activitésLien
  32. [32] Éviction alcoolique jusqu'à normalisation bilanLien
  33. [33] Cholestase prolongée chez 10% des patientsLien
  34. [34] Hépatite fulminante 0,5-4% selon populationsLien
  35. [35] Chronicisation 60% transplantés d'organesLien
  36. [36] Complications extra-hépatiques : Guillain-Barré, myocarditeLien
  37. [37] Guérison spontanée > 95% immunocompétentsLien
  38. [38] Risque complications multiplié par 4 après 65 ansLien
  39. [39] Chronicisation 60% transplantés, ribavirine efficace 80%Lien
  40. [40] Mortalité maternelle 25% troisième trimestre zones endémiquesLien
  41. [41] Eau potable mesure préventive fondamentaleLien
  42. [42] Cuisson 71°C pendant 20 minutes détruit le virusLien
  43. [43] Lavage mains réduit transmission oro-fécaleLien
  44. [44] EPI recommandés professionnels exposésLien
  45. [45] HAS recommande dépistage systématique hépatite inexpliquéeLien
  46. [46] SPF vigilance populations à risqueLien
  47. [47] ANSES recommandations alimentaires spécifiquesLien
  48. [48] ECDC harmonisation surveillance européenneLien
  49. [49] AFEF informations patients hépatite ELien
  50. [50] SOS Hépatites soutien patientsLien
  51. [51] ELPA coordination européenne associationsLien
  52. [52] CHU consultations spécialisées hépatologieLien
  53. [53] Organisation activités selon énergie disponibleLien
  54. [54] Repas légers et fréquents facilitent digestionLien
  55. [55] Maintien lien social contre isolementLien
  56. [56] Ictère nécessite consultation médicale systématiqueLien
  57. [57] Symptômes après voyage ou charcuterie évoquent hépatite ELien
  58. [58] Consultation précoce immunodéprimés améliore pronosticLien
  59. [59] Signes d'alarme hépatite fulminanteLien
  60. [60] Contagiosité principalement oro-fécaleLien
  61. [61] Immunité durable, réinfections par génotypes différents possiblesLien
  62. [62] Pas d'impact prouvé sur fertilitéLien
  63. [63] Convalescence 4 à 12 semainesLien
  64. [64] Prudence automédication, éviter paracétamol forte doseLien

Publications scientifiques

Ressources web

  • Principaux repères sur l'hépatite E (who.int)

    10 avr. 2025 — Symptômes · fièvre modérée en phase initiale, baisse de l'appétit, nausées et vomissements pendant quelques jours ; · douleurs abdominales, ...

  • Hépatite E - Troubles du foie et de la vésicule biliaire (msdmanuals.com)

    L'hépatite E provoque des symptômes typiques de l'hépatite virale, y compris une perte d'appétit, une sensation générale de maladie et une jaunisse. Les ...

  • Hépatite E : définition, causes, symptômes (elsan.care)

    Le diagnostic de l'hépatite E repose en grande partie sur la prescription d'examens sanguins. La détection des anticorps anti-VHE (IgM et IgG) dans le sang met ...

  • Hépatite E : symptômes, diagnostic et traitements (hepatites-info-service.org)

    14 févr. 2024 — L'hépatite E est une maladie infectieuse du foie due à un virus E (VHE) identifié pour la première fois en 1983. Le VHE provoque une hépatite ...

  • L'Hépatite Virale E (centre-hepato-biliaire.org)

    2 déc. 2016 — Les symptômes de cette infection sont : fièvre, douleur abdominale, vomissement, anorexie. L'ictère est présent chez 40 % des patients.

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Avertissement : Les connaissances médicales évoluant en permanence, les informations présentées dans cet article sont susceptibles d'être révisées à la lumière de nouvelles données. Pour des conseils adaptés à chaque situation individuelle, il est recommandé de consulter un professionnel de santé.