Hépatite D : transmission, symptômes, diagnostic, traitement et prévention

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Hépatite virale par ville
L’hépatite D est une inflammation du foie provoquée par le virus de l’hépatite D, également appelé VHD ou virus Delta. [1] Ce virus a besoin du virus de l’hépatite B pour se répliquer, si bien qu’une hépatite D ne peut pas survenir en l’absence d’infection par le VHB. [1] L’infection associant le VHB et le VHD peut être plus grave que l’hépatite B seule et progresser plus rapidement vers une cirrhose, un cancer du foie ou une insuffisance hépatique. [1] [2]
Co-infection et surinfection : deux situations différentes
Une co-infection correspond à l’acquisition simultanée du VHB et du VHD chez une personne qui n’était pas auparavant infectée par le VHB. [2] Cette co-infection peut provoquer une hépatite aiguë modérée à sévère, mais la guérison est généralement complète et le passage à une hépatite D chronique reste rare. [1] Une surinfection survient lorsque le VHD infecte une personne déjà porteuse d’une infection chronique par le VHB. [1] La surinfection accélère l’évolution vers une forme plus grave chez 70 à 90 % des personnes et favorise une progression plus rapide vers la cirrhose. [1]
Comment le virus de l’hépatite D se transmet-il ?
Le VHD est principalement véhiculé par le sang et peut aussi se transmettre par contact avec d’autres liquides biologiques infectés. [1] Une transmission est possible lors du partage d’aiguilles ou d’autre matériel d’injection ainsi que pendant des rapports sexuels. [1] [2] La transmission de la mère à l’enfant avant ou autour de l’accouchement est décrite comme plus rare. [1] Les personnes vivant avec une infection chronique par le VHB sont exposées à une surinfection par le VHD. [1] Le risque de co-infection est notamment plus élevé chez les personnes qui s’injectent des drogues, les personnes hémodialysées et celles vivant avec le VIH ou le virus de l’hépatite C. [1]
Quels sont les symptômes possibles ?
Les symptômes d’une hépatite D aiguë ne permettent pas, à eux seuls, de la distinguer des autres hépatites virales aiguës. [1] Ils peuvent comprendre de la fièvre, une fatigue, une perte d’appétit, des nausées et des vomissements. [1] Des urines foncées, des selles claires et un ictère, reconnaissable notamment par une coloration jaune des yeux, peuvent également apparaître. [1] Lors d’une co-infection aiguë, ces manifestations apparaissent généralement entre trois et sept semaines après l’infection initiale. [1] Une hépatite D peut aussi rester sans symptôme, et aucune manifestation isolée ne permet d’établir le diagnostic. [2]
Dans quelles circonstances rechercher une hépatite D ?
Une hépatite D peut être suspectée devant une hépatite B aiguë inhabituellement sévère, une aggravation soudaine d’une hépatite B chronique ou une progression hépatique anormalement rapide. [2] Les recommandations européennes résumées dans une synthèse clinique préconisent de rechercher le VHD au moins une fois chez toute personne dont le test de l’antigène HBs est positif. [2] Une nouvelle recherche peut être envisagée chez les personnes qui restent exposées à un risque d’infection par le VHD. [2]
Comment le diagnostic est-il confirmé ?
Le diagnostic repose sur des analyses de sang qui recherchent des marqueurs du VHB et du VHD. [1] [2] La présence d’anticorps anti-VHD indique une exposition passée ou présente au virus, mais elle ne suffit pas à démontrer qu’une infection chronique est actuellement active. [1] La détection de l’ARN du VHD par une méthode moléculaire établit la présence d’une réplication virale active. [1] [2] L’interprétation conjointe des marqueurs du VHB et du VHD aide à différencier une co-infection aiguë, une surinfection et une infection chronique. [2] Dans une infection aiguë, certains marqueurs du VHD peuvent apparaître avec retard, ce qui peut rendre nécessaire la répétition des analyses. [2]
Quels sont les risques pour le foie ?
L’association chronique du VHB et du VHD entraîne généralement une maladie du foie plus agressive que l’infection chronique par le VHB seul. [1] [2] Elle peut accélérer la fibrose, c’est-à-dire la formation progressive de tissu cicatriciel dans le foie, puis conduire à une cirrhose. [1] [2] Une cirrhose due au VHD augmente le risque de carcinome hépatocellulaire, qui est la principale forme de cancer primitif du foie. [1] Une atteinte avancée peut évoluer vers une décompensation hépatique, avec notamment une accumulation de liquide dans l’abdomen, une encéphalopathie ou un saignement digestif lié à des varices. [2] L’évolution varie néanmoins d’une personne à l’autre et dépend notamment de la persistance de l’ARN du VHD et de l’état préalable du foie. [2]
Quels sont les principes du traitement et du suivi ?
Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique établi pour l’hépatite D aiguë, dont la prise en charge repose sur le traitement des manifestations et des complications. [2] Pour l’hépatite D chronique, l’interféron alpha pégylé a été utilisé, mais son efficacité est limitée et les rechutes sont fréquentes. [1] Ce traitement peut en outre provoquer des effets indésirables et comporte des contre-indications qui limitent son utilisation. [1] Le bulévirtide est autorisé au niveau européen pour traiter l’infection chronique par le VHD chez les adultes ayant une maladie du foie compensée, c’est-à-dire sans défaillance hépatique avancée. [1] Les analogues nucléosidiques utilisés contre l’hépatite B n’ont pas montré d’action directe contre le VHD, mais peuvent être employés pour prendre en charge l’infection concomitante par le VHB. [1] En cas d’insuffisance hépatique décompensée, une transplantation du foie peut devenir nécessaire. [2] Le suivi utilise notamment la mesure répétée de l’ARN du VHD pour apprécier la réplication virale et la réponse au traitement. [1] [2] La prise en charge doit également tenir compte de l’hépatite B associée, de l’activité de la maladie et de l’existence d’une fibrose, d’une cirrhose ou d’autres complications. [2] L’alcool doit être évité, car il peut aggraver les lésions du foie. [2]
Comment prévenir l’hépatite D ?
Il n’existe pas de vaccin spécifique contre le VHD. [2] La vaccination contre l’hépatite B prévient aussi l’hépatite D chez les personnes qui ne sont pas encore infectées par le VHB. [1] En revanche, cette vaccination ne protège pas contre une surinfection par le VHD une personne déjà porteuse du VHB. [1] La prévention repose aussi sur l’utilisation de matériel d’injection stérile, la sécurité des soins et des transfusions ainsi que la réduction des expositions sexuelles au sang ou aux liquides biologiques infectés. [1]
Sources et références
[1] Hépatite D
Organisation mondiale de la santé · Consulté le 2026-09-11
[2] Hepatitis D - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
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