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Hépatite B chronique : bilan, traitement, suivi et prévention

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L’hépatite B chronique est une infection durable du foie provoquée par le virus de l’hépatite B, appelé VHB. [2] [1] Elle est définie par la persistance du virus dans l’organisme pendant plus de six mois, notamment par la persistance de l’antigène HBs au-delà de cette durée. [1] Cette maladie peut rester silencieuse pendant de nombreuses années tout en provoquant progressivement une inflammation et une fibrose, c’est-à-dire la formation de tissu cicatriciel dans le foie. [1] Un suivi médical prolongé est donc nécessaire, même en l’absence de symptômes, afin d’évaluer l’activité du virus, l’état du foie et l’éventuelle indication d’un traitement. [1] [6]

Comment une hépatite B devient-elle chronique ?

L’hépatite B aiguë correspond à la première phase de l’infection, tandis que la forme chronique correspond à la persistance du VHB après six mois. [2] [1] La majorité des adultes guérissent de l’infection aiguë, mais environ 5 à 10 % évoluent vers une forme chronique. [1] Le risque de chronicité est beaucoup plus élevé lorsque l’infection survient très tôt dans la vie, puisqu’environ 90 % des nourrissons infectés développent une forme chronique. [1] L’hépatite B ne doit pas être confondue avec les hépatites A, C, D ou E, qui sont dues à d’autres virus et diffèrent notamment par leurs modes de transmission et leur évolution. [2]

Quels symptômes et quels risques pour le foie ?

De nombreuses personnes atteintes d’hépatite B chronique n’ont aucun symptôme. [1] [4] Lorsqu’elles existent, les manifestations peuvent être peu spécifiques, comme une fatigue générale, une sensation de malaise ou une perte d’appétit. [4] L’absence de gêne ne permet donc pas de conclure que le virus est inactif ou que le foie n’est pas atteint. [1]

Au fil du temps, la destruction de cellules hépatiques peut conduire à une fibrose croissante puis à une cirrhose. [1] La cirrhose correspond à une atteinte avancée dans laquelle le foie ne parvient plus à assurer normalement toutes ses fonctions. [1] Les personnes ayant une cirrhose présentent également un risque accru de cancer primitif du foie. [1] Une infection associée par le virus de l’hépatite D peut rendre l’évolution plus sévère et augmenter le risque de cirrhose. [2]

Comment le diagnostic et l’état du foie sont-ils évalués ?

Le diagnostic repose sur des analyses de sang qui recherchent les antigènes du VHB, les anticorps dirigés contre le virus et son ADN. [1] La sérologie doit être interprétée dans son ensemble, car un anticorps anti-HBs peut traduire une vaccination ou une ancienne infection guérie, tandis que l’antigène HBs signale la présence d’une infection. [1] La quantité d’ADN viral dans le sang, appelée charge virale, renseigne sur la réplication du virus. [1] [5] Les analyses mesurent aussi les transaminases et d’autres paramètres afin d’évaluer l’inflammation, les lésions et le fonctionnement du foie. [1]

Le bilan peut comprendre une échographie abdominale et une élastométrie hépatique, examen qui aide à estimer le degré de fibrose. [1] Une biopsie du foie peut être réalisée lorsque les autres éléments ne suffisent pas à apprécier les lésions. [1] [4] Le bilan recherche également une hépatite D, une hépatite C et une infection par le VIH, car ces infections associées peuvent modifier l’évaluation et la prise en charge. [1] En France, ce bilan est organisé par le médecin traitant en collaboration avec un spécialiste en hépato-gastro-entérologie. [1]

Dans quels cas un traitement antiviral est-il proposé ?

Toutes les personnes ayant une hépatite B chronique ne reçoivent pas immédiatement un traitement antiviral. [5] [4] La décision dépend notamment de la charge virale ainsi que de la gravité et de la progression des lésions du foie. [5] Elle est prise par une équipe médicale pluridisciplinaire en coordination avec le médecin traitant. [5] L’objectif principal est de réduire ou d’arrêter la multiplication du VHB afin de rendre son ADN indétectable dans le sang. [5] [1] Cette virosuppression vise à limiter les agressions du foie et à réduire le risque d’évolution vers la cirrhose ou le cancer du foie, sans constituer habituellement une guérison virologique complète. [5]

Les options décrites comprennent des antiviraux oraux qui bloquent la multiplication du virus et, dans certaines situations, l’interféron pégylé alpha administré par injections. [5] La durée du traitement varie selon le médicament choisi et l’évolution de l’hépatite B chronique. [5] L’efficacité est contrôlée par des dosages réguliers de la charge virale et de différents antigènes du VHB. [5] Des effets indésirables peuvent survenir, en particulier sous interféron, avec notamment fatigue, symptômes pseudo-grippaux, irritabilité ou idées noires. [5] Tout effet gênant doit être signalé au médecin afin qu’il puisse en évaluer la cause et proposer une conduite adaptée. [5] [6]

Pourquoi le suivi reste-t-il indispensable ?

La surveillance repose sur des prises de sang régulières pour mesurer l’inflammation du foie et l’activité du virus. [6] Elle comporte aussi le suivi des lésions hépatiques et, en cas de traitement, l’évaluation de son efficacité et de sa tolérance. [6] Le rythme des consultations et des examens est individualisé par le médecin traitant et le spécialiste. [6] La prise régulière d’un antiviral contribue à son efficacité, et toute difficulté d’observance doit être abordée avec l’équipe soignante. [6] En France, le médecin traitant peut demander une reconnaissance en affection de longue durée, permettant la prise en charge des soins liés à la maladie dans la limite des tarifs de l’Assurance Maladie. [6]

Comment protéger son foie et éviter la transmission ?

La protection du foie passe notamment par l’arrêt de l’alcool et du tabac ainsi que par la perte de poids en cas de surpoids ou d’obésité. [5] [6] Le contrôle du sucre et des graisses dans le sang aide également à limiter l’accumulation de graisse dans le foie, qui peut aggraver la fibrose. [5] [6] Il est recommandé d’éviter l’automédication et de demander un avis médical avant de prendre un nouveau médicament, car certains produits nécessitent des précautions particulières ou sont contre-indiqués. [5] [6] La vaccination contre l’hépatite A est recommandée en l’absence d’infection antérieure confirmée par une prise de sang. [5]

Le VHB se transmet principalement par le sang et lors de relations sexuelles. [2] [3] L’entourage proche et les partenaires sexuels doivent être invités à se faire dépister puis à se faire vacciner s’ils ne sont ni infectés ni immunisés. [6] Tant que le partenaire n’est pas vacciné ou que son statut immunitaire est inconnu, le préservatif est nécessaire pour prévenir la transmission sexuelle. [6] Les rasoirs, coupe-ongles, seringues et autres objets susceptibles d’être souillés par du sang ne doivent pas être partagés. [3] [6] En revanche, le VHB ne se transmet pas par la nourriture, l’eau ou l’utilisation commune des toilettes. [6] Une personne atteinte d’hépatite B chronique ne peut pas donner son sang ni son sperme. [6]

Grossesse et exposition accidentelle au VHB

Le VHB peut être transmis de la mère à l’enfant pendant la grossesse, mais la transmission survient surtout au moment de l’accouchement. [2] [6] En France, le dépistage obligatoire pendant la grossesse permet d’organiser une prise en charge destinée à réduire ce risque. [2] [6] La prise en charge décrite peut comprendre un traitement maternel par ténofovir disoproxil fumarate au troisième trimestre et pendant les douze semaines suivant l’accouchement, sous responsabilité médicale. [6] [5] Le nouveau-né reçoit des immunoglobulines anti-VHB et une première dose de vaccin contre l’hépatite B. [6] L’accouchement par voie basse et l’allaitement restent possibles dans cette situation. [6]

Après l’exposition accidentelle d’une personne non immunisée à un liquide biologique provenant d’une personne porteuse du VHB, la zone exposée doit être immédiatement lavée à l’eau et au savon, abondamment rincée puis désinfectée. [3] La personne exposée doit ensuite se rendre le plus rapidement possible aux urgences hospitalières pour évaluer le risque et, si nécessaire, recevoir une prophylaxie et organiser un suivi sérologique. [3]

Sources et références

[2] Comprendre l'hépatite B | ameli.fr | Assuré

Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-12

[3] Prévenir l'hépatite B | ameli.fr | Assuré

Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-12

[5] Traitement de l'hépatite B | ameli.fr | Assuré

Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-12

[6] Vivre avec une hépatite B chronique | ameli.fr | Assuré

Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-12

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