Hémorragie : reconnaître un saignement visible ou interne et agir

Une hémorragie peut être visible au niveau d’une plaie ou se produire à l’intérieur du corps. [3] [2] Un saignement interne peut ne provoquer aucun symptôme au début, ce qui le rend parfois difficile à reconnaître sans évaluation médicale. [2] Les signes, les examens et les traitements dépendent fortement de l’endroit qui saigne et de la cause. [2] [1] L’hémorragie intracérébrale, qui correspond à un saignement à l’intérieur du cerveau, est ainsi une forme particulière d’accident vasculaire cérébral hémorragique et ne représente pas toutes les hémorragies. [1]
Quels signes peuvent révéler une hémorragie ?
Au niveau d’une plaie, un sang qui gicle ou qui coule de manière continue caractérise la situation pour laquelle la Croix-Rouge française recommande une compression immédiate et l’alerte des secours. [3] Une hémorragie interne importante peut survenir dans l’abdomen, le thorax, le tube digestif ou autour de fractures de gros os comme le fémur et les os du bassin. [2] L’organe lésé peut être douloureux, mais d’autres blessures, une confusion, des vertiges ou une perte de connaissance peuvent empêcher la personne de percevoir ou d’exprimer cette douleur. [2] Dans le tube digestif, le saignement peut devenir visible sous la forme de vomissements contenant du sang ou de selles noires. [2] Lorsqu’elle est grave, une hémorragie interne peut faire chuter la tension artérielle et provoquer une faiblesse, des étourdissements, un évanouissement ou une perte de connaissance. [2]
Que faire devant une plaie qui saigne abondamment ?
Lorsque le sang gicle ou coule continuellement d’une plaie, il faut exercer directement une pression sur celle-ci pour tenter d’arrêter le saignement. [3] Si cela est possible, demandez à la personne blessée de comprimer elle-même sa plaie afin de limiter le contact avec son sang. [3] Sinon, comprimez la plaie avec des mains protégées par des gants jetables, un sac en plastique ou un linge. [3] La personne doit être allongée horizontalement pendant qu’une personne présente alerte les secours, ou pendant que l’intervenant les alerte lui-même s’il est seul. [3] La compression doit être maintenue jusqu’à l’arrivée des secours et renforcée si la plaie continue de saigner. [3]
Si l’intervenant doit libérer ses mains pour donner l’alerte, la compression manuelle peut être remplacée rapidement par un tampon propre recouvrant complètement la plaie et maintenu par un lien suffisamment large et serré. [3] Si ce tampon n’arrête pas complètement le saignement, un deuxième peut être placé sur le premier. [3] En cas d’échec du tampon, il faut reprendre la compression manuelle. [3] Après avoir porté secours, l’intervenant doit se laver les mains. [3]
Quand suspecter une hémorragie interne et appeler les secours ?
Un saignement interne survient souvent après un impact violent, par exemple lors d’un accident de la route ou d’une chute d’une certaine hauteur. [2] Chez une personne prenant de l’aspirine ou un anticoagulant, un impact moins important peut également provoquer un saignement interne. [2] Une hémorragie interne peut aussi résulter de la rupture spontanée d’un organe, notamment lors d’une grossesse extra-utérine ou de la rupture d’un anévrisme. [2]
Une hémorragie interne ne peut pas être arrêtée sans l’intervention de professionnels de santé. [2] Si un saignement prolongé entraîne des étourdissements ou des signes de choc, la personne doit être allongée avec les jambes surélevées et une aide médicale doit être obtenue dès que possible. [2] En France et dans l’Union européenne, les services d’urgence médicale sont joignables par le 112. [2] Lors de l’appel, il faut décrire aussi complètement que possible l’état de la personne et l’évolution de la situation, puis ne pas raccrocher avant d’y être invité. [2]
L’hémorragie intracérébrale : un sous-type particulier
L’hémorragie intracérébrale débute soudainement et provoque souvent une céphalée intense, même si celle-ci peut être légère ou absente chez une personne âgée. [1] Elle peut entraîner en quelques secondes ou minutes une perte de connaissance, une diminution de la vigilance, une confusion, des nausées, des vomissements ou des convulsions. [1] Une faiblesse, une paralysie, une perte de sensibilité ou un engourdissement apparaissent souvent d’un seul côté du corps. [1] Des difficultés à parler, une confusion, une baisse de la vision ou une anomalie des mouvements des yeux peuvent aussi survenir brutalement. [1] Une petite hémorragie peut toutefois ne provoquer ni altération de la conscience ni céphalée importante. [1]
Comment une hémorragie intracérébrale est-elle évaluée et traitée ?
Une tomodensitométrie est réalisée immédiatement pour confirmer le saignement cérébral et le distinguer d’un accident vasculaire cérébral ischémique. [1] La glycémie est mesurée rapidement, car une hypoglycémie peut provoquer des manifestations ressemblant à celles d’un accident vasculaire cérébral. [1] Des analyses vérifient également le nombre de plaquettes et la capacité du sang à coaguler. [1] Une angiographie par scanner peut être réalisée pour rechercher une anomalie vasculaire comme un anévrisme ou une malformation artérioveineuse. [1]
Les personnes atteintes sont généralement admises en soins intensifs pour surveiller leur état, soutenir les fonctions vitales si nécessaire et traiter les complications. [1] Le traitement peut comprendre la prise en charge d’une tension artérielle très élevée et, chez une personne traitée par anticoagulant, des mesures hospitalières destinées à favoriser la coagulation. [1] Le traitement d’une hémorragie intracérébrale diffère de celui d’un AVC ischémique, car les anticoagulants, les thrombolytiques et les antiagrégants plaquettaires peuvent aggraver le saignement. [1] Une opération destinée à retirer le sang accumulé est rare, mais elle peut sauver la vie dans certaines hémorragies importantes du cervelet. [1] Lorsqu’une hydrocéphalie augmente la pression dans le cerveau, un drain ventriculaire externe peut être posé pour évacuer le liquide. [1]
Quels sont les principaux risques d’une hémorragie cérébrale ?
Une hémorragie cérébrale importante peut augmenter la pression à l’intérieur du crâne et comprimer les régions qui contrôlent la conscience et la respiration. [1] Cette complication peut conduire à une perte de connaissance, un coma, une respiration irrégulière ou au décès. [1] L’hydrocéphalie peut accentuer les céphalées, la somnolence, la confusion, les nausées et les vomissements, tout en augmentant le risque de coma et de décès. [1] Chez les survivants, la conscience et certaines fonctions cérébrales peuvent s’améliorer progressivement à mesure que le sang est résorbé, mais la récupération complète n’est pas garantie. [1]
Sources et références
[1] Hémorragie intracérébrale - Troubles du cerveau, de la moelle épinière et des nerfs - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-11
[2] Hémorragie interne - Lésions et intoxications - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[3] L'hémorragie | Croix-Rouge française
www.croix-rouge.fr · Consulté le 2026-09-15
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