Fractures du zygoma : signes, diagnostic et prise en charge

Trouver un professionnel
Chirurgie maxillo-faciale par ville
Le zygoma, aussi appelé os malaire ou os de la pommette, participe au relief de la joue ainsi qu’aux parois inférieure et latérale de l’orbite. [1] Une fracture peut toucher seulement l’arcade zygomatique ou intéresser plusieurs jonctions entre le zygoma et les autres os du visage, formant alors une fracture du complexe zygomaticomaxillaire. [1] Ces fractures peuvent modifier le contour du visage, gêner l’ouverture de la bouche, perturber la sensibilité de la joue ou s’accompagner d’une atteinte de l’orbite et de l’œil. [1]
Arcade zygomatique et complexe zygomaticomaxillaire : quelles différences ?
L’arcade zygomatique forme la projection latérale du milieu du visage et contribue notamment à la largeur des joues. [1] Une fracture enfoncée de cette arcade peut entraver le mouvement du muscle temporal et provoquer un trismus, c’est-à-dire une limitation de l’ouverture de la bouche. [1] Le complexe zygomaticomaxillaire correspond aux quatre articulations osseuses qui relient le zygoma aux structures voisines du visage. [1] Une fracture de ce complexe peut également atteindre le rebord ou le plancher de l’orbite, ce qui explique la nécessité d’évaluer les structures oculaires associées. [1]
Quelles sont les causes et les manifestations possibles ?
Les fractures du zygoma résultent généralement d’un choc important au visage, notamment lors d’une agression, d’un accident de la circulation, d’une chute ou d’une activité sportive. [1] L’aspect du traumatisme, sa date et son caractère contondant ou pénétrant sont importants pour rechercher d’éventuelles lésions plus profondes. [1]
L’examen peut retrouver une joue aplatie, une asymétrie du visage, des ecchymoses, une plaie ou un saignement de nez du côté atteint. [1] Le gonflement des tissus après le choc peut toutefois masquer initialement l’aplatissement de la pommette. [1] Une diminution de la sensibilité peut concerner la joue, la lèvre supérieure, le côté du nez ou les dents supérieures antérieures en raison de la proximité du nerf infraorbitaire. [1] Une vision double, une baisse de l’acuité visuelle, une limitation des mouvements de l’œil ou un œil paraissant plus enfoncé peuvent traduire une atteinte orbitaire associée. [1] D’autres fractures du visage, une atteinte du rachis cervical ou une lésion du globe oculaire peuvent coexister avec la fracture du zygoma. [1]
Comment le diagnostic est-il établi ?
L’évaluation commence par la recherche des conséquences générales du traumatisme, en particulier sur les voies respiratoires, la respiration, les saignements et le rachis cervical. [1] Le professionnel examine ensuite la symétrie du visage, palpe les reliefs osseux et recherche une mobilité anormale ou un décalage entre les fragments. [1] L’examen neurologique porte notamment sur la sensibilité du visage et les mouvements des muscles faciaux. [1] L’évaluation oculaire comprend l’acuité et le champ visuels ainsi que les mouvements des yeux. [1]
Une imagerie est nécessaire lorsqu’une fracture de l’arcade zygomatique ou du complexe zygomaticomaxillaire est suspectée. [1] Le scanner constitue l’examen d’imagerie de référence pour préciser les traits de fracture, leur déplacement et les structures voisines atteintes. [1] Une reconstruction en trois dimensions peut aider à préparer une intervention, mais les données ne justifient pas l’utilisation systématique d’un scanner pendant l’opération. [1] L’échographie peropératoire a montré des résultats encourageants pour contrôler certaines réductions dans une série limitée à six adultes présentant des fractures non comminutives, ce qui ne permet pas d’en faire une méthode de référence générale. [2]
Quels sont les principes de la prise en charge ?
La prise en charge est individualisée selon le type de fracture, le déplacement des fragments, leur stabilité, les troubles fonctionnels, l’aspect du visage et les autres lésions associées. [1] Une fracture sans déplacement ou très peu déplacée peut parfois être surveillée sans intervention chirurgicale. [1] Une réduction consiste à replacer les fragments osseux dans une position adaptée afin de restaurer le relief et le fonctionnement du milieu du visage. [1] Une réduction fermée peut suffire pour certaines fractures simples de l’arcade qui sont peu déplacées et restent stables après leur remise en place. [1] Une réduction ouverte avec fixation interne est généralement envisagée lorsque la fracture comporte plusieurs fragments ou risque de rester instable. [1] Les troubles pouvant motiver une correction comprennent notamment l’aplatissement de la pommette, le trismus, la vision double, l’enfoncement de l’œil et les troubles sensitifs liés au nerf infraorbitaire. [1]
Une lésion suspectée du globe oculaire doit être prise en charge avant une intervention sur les fractures du squelette facial. [1] L’intérêt de réparer simultanément le plancher de l’orbite dépend de l’étendue de la lésion et de conséquences telles qu’une incarcération musculaire, une vision double persistante ou un enfoncement de l’œil. [1] Les données disponibles ne soutiennent pas l’emploi systématique d’antibiotiques préventifs pour toutes les fractures de la partie supérieure ou moyenne du visage. [1] La décision d’utiliser des antibiotiques dépend donc de la situation clinique et ne doit pas être assimilée à une règle commune à toutes les fractures du zygoma. [1]
Quelle évolution et quelles complications sont possibles ?
L’évolution dépend notamment de la complexité de la fracture et de la qualité du repositionnement des fragments. [1] Les fractures comminutives, dans lesquelles l’os est brisé en plusieurs fragments, ont des résultats moins favorables que les fractures non comminutives et nécessitent plus souvent une nouvelle correction. [1] Une asymétrie du visage, une vision double, un œil enfoncé, une gêne de l’articulation de la mâchoire ou une réduction insuffisante peuvent conduire à envisager une reprise chirurgicale. [1] Un trouble de la sensibilité lié au nerf infraorbitaire ou une limitation de l’ouverture buccale peuvent persister après le traumatisme et son traitement. [1]
Les autres complications décrites comprennent la douleur, l’infection, les cicatrices, les saignements, la faiblesse faciale et les problèmes liés au matériel de fixation. [1] Les complications orbitaires peuvent affecter la vision, la position de l’œil, les paupières, la cornée ou les mouvements oculaires. [1] Après une opération, un suivi rapproché sert notamment à repérer les complications infectieuses et les troubles visuels. [1]
Peut-on prévenir une fracture du zygoma ?
Le port correct d’un casque muni d’une protection faciale peut réduire le risque de fracture du zygoma lors de certains sports ou de l’utilisation d’un véhicule exposant le visage aux chocs. [1] Cette protection contribue également à prévenir d’autres traumatismes de la tête, notamment les fractures du crâne et les lésions cérébrales traumatiques. [1]
Sources et références
[1] Zygomatic Arch Fracture - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
[2] Intraoperative ultrasonographic evaluation of inferior orbital rim reduction in non-comminuted zygomatic fractures: A case series of six patients
www.ebi.ac.uk · Version : 2025-08-05 · Consulté le 2026-09-16
La téléconsultation peut être envisagée selon votre situation
- Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée
- Peut être remboursée selon conditions *
* Dans le cadre du parcours de soins coordonné. Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée à votre situation.
Téléconsultation : préparer votre rendez-vous
Une consultation à distance peut être envisagée avec votre médecin. Il détermine si elle convient à votre situation ou si un examen en présence est nécessaire.
Avant le rendez-vous
- Notez le motif de consultation, les symptômes et leur durée.
- Préparez la liste de vos traitements, vos allergies connues et les comptes rendus ou résultats déjà disponibles.
- Installez-vous dans un endroit calme et confidentiel, avec une connexion et un appareil permettant la vidéo.
Organiser la suite
Contactez votre médecin habituel ou le professionnel qui vous suit pour organiser la consultation. Selon votre situation, une consultation en présence pourra être nécessaire.
En cas d’urgence médicale, appelez le 15 ou le 112 ; n’attendez pas une téléconsultation.
Informations pratiques : Assurance Maladie — téléconsultation · Service Public — numéros d’urgence.