Fièvre de Lassa : transmission, symptômes, diagnostic et prise en charge

La fièvre de Lassa est une maladie virale aiguë appartenant au groupe des fièvres hémorragiques virales. [1] [2] Elle est causée par le virus de Lassa, un virus de la famille des Arenaviridae, et sévit principalement en Afrique de l’Ouest. [1] [2] Beaucoup d’infections sont asymptomatiques ou légères, mais certaines évoluent vers une atteinte grave de plusieurs organes pouvant être mortelle. [1] [2]
Où la fièvre de Lassa est-elle présente ?
La maladie est endémique au Bénin, au Ghana, en Guinée, au Libéria, au Mali, au Nigeria et en Sierra Leone, et elle pourrait aussi être présente dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest. [1] Des cas sont rarement diagnostiqués chez des voyageurs revenant de ces zones. [1] Le paludisme, la fièvre typhoïde et d’autres infections tropicales restent toutefois beaucoup plus fréquents chez les voyageurs fébriles revenant d’Afrique de l’Ouest. [1]
Comment le virus de Lassa se transmet-il ?
La fièvre de Lassa est une zoonose, c’est-à-dire une infection transmise à l’être humain à partir d’un animal infecté. [1] Son principal réservoir est un rongeur du genre Mastomys, qui peut excréter le virus dans son urine et ses déjections sans être lui-même malade. [1] L’être humain est principalement contaminé par contact avec des rongeurs infectés ou avec des aliments et des objets domestiques souillés par leurs excréments. [1] [2]
Une transmission entre humains est possible par contact direct avec le sang, l’urine, les déjections ou d’autres sécrétions corporelles d’une personne infectée. [1] Cette transmission est surtout observée dans les établissements de soins lorsque les mesures de prévention des infections sont insuffisantes, notamment par l’intermédiaire de matériel médical contaminé. [1] [2] Aucune donnée épidémiologique n’atteste une transmission aérienne du virus entre humains. [1]
Quels sont les symptômes et les signes de gravité ?
L’OMS et l’Institut Pasteur indiquent une durée d’incubation comprise entre 2 et 21 jours, mais cette durée ne suffit pas à établir ou à exclure personnellement le diagnostic. [1] [2] Environ 80 % des personnes infectées ne présentent aucun symptôme ou ont seulement une forme légère. [1] Lorsque des symptômes apparaissent, le début est généralement progressif, avec de la fièvre, une faiblesse généralisée, des maux de tête et une altération de l’état général. [1] Une irritation de la gorge, des douleurs musculaires ou thoraciques, des nausées, des vomissements, une diarrhée, une toux et des douleurs abdominales peuvent ensuite survenir. [1]
Les formes graves peuvent provoquer un gonflement du visage, une accumulation de liquide autour des poumons, une chute de la pression artérielle et des saignements de la bouche, du nez, du vagin ou du tube digestif. [1] [2] À un stade tardif, un état de choc, des convulsions, des tremblements, une désorientation ou un coma peuvent apparaître. [1] La fièvre de Lassa est particulièrement grave pendant la grossesse, surtout en fin de grossesse, avec un risque élevé pour la mère et le fœtus. [1] [2]
Le taux global de létalité est estimé à environ 1 %, tandis qu’il atteint 15 % ou davantage parmi les personnes hospitalisées pour une forme sévère. [1] Ces chiffres ne sont pas directement comparables, car le second concerne des patients déjà hospitalisés pour une maladie grave. [1]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Les symptômes du début ne sont pas spécifiques et peuvent ressembler notamment à ceux du paludisme, de la fièvre typhoïde, de la shigellose, de la méningite ou d’autres fièvres hémorragiques virales. [1] Le diagnostic ne peut donc pas être posé à partir des symptômes seuls. [1] [2] Il est confirmé par des examens spécialisés tels que la RT-PCR, la recherche d’antigènes ou d’anticorps, ou plus rarement l’isolement du virus en culture cellulaire. [1] [2] Les prélèvements présentent un risque biologique très élevé et doivent être transportés, manipulés et analysés selon des règles strictes dans des laboratoires correctement équipés. [1] [2]
Quels sont les principes de la prise en charge ?
Une prise en charge précoce et intensive améliore les chances de survie. [1] [2] Les soins de soutien comprennent notamment la réhydratation, le traitement des symptômes et la gestion des complications telles que les hémorragies. [1] [2] L’OMS indique qu’aucun médicament antiviral n’est actuellement approuvé pour traiter la fièvre de Lassa. [1] La ribavirine a été utilisée, mais l’OMS souligne de grandes incertitudes concernant son efficacité et le schéma d’administration optimal. [1] Lorsqu’elle est envisagée, l’OMS précise que la décision doit, dans la mesure du possible, être prise dans le cadre d’un essai clinique randomisé évaluant son efficacité et son innocuité. [1]
Quelle évolution et quelles séquelles sont possibles ?
La convalescence peut être prolongée, avec une fatigue, un malaise ou des vertiges persistant plusieurs semaines chez certaines personnes. [1] [2] Une perte auditive soudaine peut apparaître pendant la maladie ou après la guérison et elle est permanente dans la plupart des cas rapportés par l’OMS. [1] Des séquelles neurologiques, visuelles, articulaires ou psychologiques ainsi qu’une perte de cheveux transitoire ont également été signalées. [1] Les personnes rétablies doivent bénéficier de soins adaptés aux séquelles qu’elles présentent. [1]
Comment réduire le risque de transmission ?
Dans les zones d’endémie, la prévention repose principalement sur la réduction des contacts avec les rongeurs et leurs excréments. [1] [2] Les aliments et les céréales doivent être conservés dans des récipients résistants aux rongeurs, les logements maintenus propres et les ordures éliminées loin des habitations. [1] [2] Les aliments doivent également être préparés dans de bonnes conditions, notamment en étant soigneusement cuits. [1] Lorsqu’un proche s’occupe d’une personne malade, il doit éviter tout contact avec son sang et ses liquides biologiques. [1] Dans les établissements de santé, les précautions standard sont complétées pour les cas suspects ou confirmés par des mesures destinées à éviter le contact avec les liquides biologiques ainsi qu’avec les surfaces, vêtements et linges contaminés. [1] Aucun vaccin homologué contre la fièvre de Lassa n’est actuellement disponible. [1] [2]
Pourquoi le contexte de voyage est-il important ?
Les professionnels de santé doivent envisager la fièvre de Lassa chez une personne fébrile revenant d’Afrique de l’Ouest, surtout lorsqu’une exposition a eu lieu dans une zone où la maladie est endémique. [1] [2] Devant un cas suspect, les professionnels doivent rapidement solliciter l’avis des experts locaux ou nationaux et organiser les analyses nécessaires. [1]
Sources et références
[1] Fièvre de Lassa
Organisation mondiale de la santé · Consulté le 2026-09-11
[2] Fièvre de Lassa : symptômes, traitement, prévention - Institut Pasteur
Institut Pasteur · Consulté le 2026-09-11
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