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Chikungunya : symptômes, diagnostic, traitements et prévention

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Maladies infectieuses et tropicales par ville

Le chikungunya est une maladie infectieuse causée par un virus transmis principalement à l’être humain par des moustiques du genre Aedes. [2] Il provoque habituellement une fièvre d’apparition brutale et d’importantes douleurs dans plusieurs articulations, auxquelles peuvent s’ajouter une éruption cutanée, des douleurs musculaires et des maux de tête. [2] La plupart des personnes guérissent de la phase aiguë, mais les douleurs ou l’inflammation articulaires peuvent persister ou récidiver pendant des mois, voire des années. [2]

Comment le chikungunya se transmet-il ?

Les principaux vecteurs du virus sont Aedes aegypti et Aedes albopictus, ce dernier étant couramment appelé moustique tigre. [2] Dans le cycle urbain, un moustique s’infecte en piquant une personne porteuse du virus, puis peut transmettre celui-ci à une autre personne lors d’une piqûre ultérieure. [2] Une transmission de la mère à l’enfant a également été documentée, notamment lorsque la mère présente le virus dans le sang autour de l’accouchement. [2] [3]

Quels sont les symptômes du chikungunya ?

Après une incubation habituellement décrite entre trois et sept jours, la maladie débute souvent par une forte fièvre soudaine et des douleurs articulaires sévères. [2] Les douleurs touchent fréquemment les deux côtés du corps et concernent surtout les mains, les poignets, les chevilles et les genoux. [2] Elles peuvent être accompagnées de douleurs musculaires et durer une à trois semaines, bien qu’une persistance plus longue soit possible. [2] Une éruption faite de taches et de petites lésions en relief peut apparaître quelques jours après le début de la fièvre, d’abord sur les membres puis parfois sur le tronc. [2] Des maux de tête, des douleurs abdominales, une diarrhée, des vomissements ou une augmentation du volume des ganglions peuvent aussi survenir. [2]

La maladie se manifeste-t-elle différemment chez l’enfant ?

Chez l’enfant, la fièvre et l’éruption cutanée sont fréquentes, tandis que les douleurs articulaires et leur persistance sont globalement moins fréquentes que chez l’adulte. [3] Chez le nourrisson, une irritabilité peut traduire une douleur difficile à exprimer, et certaines éruptions inhabituelles sont plus souvent rapportées que chez l’enfant plus âgé. [3] Les nouveau-nés infectés autour de la naissance peuvent développer une maladie sévère avec atteinte neurologique, circulatoire ou de plusieurs organes. [3] Des séquelles neurologiques et des troubles du développement ont été décrits après certaines infections périnatales. [3]

Pourquoi les symptômes ne suffisent-ils pas au diagnostic ?

Le diagnostic est envisagé à partir des symptômes, d’un séjour ou d’une résidence dans une zone de circulation virale et du contexte épidémiologique local. [2] La fièvre, les douleurs articulaires et l’éruption ne sont toutefois pas propres au chikungunya. [2] La dengue et l’infection par le virus Zika peuvent notamment circuler dans les mêmes régions, être transmises par les mêmes moustiques et provoquer des manifestations qui se recouvrent. [2] Une évaluation médicale peut donc être nécessaire pour distinguer ces infections et rechercher d’autres causes de fièvre, d’éruption ou de douleurs articulaires. [2]

Quels examens peuvent confirmer l’infection ?

Au début de la maladie, une analyse par RT-PCR peut rechercher directement le matériel génétique du virus dans un prélèvement. [2] La synthèse clinique disponible situe principalement l’utilisation de la RT-PCR dans les cinq premiers jours de maladie. [2] Après cette phase initiale, des tests sérologiques peuvent rechercher les anticorps IgM et IgG dirigés contre le virus. [2] Le choix et l’interprétation du test dépendent ainsi du temps écoulé depuis le début des symptômes. [2] Selon le contexte clinique et épidémiologique, la recherche d’une dengue, d’une infection à virus Zika ou d’une co-infection peut également être envisagée. [2]

Comment le chikungunya est-il traité ?

Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique largement disponible contre le chikungunya, et la prise en charge est principalement destinée à soulager les symptômes. [2] Les soins généraux comprennent notamment le repos, une hydratation adaptée et le traitement de la douleur. [2] Le paracétamol est cité comme option habituelle pour contrôler la douleur et la fièvre. [2]

L’aspirine et les anti-inflammatoires non stéroïdiens doivent être évités tant qu’une dengue n’a pas été exclue, en raison du risque de complications hémorragiques associé à cette dernière. [2]

Quel suivi en cas de douleurs persistantes ?

La manifestation chronique la plus fréquente est une atteinte inflammatoire des articulations, avec douleurs et gonflements prolongés ou récidivants. [2] L’âge avancé et l’existence d’une maladie articulaire avant l’infection sont associés à un risque plus important de symptômes chroniques sévères. [2] Lorsque les symptômes articulaires persistent, une évaluation rhumatologique peut être nécessaire pour préciser leur nature et adapter leur prise en charge. [2] Des traitements anti-inflammatoires ou agissant sur l’immunité peuvent être utilisés dans certaines arthrites persistantes, mais leur choix relève d’une prise en charge médicale individualisée. [2]

Quelles complications sont possibles ?

Des complications neurologiques telles qu’une encéphalite ou un syndrome de Guillain-Barré sont moins fréquentes que les symptômes articulaires, mais peuvent être sévères. [2] Des atteintes oculaires sont également possibles, notamment une inflammation de différentes structures de l’œil pouvant parfois altérer la vision. [2] Les personnes âgées, immunodéprimées ou atteintes d’une maladie articulaire préexistante peuvent présenter des formes plus difficiles ou une morbidité accrue. [2]

Comment réduire le risque de piqûre et de transmission ?

La prévention repose d’abord sur la protection contre les moustiques et sur la réduction de leurs lieux de reproduction. [2] Les principales mesures individuelles comprennent l’utilisation de répulsifs, le port de vêtements couvrants et l’emploi de moustiquaires lorsque cela est nécessaire. [2] Un logement climatisé ou muni de moustiquaires aux ouvertures contribue également à limiter l’exposition. [2] Éliminer les eaux stagnantes autour du logement réduit les sites où les moustiques peuvent se reproduire. [2] Comme les moustiques Aedes piquent notamment pendant la journée, la protection ne doit pas être limitée à la nuit. [2] Une personne chez laquelle un chikungunya est suspecté ou confirmé doit poursuivre les précautions contre les moustiques pendant la première semaine de maladie afin de réduire le risque de transmission à d’autres personnes par l’intermédiaire des moustiques. [2]

Quelle est la place de la vaccination ?

En France, deux vaccins sont indiqués par la source publique disponible pour prévenir l’infection chez les personnes de 12 ans et plus séjournant au moins un mois dans une zone où le virus circule activement. [1] La stratégie vaccinale dépend notamment de la situation épidémiologique, de l’âge, des maladies associées et de l’existence d’une immunodépression. [1] Ixchiq, qui est un vaccin vivant, est contre-indiqué chez les personnes immunodéprimées et en cas d’hypersensibilité à l’un de ses composants. [1] La source française ne recommande pas Ixchiq chez les personnes de plus de 65 ans ni pendant la grossesse ou l’allaitement. [1] Vimkunya, qui n’est pas un vaccin vivant, est contre-indiqué en cas d’hypersensibilité à l’un de ses composants et n’est pas recommandé pendant la grossesse ou l’allaitement faute de données suffisantes. [1] La vaccination ne remplace pas les mesures de protection contre les piqûres de moustiques. [1] [2]

Sources et références

[2] Chikungunya Fever - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

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