Escarre : signes, évaluation, traitement et prévention

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Conseils plaie et cicatrisation par ville
Une escarre est une zone où la peau et les tissus situés dessous sont endommagés par une pression prolongée ou par des frottements. [1] Elle apparaît surtout lorsqu’une difficulté à bouger maintient le poids du corps sur les mêmes zones. [1] Une escarre peut commencer par une modification persistante de la couleur, de la température ou de la consistance de la peau avant de devenir une cloque ou une plaie ouverte. [1] [2] La prise en charge vise à soulager la pression, protéger la plaie, favoriser sa cicatrisation et prévenir l’apparition de nouvelles lésions. [1] [2]
Où et comment une escarre se manifeste-t-elle ?
Les escarres se forment habituellement sur les parties osseuses du corps, notamment les talons, les coudes, les hanches et la région du coccyx. [1] Chez le nouveau-né, le nourrisson et l’enfant, l’arrière de la tête constitue également une zone particulière à surveiller. [2] Un signe précoce possible est une zone colorée qui ne pâlit pas lorsqu’on appuie dessus. [1] [2] Cette zone est souvent rouge sur une peau blanche, tandis qu’elle peut paraître violette ou bleue sur une peau brune ou noire. [1] La peau atteinte peut aussi être plus chaude, plus dure ou au contraire spongieuse. [1] [2] Une douleur, une gêne ou des démangeaisons peuvent accompagner ces changements. [1] [2] La lésion se développe souvent progressivement, mais elle peut parfois apparaître en quelques heures. [1] Sans traitement, elle peut atteindre des couches plus profondes de la peau, puis les muscles et les os. [1]
Qui présente un risque accru d’escarre ?
Toute personne peut développer une escarre, mais le risque augmente nettement lorsque la mobilité est limitée ou que la personne ne peut pas changer seule de position. [1] [2] Une perte importante de sensibilité peut empêcher de ressentir la pression ou la douleur qui signaleraient normalement la nécessité de bouger. [1] [2] Les antécédents d’escarre, une escarre actuelle, une dénutrition ou des troubles cognitifs importants font aussi partie des facteurs pris en compte lors de l’évaluation du risque. [2] Le risque est également plus élevé après une maladie grave en réanimation, après une intervention chirurgicale, en cas d’insuffisance pondérale ou lorsque la peau est fragile, gonflée, humide ou déjà lésée. [1] Une mauvaise circulation sanguine peut rendre les tissus plus vulnérables aux dommages provoqués par la pression. [1] [2] Le risque doit être réévalué lorsque l’état clinique, la maladie sous-jacente ou la mobilité changent. [2]
Comment une escarre est-elle évaluée ?
L’évaluation examine l’intégrité et la couleur de la peau ainsi que les variations de chaleur, de fermeté et d’humidité dans les zones soumises à la pression. [2] La douleur ou la gêne rapportée par la personne fait également partie de cette évaluation. [2] Lorsqu’une escarre est présente, les professionnels consignent sa surface, estiment sa profondeur et recherchent une extension sous les bords de la plaie. [2] La plaie est classée à l’aide d’un système validé afin d’orienter les mesures de prévention et le traitement. [2] Cette classification est réévaluée et documentée au cours du suivi. [2] Chez l’adulte ayant une escarre, une évaluation nutritionnelle permet de rechercher une éventuelle carence susceptible de nécessiter une prise en charge adaptée. [2]
Quels sont les principes du traitement ?
Le traitement dépend de la gravité et des caractéristiques de l’escarre. [1] [2] Changer régulièrement de position et décharger la zone atteinte réduisent la pression exercée sur les tissus. [1] [2] Des matelas, coussins ou autres surfaces conçus pour redistribuer la pression peuvent compléter ces changements de position. [1] [2] Le pansement est choisi en tenant compte de la douleur, de la localisation de la plaie, de la quantité d’écoulement et de la fréquence nécessaire des changements. [2] Pour les escarres des catégories 2 à 4, un pansement maintenant un environnement chaud et humide favorable à la cicatrisation peut être envisagé. [2] La nécessité d’enlever les tissus morts, appelée débridement, est évaluée selon la quantité de tissu nécrosé, la taille et la profondeur de l’escarre, les autres maladies et la tolérance de la personne. [2] Chez l’adulte, des antibiotiques par voie générale sont indiqués en présence de signes cliniques de sepsis, de cellulite infectieuse qui s’étend ou d’infection osseuse sous-jacente. [2] Ils ne sont pas prescrits uniquement pour faire cicatriser l’escarre ni sur la seule base d’un prélèvement de plaie positif sans signe clinique d’infection. [2] Une intervention chirurgicale peut être nécessaire pour nettoyer et fermer une escarre sévère ou lorsque les autres traitements n’ont pas fonctionné. [1]
Quand demander une évaluation médicale ?
Une zone cutanée suspecte doit être montrée à un professionnel de santé afin de rechercher une escarre et d’évaluer sa gravité. [1] [2]
Demandez une évaluation médicale urgente si une escarre possible ou connue s’accompagne d’une peau chaude, gonflée ou rouge, cette rougeur pouvant paraître bleue ou violette sur une peau brune ou noire. [1] Une évaluation médicale urgente est également nécessaire si du pus sort de la plaie, si une forte fièvre apparaît ou si la douleur est sévère ou s’aggrave. [1]
Comment prévenir une escarre ou sa récidive ?
La prévention repose d’abord sur une évaluation individualisée du risque et sur un plan tenant compte de la mobilité, de la capacité à changer de position, des autres maladies et des préférences de la personne. [2] Les changements de position doivent être réguliers et une aide humaine ou du matériel adapté est nécessaire lorsque la personne ne peut pas se repositionner seule. [1] [2] La fréquence appropriée des changements de position est déterminée et consignée selon le niveau de risque et la situation individuelle. [2] La peau doit être contrôlée régulièrement, en particulier sur les zones d’appui, pour repérer rapidement une modification de couleur, de chaleur, de fermeté ou d’humidité. [1] [2] Il ne faut pas masser ni frotter la peau dans le but de prévenir une escarre. [2] Des matelas ou coussins redistribuant la pression peuvent être proposés selon le risque, les zones exposées et le temps passé au lit, en fauteuil roulant ou en position assise. [2] Une alimentation équilibrée contribue au maintien d’un état nutritionnel adéquat, mais des compléments nutritionnels ne sont pas recommandés uniquement pour prévenir ou traiter une escarre lorsque les apports sont déjà suffisants. [1] [2] Chez une personne ayant déjà une escarre, la prévention reste nécessaire pendant le traitement car cet antécédent correspond à un risque élevé de nouvelle lésion. [2]
Sources et références
[1] Pressure ulcers (pressure sores) - NHS
NHS · Consulté le 2026-09-11
[2] Recommendations | Pressure ulcers: prevention and management | Guidance | NICE
www.nice.org.uk · Consulté le 2026-09-11
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