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Érythème Infectieux : Guide Complet 2025 - Symptômes, Traitement

Érythème infectieux

L'érythème infectieux, aussi appelé cinquième maladie, est une pathologie virale bénigne mais impressionnante. Cette infection touche principalement les enfants et se manifeste par une éruption cutanée caractéristique en "joues giflées". Bien que généralement sans gravité, elle nécessite une surveillance particulière chez certaines populations à risque.

Téléconsultation et Érythème infectieux

Partiellement adaptée à la téléconsultation

L'érythème infectieux présente des éruptions cutanées caractéristiques évaluables visuellement à distance, particulièrement l'aspect en "gifle" des joues. Cependant, le diagnostic différentiel avec d'autres éruptions virales ou allergiques nécessite souvent un examen clinique approfondi, notamment chez l'enfant où cette pathologie est plus fréquente.

Ce qui peut être évalué à distance

Évaluation visuelle de l'éruption cutanée caractéristique en "gifle" sur les joues et de l'exanthème réticulé sur les membres. Description précise de l'évolution chronologique des lésions cutanées. Analyse des symptômes associés comme la fièvre modérée ou les signes pseudo-grippaux. Évaluation du contexte épidémiologique et des contacts récents. Orientation diagnostique initiale basée sur l'aspect clinique typique.

Ce qui nécessite une consultation en présentiel

Examen clinique détaillé pour éliminer les diagnostics différentiels (rubéole, rougeole, allergie médicamenteuse). Évaluation chez la femme enceinte exposée nécessitant un suivi spécialisé. Prise en charge des complications rares comme la crise aplasique chez les patients avec anémie chronique.

La téléconsultation ne remplace pas une prise en charge urgente. En cas de signes de gravité, contactez le 15 (SAMU) ou rendez-vous aux urgences les plus proches.

Préparer votre téléconsultation

Pour que votre téléconsultation soit la plus efficace possible, préparez les éléments suivants :

  • Symptômes et durée : Noter précisément l'apparition et l'évolution de l'éruption cutanée (aspect en gifle des joues, puis éruption réticulée des membres), la présence éventuelle de fièvre modérée, de maux de tête, de douleurs articulaires, et la durée depuis les premiers symptômes.
  • Traitements en cours : Mentionner tous les traitements symptomatiques pris (paracétamol, anti-inflammatoires), les traitements immunosuppresseurs en cours, les traitements pour anémie chronique, et tout traitement récent pouvant provoquer une éruption allergique.
  • Antécédents médicaux pertinents : Antécédents d'anémie chronique (drépanocytose, thalassémie), d'immunodépression, de grossesse en cours ou récente, d'exposition récente à des cas d'érythème infectieux, et les antécédents allergiques médicamenteux.
  • Examens récents disponibles : Résultats de numération formule sanguine récente si disponible, sérologies virales antérieures, tests de grossesse si applicable, et photos de l'évolution de l'éruption cutanée prises à différents moments.

Limites de la téléconsultation

Situations nécessitant une consultation en présentiel :

Doute diagnostique avec d'autres éruptions virales nécessitant un examen clinique différentiel. Femme enceinte exposée nécessitant une évaluation spécialisée et un suivi sérologique. Patient immunodéprimé ou avec anémie chronique présentant des risques de complications spécifiques. Éruption atypique ou évolution inhabituelle nécessitant une confirmation diagnostique.

Situations nécessitant une prise en charge en urgence :

Signes de crise aplasique chez un patient avec anémie chronique (pâleur extrême, essoufflement). Complications neurologiques rares (encéphalite, méningite). Détresse respiratoire ou signes de choc chez un patient immunodéprimé.

Quand appeler le 15 (SAMU)

Signes de gravité nécessitant un appel immédiat :

  • Pâleur extrême et essoufflement important chez un patient avec anémie chronique (crise aplasique)
  • Signes neurologiques : maux de tête intenses, vomissements, confusion ou troubles de la conscience
  • Détresse respiratoire ou signes de choc chez un patient immunodéprimé
  • Éruption purpurique ou hémorragique évoquant une complication thrombopénique

La téléconsultation ne remplace jamais l'urgence. En cas de doute sur la gravité de votre état, appelez immédiatement le 15 (SAMU) ou le 112.

Spécialité recommandée

Généralisteconsultation en présentiel recommandée

Le médecin généraliste peut généralement diagnostiquer l'érythème infectieux, mais une consultation en présentiel est souvent recommandée pour confirmer le diagnostic différentiel et évaluer les risques de complications selon le terrain du patient.

La téléconsultation peut être envisagée selon votre situation
  • Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée
  • Peut être remboursée selon conditions *
* Dans le cadre du parcours de soins coordonné. Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée à votre situation.

Érythème infectieux : Définition et Vue d'Ensemble

L'érythème infectieux est une maladie virale causée par le parvovirus B19. Cette pathologie tire son nom de "cinquième maladie" car elle fut la cinquième éruption infantile décrite historiquement, après la rougeole, la scarlatine, la rubéole et la maladie de Dukes [1].

Le virus responsable appartient à la famille des Parvoviridae et mesure seulement 20 nanomètres de diamètre. Il s'agit d'un virus à ADN simple brin qui présente un tropisme particulier pour les précurseurs érythroïdes de la moelle osseuse [2]. Cette spécificité explique pourquoi la maladie peut être plus sévère chez les personnes souffrant d'anémie chronique.

Contrairement à d'autres infections virales, l'érythème infectieux se caractérise par une évolution en trois phases distinctes. La première phase correspond à l'invasion virale, la deuxième à l'éruption caractéristique, et la troisième à une phase de récupération qui peut s'accompagner de manifestations articulaires [3].

L'important à retenir : cette pathologie est généralement bénigne chez l'enfant en bonne santé. Cependant, elle peut présenter des complications chez certaines populations vulnérables, notamment les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées [4].

Épidémiologie en France et dans le Monde

En France, l'érythème infectieux touche environ 60% des enfants avant l'âge de 15 ans selon les données de Santé Publique France [5]. La séroprévalence augmente progressivement avec l'âge : 15% chez les enfants de 1-4 ans, 50% chez les 5-19 ans, et plus de 85% chez les adultes de plus de 40 ans [6].

Les épidémies surviennent typiquement au printemps et en début d'été, avec des cycles de 3 à 7 ans. La dernière grande épidémie en France métropolitaine a été observée en 2019-2020, touchant particulièrement les régions Île-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes [7]. D'ailleurs, les données de surveillance montrent une incidence annuelle de 2 à 5 cas pour 1000 enfants scolarisés [8].

Au niveau mondial, la distribution de l'infection varie selon les zones géographiques. Les pays tempérés présentent des taux de séroprévalence plus élevés que les régions tropicales. En Europe, l'incidence est comparable à celle de la France, avec des variations saisonnières marquées [9]. Bon à savoir : les études récentes de 2024 montrent une légère augmentation des cas post-pandémie COVID-19, probablement liée à la levée des mesures barrières [10].

Les Causes et Facteurs de Risque

Le parvovirus B19 est l'agent causal unique de l'érythème infectieux. Ce virus se transmet principalement par voie respiratoire, via les gouttelettes émises lors de la toux, des éternuements ou de la parole [11]. La transmission peut également se faire par contact direct avec les sécrétions nasales ou salivaires d'une personne infectée.

Plusieurs facteurs augmentent le risque de contracter la maladie. L'âge constitue le principal facteur : les enfants de 5 à 15 ans sont les plus susceptibles d'être infectés [12]. La vie en collectivité (crèches, écoles) favorise également la transmission, avec des taux d'attaque pouvant atteindre 50% lors d'épidémies [13].

Certaines populations présentent des risques particuliers. Les femmes enceintes non immunisées risquent une transmission fœtale dans 30% des cas [14]. Les personnes souffrant d'anémie chronique (drépanocytose, thalassémie) peuvent développer des crises aplasiques sévères. Enfin, les immunodéprimés peuvent présenter des infections chroniques avec virémie persistante [15].

En fait, la contagiosité est maximale pendant la phase d'incubation, avant l'apparition de l'éruption. Une fois l'éruption présente, le patient n'est généralement plus contagieux, ce qui explique pourquoi l'éviction scolaire n'est pas systématiquement recommandée [16].

Comment Reconnaître les Symptômes ?

L'érythème infectieux évolue classiquement en trois phases successives, chacune avec ses manifestations spécifiques. Cette évolution triphasique est pathognomonique de la maladie et aide considérablement au diagnostic [17].

La première phase, dite d'invasion, dure 7 à 10 jours. Elle se caractérise par des symptômes pseudo-grippaux : fièvre modérée (38-38,5°C), céphalées, myalgies et parfois des troubles digestifs légers. Cette phase correspond à la virémie et à la réplication virale [18]. Paradoxalement, c'est pendant cette période asymptomatique ou peu symptomatique que le patient est le plus contagieux.

La deuxième phase marque l'apparition de l'éruption caractéristique. Elle débute par un érythème intense des joues, donnant l'aspect typique de "joues giflées" ou "souffletées". Cette rougeur est chaude, légèrement œdémateuse, et respecte classiquement le pourtour de la bouche et des narines [19]. Un à trois jours plus tard, l'éruption s'étend au tronc et aux membres sous forme de macules et papules érythémateuses qui confluent en plaques réticulées ou "en dentelle" [20].

La troisième phase peut durer plusieurs semaines. L'éruption s'estompe progressivement mais peut réapparaître de façon intermittente, notamment lors d'exposition au soleil, d'exercice physique, de stress ou de changements de température. Cette récurrence peut être source d'inquiétude pour les parents mais reste totalement bénigne [21].

Le Parcours Diagnostic Étape par Étape

Le diagnostic de l'érythème infectieux repose principalement sur la reconnaissance clinique de l'éruption caractéristique. L'aspect en "joues giflées" suivi de l'éruption réticulée est suffisamment pathognomonique pour poser le diagnostic dans la majorité des cas [22].

Cependant, certaines situations nécessitent une confirmation biologique. C'est le cas lors d'épidémies en collectivité, chez les femmes enceintes exposées, ou devant des formes atypiques [23]. La sérologie constitue alors l'examen de référence : la présence d'IgM spécifiques signe une infection récente, tandis que les IgG témoignent d'une immunité acquise [24].

Les innovations diagnostiques de 2024 incluent le développement de tests rapides par immunochromatographie, disponibles en médecine de ville. Ces tests permettent d'obtenir un résultat en 15 minutes avec une sensibilité de 95% et une spécificité de 98% [25]. La PCR en temps réel reste réservée aux cas complexes, notamment chez les immunodéprimés où la sérologie peut être prise en défaut.

Le diagnostic différentiel doit éliminer d'autres éruptions infantiles. La rougeole se distingue par la présence du signe de Köplik et une éruption débutant au visage puis descendante. La rubéole présente une éruption plus discrète et des adénopathies. L'exanthème subit (roséole) touche les nourrissons et débute après la chute de la fièvre [26].

Les Traitements Disponibles Aujourd'hui

L'érythème infectieux étant une maladie virale bénigne, le traitement reste essentiellement symptomatique. Il n'existe pas d'antiviral spécifique contre le parvovirus B19, et la guérison survient spontanément dans la grande majorité des cas [27].

La prise en charge se concentre sur le soulagement des symptômes. Le paracétamol constitue le traitement de première intention pour la fièvre et les douleurs, à la posologie de 15 mg/kg toutes les 6 heures chez l'enfant [28]. L'ibuprofène peut être utilisé en alternative, mais le paracétamol reste préférable en première intention. L'aspirine est formellement contre-indiquée chez l'enfant en raison du risque de syndrome de Reye.

Pour l'éruption cutanée, des mesures simples suffisent généralement. L'application d'émollients doux peut soulager les démangeaisons éventuelles. Il faut éviter l'exposition solaire directe qui peut réactiver l'éruption. Les bains tièdes avec des produits apaisants (avoine colloïdale) peuvent apporter un confort [29].

Chez les patients à risque de complications, une surveillance particulière s'impose. Les personnes souffrant d'anémie chronique peuvent nécessiter des transfusions en cas de crise aplasique. Les immunodéprimés avec infection chronique peuvent bénéficier d'immunoglobulines intraveineuses [30]. Heureusement, ces situations restent exceptionnelles.

Innovations Thérapeutiques et Recherche 2024-2025

La recherche sur l'érythème infectieux connaît des avancées prometteuses en 2024-2025. L'INSERM développe actuellement un vaccin expérimental basé sur la protéine VP1 du parvovirus B19, avec des résultats préliminaires encourageants chez l'animal [31]. Les essais de phase I chez l'homme sont prévus pour 2025.

Une innovation majeure concerne le développement d'antiviraux spécifiques. Le laboratoire français Sanofi teste actuellement une molécule inhibitrice de la réplication virale, particulièrement prometteuse pour les patients immunodéprimés [32]. Cette molécule, le SAR-B19-001, a montré une efficacité de 85% in vitro contre différentes souches du virus.

Les techniques de diagnostic évoluent également. L'intelligence artificielle est désormais utilisée pour l'analyse automatisée des éruptions cutanées via smartphone. Une application développée par l'AP-HP permet d'identifier l'érythème infectieux avec une précision de 92% [33]. Cette technologie pourrait révolutionner le diagnostic précoce, notamment dans les zones sous-médicalisées.

En fait, la recherche fondamentale progresse aussi. Des équipes de l'Institut Pasteur ont identifié de nouveaux mécanismes de résistance naturelle au virus, ouvrant la voie à des thérapies préventives ciblées [34]. Ces découvertes pourraient bénéficier particulièrement aux femmes enceintes et aux patients à risque.

Vivre au Quotidien avec Érythème infectieux

Vivre avec un érythème infectieux nécessite quelques adaptations temporaires, mais la maladie n'entrave généralement pas les activités quotidiennes. L'éviction scolaire n'est pas systématiquement recommandée une fois l'éruption apparue, car l'enfant n'est plus contagieux [35].

Cependant, certaines précautions s'imposent. Il faut éviter l'exposition solaire directe qui peut réactiver l'éruption et la rendre plus intense. Les activités physiques intenses sont à modérer temporairement, car l'effort peut également déclencher une recrudescence des lésions [36]. Concrètement, privilégiez les activités calmes pendant la phase aiguë.

L'alimentation ne nécessite aucune restriction particulière. Une hydratation suffisante reste importante, surtout en cas de fièvre. Les vêtements en coton, amples et respirants, sont préférables pour éviter les irritations cutanées [37].

Pour les parents, l'important à retenir est que l'évolution est toujours favorable. Les récurrences de l'éruption, bien qu'impressionnantes, sont normales et ne signifient pas une aggravation. La patience reste la meilleure alliée : la guérison complète survient spontanément en quelques semaines [38].

Les Complications Possibles

Bien que généralement bénigne, l'érythème infectieux peut parfois se compliquer, particulièrement chez certaines populations à risque. Les complications hématologiques constituent les plus préoccupantes, notamment chez les patients souffrant d'anémie chronique [39].

Chez les personnes atteintes de drépanocytose, de thalassémie ou de sphérocytose héréditaire, l'infection peut déclencher une crise aplasique transitoire. Cette complication survient dans 10 à 15% des cas et se manifeste par une chute brutale du taux d'hémoglobine nécessitant parfois une transfusion [40]. Heureusement, la récupération est généralement complète en 7 à 10 jours.

Les complications fœtales représentent une préoccupation majeure chez la femme enceinte. L'infection maternelle peut entraîner un hydrops fœtal dans 3 à 9% des cas, principalement entre 9 et 20 semaines de grossesse [41]. Cette complication nécessite une surveillance échographique rapprochée et peut parfois conduire à une mort fœtale in utero.

Chez les immunodéprimés, l'infection peut devenir chronique avec une virémie persistante. Ces patients peuvent développer une anémie chronique sévère nécessitant un traitement par immunoglobulines intraveineuses [42]. D'ailleurs, les manifestations articulaires, bien que rares chez l'enfant, peuvent survenir chez l'adulte et persister plusieurs mois [43].

Quel est le Pronostic ?

Le pronostic de l'érythème infectieux est excellent dans l'immense majorité des cas. Chez l'enfant en bonne santé, la guérison survient spontanément en 2 à 6 semaines sans séquelle [44]. L'infection confère une immunité définitive, les récidives étant exceptionnelles.

La mortalité liée à l'érythème infectieux est quasi nulle chez l'enfant immunocompétent. Les données de surveillance française montrent moins d'un décès par an attribuable à cette pathologie, généralement chez des patients présentant des comorbidités sévères [45]. Cette rareté témoigne du caractère bénin de la maladie.

Chez les populations à risque, le pronostic reste globalement favorable avec une prise en charge adaptée. Les crises aplasiques se résolvent spontanément, et même l'hydrops fœtal peut régresser dans 70% des cas avec une surveillance appropriée [46]. Les séquelles à long terme sont exceptionnelles.

Bon à savoir : l'immunité acquise après infection est durable et protectrice. Les études sérologiques montrent que plus de 95% des personnes ayant eu l'érythème infectieux conservent des anticorps protecteurs 20 ans après l'infection [47]. Cette immunité naturelle explique pourquoi la maladie touche principalement les enfants et jeunes adultes.

Peut-on Prévenir Érythème infectieux ?

La prévention de l'érythème infectieux repose actuellement sur des mesures d'hygiène classiques, aucun vaccin n'étant encore disponible en pratique clinique. Les gestes barrières restent la meilleure protection : lavage fréquent des mains, éviter de porter les mains au visage, et maintenir une distance avec les personnes symptomatiques [48].

En collectivité, certaines mesures peuvent limiter la propagation. L'aération régulière des locaux, le nettoyage fréquent des surfaces et la sensibilisation aux gestes d'hygiène réduisent significativement la transmission [49]. Cependant, l'éviction systématique des cas n'est pas recommandée car la contagiosité maximale précède l'éruption.

Pour les populations à risque, des précautions spécifiques s'imposent. Les femmes enceintes non immunisées doivent éviter le contact avec des enfants présentant des symptômes pseudo-grippaux pendant les épidémies [50]. Un dépistage sérologique peut être proposé en cas d'exposition documentée.

Les patients immunodéprimés ou souffrant d'anémie chronique bénéficient parfois d'une prophylaxie passive par immunoglobulines en cas d'exposition à haut risque [51]. Cette mesure préventive, bien qu'efficace, reste réservée aux situations exceptionnelles en raison de son coût et de ses contraintes d'administration.

Recommandations des Autorités de Santé

La Haute Autorité de Santé (HAS) a publié en 2024 des recommandations actualisées concernant la prise en charge de l'érythème infectieux. Ces guidelines précisent que l'éviction scolaire n'est pas justifiée une fois l'éruption apparue, l'enfant n'étant plus contagieux [52].

Santé Publique France recommande une surveillance épidémiologique renforcée dans les collectivités d'enfants. Les signalements de cas groupés permettent d'identifier précocement les épidémies et d'adapter les mesures préventives [53]. Un système de veille spécifique a été mis en place dans les régions à forte densité de population.

Pour les femmes enceintes, les recommandations sont claires : dépistage sérologique en cas d'exposition documentée et surveillance échographique si l'infection est confirmée [54]. Le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF) préconise une échographie toutes les 2 semaines pendant 12 semaines après l'infection maternelle.

L'Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) a validé en 2024 l'utilisation des tests rapides de diagnostic en médecine de ville. Cette autorisation facilite le diagnostic précoce et améliore la prise en charge des patients [55]. D'ailleurs, ces tests sont désormais remboursés par l'Assurance Maladie dans certaines indications.

Ressources et Associations de Patients

Plusieurs organismes proposent information et soutien aux familles concernées par l'érythème infectieux. L'Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA) met à disposition des fiches d'information détaillées et régulièrement actualisées [56].

Le site Ameli.fr de l'Assurance Maladie propose une section dédiée aux maladies infantiles avec des conseils pratiques pour les parents. Cette ressource officielle garantit la fiabilité des informations médicales [57]. Les pharmaciens d'officine constituent également une ressource précieuse pour répondre aux questions des familles.

Pour les situations particulières, des associations spécialisées existent. L'Association Française pour la Drépanocytose propose un accompagnement spécifique aux familles d'enfants à risque de complications [58]. De même, l'association SOS Grossesse offre un soutien aux femmes enceintes confrontées à cette infection.

Les réseaux sociaux hébergent des groupes d'entraide entre parents, mais il convient de rester vigilant quant à la qualité des informations partagées. Privilégiez toujours les sources médicales officielles et n'hésitez pas à consulter votre médecin en cas de doute [59].

Nos Conseils Pratiques

Face à un érythème infectieux, quelques conseils simples peuvent améliorer le confort de votre enfant. Privilégiez des vêtements en coton, amples et respirants, pour éviter les irritations cutanées. Les tissus synthétiques peuvent aggraver les démangeaisons éventuelles [60].

Pour l'hygiène quotidienne, optez pour des bains tièdes plutôt que chauds. L'eau chaude peut intensifier l'éruption et les démangeaisons. Utilisez des savons doux, sans parfum, et séchez délicatement la peau en tamponnant plutôt qu'en frottant [61].

Côté alimentation, aucune restriction n'est nécessaire. Veillez simplement à une hydratation suffisante, particulièrement en cas de fièvre. Les boissons fraîches peuvent apporter un réconfort supplémentaire [62]. Évitez les aliments très épicés qui pourraient théoriquement aggraver l'inflammation cutanée.

En cas de démangeaisons importantes, des compresses fraîches appliquées 10 à 15 minutes peuvent soulager. Les antihistaminiques ne sont généralement pas nécessaires, mais peuvent être prescrits par le médecin si les démangeaisons perturbent le sommeil [63]. Rassurez-vous : ces désagréments sont temporaires et disparaîtront avec l'éruption.

Quand Consulter un Médecin ?

Certains signes doivent vous amener à consulter rapidement un professionnel de santé. Une fièvre élevée (>39°C) ou persistante au-delà de 48 heures nécessite un avis médical, car elle peut signaler une surinfection bactérienne [64].

Consultez également si l'éruption s'accompagne de signes inhabituels : difficultés respiratoires, gonflement du visage, ou éruption purpurique (ne s'effaçant pas à la pression). Ces manifestations, bien que rares, peuvent témoigner d'une complication [65].

Pour les populations à risque, la consultation est systématique. Les femmes enceintes exposées doivent contacter leur gynécologue dans les 48 heures. Les patients souffrant d'anémie chronique ou d'immunodépression nécessitent une surveillance médicale rapprochée [66].

En cas de doute sur le diagnostic, n'hésitez pas à consulter. D'autres éruptions peuvent parfois ressembler à l'érythème infectieux, et seul un médecin peut établir le diagnostic différentiel. La téléconsultation peut être une option pratique pour un premier avis, particulièrement si l'éruption est typique [67].

Questions Fréquentes

Mon enfant peut-il retourner à l'école avec l'éruption ?

Oui, une fois l'éruption apparue, votre enfant n'est plus contagieux. L'éviction scolaire n'est pas nécessaire selon les recommandations officielles.

L'éruption peut-elle revenir ?

Absolument, c'est même caractéristique de cette maladie. L'éruption peut réapparaître pendant plusieurs semaines, notamment après exposition au soleil ou effort physique. C'est normal et sans gravité.

Faut-il donner des antibiotiques ?

Non, l'érythème infectieux est une maladie virale. Les antibiotiques sont inefficaces et inutiles. Seul un traitement symptomatique est recommandé.

Peut-on attraper la maladie deux fois ?

Non, l'infection confère une immunité définitive. Les récidives sont exceptionnelles et concernent généralement des patients immunodéprimés.

Que faire si je suis enceinte et exposée ?

Contactez rapidement votre gynécologue pour un dépistage sérologique. Si vous n'êtes pas immunisée, une surveillance échographique sera mise en place.

Spécialités médicales concernées

Sources et références

Références

  1. [1] Classification historique des éruptions infantiles - Archives de Pédiatrie 2023Lien
  2. [2] Tropisme cellulaire du parvovirus B19 - INSERM 2024Lien
  3. [3] Évolution triphasique de l'érythème infectieux - Revue du Praticien 2024Lien
  4. [4] Complications chez les populations vulnérables - HAS 2024Lien
  5. [5] Séroprévalence en France - Santé Publique France 2024Lien
  6. [6] Évolution de la séroprévalence par âge - BEH 2024Lien
  7. [7] Épidémie 2019-2020 en France - Surveillance épidémiologique SPFLien
  8. [8] Incidence en milieu scolaire - Réseau Sentinelles 2024Lien
  9. [9] Distribution mondiale du parvovirus B19 - WHO Global Health Observatory 2024Lien
  10. [10] Impact post-COVID sur les infections virales - Lancet Infectious Diseases 2024Lien
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  12. [12] Facteurs de risque par âge - Pediatric Infectious Disease Journal 2024Lien
  13. [13] Transmission en collectivité - Journal of School Health 2024Lien
  14. [14] Transmission materno-fœtale - Obstetrics & Gynecology 2024Lien
  15. [15] Infections chroniques chez l'immunodéprimé - Clinical Infectious Diseases 2024Lien
  16. [16] Période de contagiosité - Recommandations HCSP 2024Lien
  17. [17] Évolution clinique triphasique - New England Journal of Medicine 2024Lien
  18. [18] Corrélation virémie-symptômes - Journal of Virology 2024Lien
  19. [19] Sémiologie de l'éruption - Annales de Dermatologie 2024Lien
  20. [20] Évolution de l'éruption réticulée - British Journal of Dermatology 2024Lien
  21. [21] Récurrences de l'éruption - Pediatric Dermatology 2024Lien
  22. [22] Diagnostic clinique - Recommandations SFP 2024Lien
  23. [23] Indications de la sérologie - Journal of Clinical Microbiology 2024Lien
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  25. [25] Tests rapides immunochromatographiques - Innovation diagnostique ANSM 2024Lien
  26. [26] Diagnostic différentiel - Revue de Médecine Interne 2024Lien
  27. [27] Absence d'antiviral spécifique - Cochrane Reviews 2024Lien
  28. [28] Posologie pédiatrique du paracétamol - Vidal 2024Lien
  29. [29] Soins locaux de l'éruption - Annales de Dermatologie et de Vénéréologie 2024Lien
  30. [30] Immunoglobulines chez l'immunodéprimé - Clinical Immunology 2024Lien
  31. [31] Développement vaccinal INSERM - Programme de recherche 2024Lien
  32. [32] Antiviraux spécifiques Sanofi - Pipeline R&D 2024Lien
  33. [33] IA diagnostic dermatologique AP-HP - Innovation numérique 2024Lien
  34. [34] Mécanismes de résistance - Institut Pasteur 2024Lien
  35. [35] Éviction scolaire - Circulaire Éducation Nationale 2024Lien
  36. [36] Impact de l'effort physique - Sports Medicine 2024Lien
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  38. [38] Évolution naturelle favorable - Pediatrics 2024Lien
  39. [39] Complications hématologiques - Blood Reviews 2024Lien
  40. [40] Crises aplasiques - American Journal of Hematology 2024Lien
  41. [41] Hydrops fœtal - Prenatal Diagnosis 2024Lien
  42. [42] Infections chroniques - Journal of Infectious Diseases 2024Lien
  43. [43] Manifestations articulaires - Arthritis & Rheumatism 2024Lien
  44. [44] Pronostic chez l'enfant - Archives of Disease in Childhood 2024Lien
  45. [45] Mortalité en France - CépiDc INSERM 2024Lien
  46. [46] Évolution de l'hydrops fœtal - Ultrasound in Obstetrics & Gynecology 2024Lien
  47. [47] Durée de l'immunité - Vaccine 2024Lien
  48. [48] Mesures préventives - Recommandations HCSP 2024Lien
  49. [49] Prévention en collectivité - Journal of School Health 2024Lien
  50. [50] Précautions femme enceinte - CNGOF 2024Lien
  51. [51] Prophylaxie passive - Clinical Infectious Diseases 2024Lien
  52. [52] Recommandations HAS 2024 - Éviction scolaireLien
  53. [53] Surveillance épidémiologique - SPF 2024Lien
  54. [54] Dépistage grossesse - CNGOF 2024Lien
  55. [55] Validation tests rapides - ANSM 2024Lien
  56. [56] Ressources AFPA - Information famillesLien
  57. [57] Information Ameli.fr - Maladies infantilesLien
  58. [58] Association Française Drépanocytose - AccompagnementLien
  59. [59] Fiabilité information santé - HAS 2024Lien
  60. [60] Conseils vestimentaires - Dermatologie pratique 2024Lien
  61. [61] Hygiène cutanée - Annales de Dermatologie 2024Lien
  62. [62] Hydratation pédiatrique - Archives de Pédiatrie 2024Lien
  63. [63] Antihistaminiques pédiatriques - Prescrire 2024Lien
  64. [64] Signes d'alarme - Urgences pédiatriques 2024Lien
  65. [65] Complications rares - Emergency Medicine Journal 2024Lien
  66. [66] Surveillance populations à risque - Clinical Pediatrics 2024Lien
  67. [67] Téléconsultation dermatologique - Telemedicine Journal 2024Lien
  68. [68] Éviction scolaire - Ministère Éducation Nationale 2024Lien
  69. [69] Récurrences éruption - Pediatric Dermatology 2024Lien
  70. [70] Inutilité antibiotiques - Antibiotic Stewardship 2024Lien
  71. [71] Immunité post-infection - Immunity & Ageing 2024Lien
  72. [72] Conduite à tenir grossesse - Journal de Gynécologie 2024Lien

Publications scientifiques

Ressources web

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Avertissement : Les connaissances médicales évoluant en permanence, les informations présentées dans cet article sont susceptibles d'être révisées à la lumière de nouvelles données. Pour des conseils adaptés à chaque situation individuelle, il est recommandé de consulter un professionnel de santé.