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Drépanocytose : signes, diagnostic, traitements et suivi

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Drépanocytose par ville

La drépanocytose est un groupe de maladies génétiques héréditaires dans lesquelles une hémoglobine anormale, appelée hémoglobine S, déforme certains globules rouges et favorise leur destruction prématurée. [1] [2] Elle associe ainsi une anémie chronique à des obstructions de petits vaisseaux, susceptibles de provoquer des douleurs et des lésions dans différents organes. [1] Son expression varie selon le génotype et selon les personnes, depuis des manifestations limitées jusqu’à des crises récurrentes et des complications graves. [2]

Quelles formes font partie de la drépanocytose ?

La drépanocytose ne désigne pas uniquement la forme HbSS, aussi appelée anémie falciforme. [2] Elle comprend également la maladie HbSC, les associations entre l’hémoglobine S et certaines bêta-thalassémies, ainsi que d’autres variants rares responsables de manifestations drépanocytaires. [2] Ces formes partagent la présence d’hémoglobine S, mais leur sévérité et leurs complications peuvent différer. [2]

Le trait drépanocytaire correspond le plus souvent à la présence d’une seule copie du variant HbS et ne fait pas partie de la maladie drépanocytaire. [1] [2] Les personnes porteuses du trait ne présentent habituellement ni anémie hémolytique ni crises douloureuses drépanocytaires. [1] [2] Le trait peut néanmoins être associé à certaines complications, notamment une maladie rénale chronique, une embolie pulmonaire ou, plus rarement, du sang dans les urines. [1] [2]

Pourquoi les globules rouges se déforment-ils ?

Lorsque l’hémoglobine S manque d’oxygène, elle peut s’assembler en structures rigides qui donnent aux globules rouges une forme allongée ou en faucille. [1] [2] Ces globules rouges sont moins souples et circulent difficilement dans les petits vaisseaux, où ils peuvent réduire l’arrivée d’oxygène aux tissus. [1] Leur fragilité entraîne aussi une hémolyse, c’est-à-dire une destruction accélérée des globules rouges, à l’origine de l’anémie. [1] [2] La répétition des obstructions et de l’hémolyse explique que la maladie puisse toucher les os, la rate, les poumons, le cerveau, les reins, le cœur et d’autres organes. [1] [2]

Quels sont les signes de la drépanocytose ?

L’anémie peut provoquer une fatigue, une faiblesse et une pâleur. [1] La destruction des globules rouges peut aussi entraîner un ictère modéré, visible par une coloration jaunâtre de la peau ou du blanc des yeux. [1] [2] L’intensité des symptômes est variable, certaines personnes ayant peu de manifestations tandis que d’autres connaissent des épisodes sévères et répétés. [1]

La crise vaso-occlusive est un épisode douloureux lié à une diminution de la circulation sanguine dans les tissus. [2] La douleur peut être intense et toucher notamment les os longs, les mains, les pieds, le dos, les articulations, l’abdomen ou le thorax. [1] [2] Une infection, une baisse de l’oxygène sanguin, le froid ou une maladie peuvent favoriser une crise, même si certaines poussées surviennent sans cause identifiée. [1] [2]

Quelles complications peuvent survenir ?

Le syndrome thoracique aigu associe des manifestations pulmonaires pouvant comprendre une fièvre, une douleur thoracique, une gêne respiratoire et une baisse de l’oxygénation. [1] [2] Cette complication peut évoluer rapidement et être mortelle. [1] [2] Une aggravation brutale de l’anémie peut également résulter d’un arrêt temporaire de la production des globules rouges pendant certaines infections virales. [1] [2] Chez l’enfant, une accumulation rapide de cellules dans la rate peut augmenter le volume de cet organe et aggraver fortement l’anémie. [1] [2]

La rate est progressivement lésée chez de nombreuses personnes atteintes, ce qui augmente la sensibilité aux infections, notamment à pneumocoque. [1] [2] Les complications chroniques possibles comprennent notamment les accidents vasculaires cérébraux, les atteintes rénales, pulmonaires, cardiaques, osseuses ou oculaires, les calculs biliaires et les ulcères des jambes. [1] [2] Le priapisme est une érection persistante souvent douloureuse qui peut provoquer des lésions définitives et des troubles ultérieurs de l’érection. [1] [2]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic repose sur des analyses de sang permettant d’identifier et de différencier les types d’hémoglobine. [1] [2] L’électrophorèse de l’hémoglobine est l’un des examens utilisés pour détecter l’hémoglobine anormale et distinguer les principales formes de drépanocytose du trait drépanocytaire. [1] [2] Un frottis sanguin peut montrer des globules rouges en forme de faucille, mais l’identification du type d’hémoglobine reste nécessaire pour caractériser la maladie. [2] Des examens supplémentaires sont choisis selon les symptômes, par exemple une radiographie thoracique et une mesure de l’oxygénation en présence de douleur thoracique ou de difficulté respiratoire. [2]

L’analyse des proches peut révéler une drépanocytose ou un trait drépanocytaire et aider à évaluer le risque de transmission à un enfant. [1] Dans les familles à risque, une analyse génétique peut également être réalisée pendant la grossesse sur des cellules fœtales obtenues par prélèvement de villosités choriales ou amniocentèse. [1] [2]

Quels sont les principes du traitement ?

La prise en charge vise à prévenir les crises, réduire l’anémie, soulager les symptômes et traiter les complications. [1] Une crise douloureuse peut nécessiter des antalgiques, une correction de la déshydratation ou de l’hypoxie lorsqu’elles sont présentes, ainsi que le traitement d’un facteur déclenchant comme une infection. [1] [2] Certaines crises ou complications graves nécessitent une hospitalisation et peuvent justifier une transfusion sanguine. [1] [2] Une crise douloureuse non compliquée ne constitue toutefois pas à elle seule une indication de transfusion. [2]

L’hydroxyurée augmente la production d’hémoglobine fœtale, réduit la falciformation et diminue la fréquence des crises douloureuses et des syndromes thoraciques aigus. [1] [2] Ce traitement peut diminuer les neutrophiles et les plaquettes, ce qui impose une adaptation individuelle et une surveillance des numérations sanguines. [2] D’autres médicaments ciblant les crises vaso-occlusives existent, mais les données rapportées pour certaines de ces options restent limitées ou contradictoires. [2] La greffe de cellules souches hématopoïétiques peut être curative, mais elle est généralement envisagée dans des situations sélectionnées en raison de ses indications et de ses contraintes. [2]

Suivi et prévention des complications

Le suivi au long cours associe la prévention des infections, la surveillance des organes et l’adaptation des traitements à l’évolution de la maladie. [2] Les vaccinations contre le pneumocoque, le méningocoque, Haemophilus influenzae de type b, la grippe et la COVID-19 font partie des mesures recommandées dans les sources cliniques disponibles. [1] [2] Une antibioprophylaxie par pénicilline est utilisée chez les jeunes enfants afin de réduire le risque d’infection grave lié à la perte de fonction de la rate. [1] [2] Chez l’enfant, le Doppler transcrânien peut repérer un risque accru d’accident vasculaire cérébral et orienter une stratégie préventive. [2] Lorsque les transfusions sont fréquentes, une surcharge en fer peut apparaître et doit être recherchée puis traitée si nécessaire. [2]

Sources et références

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