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Entéroscopie à ballonnet : principe, indications, déroulement et risques

L’entéroscopie à ballonnet, aussi appelée entéroscopie assistée par ballon, est un examen endoscopique conçu pour explorer une grande partie de l’intestin grêle. [1] Elle peut servir à observer une lésion, à réaliser des biopsies et, dans certaines situations, à effectuer un traitement au cours de la même intervention. [1] Elle est le plus souvent proposée après un examen moins invasif, notamment une vidéocapsule endoscopique, qui aide à repérer la lésion et à choisir la voie d’introduction de l’endoscope. [1]

Comment les ballonnets permettent-ils d’explorer l’intestin grêle ?

L’intestin grêle est long et mobile, ce qui rend son exploration plus difficile que celle de l’estomac ou du côlon. [1] L’examen utilise un endoscope associé à un surtube, c’est-à-dire une gaine souple placée autour de l’appareil. [1] Le gonflage et le dégonflage successifs des ballonnets permettent d’accrocher puis de replier progressivement l’intestin sur le surtube afin de faire avancer l’endoscope. [1] Dans la technique à double ballon, un ballon se trouve à l’extrémité de l’endoscope et un autre à celle du surtube. [1] Dans la technique à simple ballon, le ballon est porté par le surtube et l’endoscope n’en possède pas. [1]

Le ballonnet qui aide l’endoscope à progresser ne doit pas être confondu avec le ballon de dilatation qui peut être utilisé pour élargir certaines zones rétrécies de l’intestin. [1] Même avec cette technique, la longueur exacte d’intestin grêle examinée est difficile à mesurer. [1] Une exploration plus étendue peut nécessiter de combiner une voie haute et une voie basse, sans garantir que tout l’intestin grêle sera examiné au cours d’une seule procédure. [1]

Quelle différence avec la vidéocapsule endoscopique ?

La vidéocapsule endoscopique est un examen diagnostique non invasif, tandis que l’entéroscopie permet en plus de prélever des tissus ou de traiter certaines lésions. [1] Dans l’exploration d’un saignement digestif inexpliqué sans contre-indication telle qu’un syndrome occlusif, la vidéocapsule est généralement utilisée en première intention avant l’entéroscopie. [1] Une méta-analyse consacrée aux saignements digestifs inexpliqués a trouvé des performances diagnostiques globalement comparables entre vidéocapsule et entéroscopie à double ballon. [4] Cette analyse a également constaté que le rendement de l’entéroscopie à double ballon était supérieur lorsqu’elle était guidée par une vidéocapsule ayant montré une anomalie, mais ses auteurs appelaient à interpréter ces résultats avec prudence en raison de limites méthodologiques. [4]

Pourquoi cet examen peut-il être proposé ?

Le saignement digestif inexpliqué est la principale indication de l’exploration de l’intestin grêle par entéroscopie. [1] Il peut se manifester par une anémie par manque de fer ou par du sang visible dans les selles alors que la gastroscopie et l’iléo-coloscopie n’ont pas trouvé l’origine du saignement. [1] Les angiodysplasies, qui sont des anomalies de petits vaisseaux de la paroi digestive, figurent parmi les lésions fréquemment mises en évidence dans ce contexte. [1] Lorsqu’une angiodysplasie est considérée comme responsable du saignement, elle peut notamment être traitée par coagulation au plasma argon pendant l’entéroscopie. [1]

En cas de suspicion de maladie de Crohn malgré une gastroscopie et une iléo-coloscopie normales, l’entéroscopie peut visualiser des ulcérations de l’intestin grêle et permettre des biopsies. [1] Chez certains patients ayant une maladie de Crohn connue, elle peut aussi servir à dilater une sténose accessible ou à récupérer une vidéocapsule bloquée en amont d’un rétrécissement. [1] L’examen peut également réaliser des biopsies d’une tumeur de l’intestin grêle ou repérer précisément sa position avant une opération ou un traitement oncologique. [1] Dans certaines polyposes, il permet de retirer des polypes de l’intestin grêle et peut ainsi éviter une intervention chirurgicale. [1] Dans la maladie cœliaque, l’entéroscopie n’est pas l’examen habituel du diagnostic initial mais peut être utilisée lorsqu’une complication est suspectée. [1]

Comment l’entéroscopie est-elle réalisée ?

L’endoscope peut être introduit par la bouche, ce qui correspond à la voie antérograde, ou par l’anus, ce qui correspond à la voie rétrograde. [1] Le choix de la voie dépend notamment de la localisation supposée de la lésion, souvent déterminée à partir de la vidéocapsule ou d’un examen radiologique préalable. [1] Une préparation colique est nécessaire lorsque l’examen est réalisé par voie rétrograde. [1] Une synthèse professionnelle française publiée en 2018 indiquait que les entéroscopies étaient alors réalisées sous anesthésie générale en France. [1] Le déroulement précis, la préparation et les modalités de sortie dépendent de la voie choisie, du geste envisagé et de l’organisation du centre qui réalise l’examen. [1]

Que faut-il signaler avant l’examen ?

L’équipe doit être informée de tous les traitements pris, en particulier des anticoagulants et des médicaments antiagrégants plaquettaires. [2] [3] La décision de poursuivre, d’interrompre ou de modifier un traitement antithrombotique dépend à la fois du risque de saignement lié au geste prévu et du risque de thrombose lié à son interruption. [2] L’entéroscopie diagnostique sans polypectomie est classée parmi les procédures à faible risque hémorragique, mais un geste thérapeutique tel qu’une polypectomie ou une dilatation modifie cette évaluation. [2] Un anticoagulant ou un antiagrégant ne doit donc pas être arrêté ou repris de sa propre initiative avant l’examen. [2] [3] Si une modification est nécessaire, un plan individuel précisant les modalités d’arrêt et de reprise doit être expliqué au patient par l’équipe médicale. [2]

Quelles sont les limites et les complications possibles ?

L’entéroscopie ne met pas nécessairement en évidence la cause recherchée, même lorsqu’elle permet d’explorer une portion importante de l’intestin grêle. [1] Dans la synthèse de 2018, le rendement diagnostique des entéroscopies assistées par un surtube était estimé autour de 60 %, avec des variations selon l’indication et le contexte clinique. [1] Après le traitement endoscopique d’une lésion vasculaire responsable d’un saignement ou d’une anémie, une récidive reste possible. [1]

Les complications décrites comprennent celles liées à l’anesthésie, l’hémorragie, la perforation de l’intestin et, plus rarement avec la technique à double ballon, la pancréatite aiguë. [1] Une étude de plus de 2 000 entéroscopies citée dans la synthèse de 2018 rapportait une hémorragie dans 0,8 % des procédures et une perforation dans 0,3 %, avec des risques plus élevés lorsqu’un traitement endoscopique était effectué. [1] Le risque propre à une intervention dépend notamment du geste prévu, car une biopsie diagnostique, une dilatation et l’ablation d’un polype n’exposent pas aux mêmes complications. [1] [2] Un saignement après un traitement endoscopique peut être retardé, en particulier chez une personne qui prend un traitement antithrombotique. [2] Chez les patients sous traitement antithrombotique, l’équipe doit expliquer la procédure à suivre en cas de complication hémorragique retardée, qui peut survenir jusqu’à une à deux semaines après un traitement endoscopique. [2]

Sources et références

[1] Entéroscopie : techniques et indications – FMC-HGE

www.fmcgastro.org · Consulté le 2026-09-11

[3] Anticoagulant medicines - Considerations - NHS

NHS · Consulté le 2026-09-11

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Spécialités médicales concernées

Gastro-entérologue et hépatologue
Chirurgie générale, digestive et de l’obésité
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