Encéphalite à tiques : symptômes, diagnostic, traitement et prévention

L’encéphalite à tiques, aussi appelée TBE, est une infection virale transmise principalement à l’être humain par la morsure d’une tique infectée. [2] La plupart des infections ne provoquent aucun symptôme, mais certaines entraînent une atteinte du cerveau, des méninges ou, plus rarement, de la moelle épinière. [2] [3] Cette maladie ne doit pas être confondue avec la maladie de Lyme, qui peut être transmise par les mêmes tiques mais qui est due à un autre agent infectieux. [2] [3]
Comment l’encéphalite à tiques se transmet-elle ?
Le virus de l’encéphalite à tiques appartient au genre Flavivirus et comprend trois sous-types principaux : européen, sibérien et extrême-oriental. [2] Le virus est transmis surtout par des tiques du genre Ixodes, notamment Ixodes ricinus pour le sous-type européen et Ixodes persulcatus pour les sous-types sibérien et extrême-oriental. [2] Les zones de transmission sont réparties en foyers allant de l’Europe occidentale et septentrionale jusqu’au nord et à l’est de l’Asie. [2] L’exposition concerne notamment les activités pratiquées dans les forêts, à leurs lisières ou dans des secteurs couverts de broussailles basses et de litière végétale. [2] Une contamination est aussi possible après la consommation de lait ou de produits laitiers non pasteurisés provenant d’une vache, d’une chèvre ou d’une brebis infectée. [2]
Quels sont les symptômes possibles ?
Environ trois infections sur quatre sont asymptomatiques. [2] Lorsque des symptômes apparaissent, la période entre la contamination et leur début est habituellement de 7 à 14 jours, avec des extrêmes rapportés de 2 à 28 jours. [2] La première phase peut ressembler à une infection grippale avec de la fièvre, des maux de tête, un malaise, des douleurs musculaires, des nausées ou des vomissements. [2] Ces premiers symptômes peuvent être suivis d’une période sans fièvre et relativement calme avant l’apparition d’une seconde phase neurologique. [2] L’atteinte du système nerveux peut provoquer une raideur de la nuque, des troubles de la conscience ou de la coordination, des difficultés cognitives, des convulsions, des tremblements ou une faiblesse d’un membre. [2] Des troubles de la parole, de la vision ou de la déglutition ainsi qu’une paralysie du visage, des bras ou des jambes sont également possibles dans les formes sévères. [3] Les enfants présentent généralement des formes plus légères, tandis que la gravité augmente avec l’âge. [2] L’immunodépression et l’infection par le sous-type extrême-oriental sont aussi associées à un risque accru de maladie sévère. [2]
Quand demander une aide médicale ?
Une raideur de la nuque accompagnée d’un mal de tête intense, une douleur à la lumière, une convulsion, une modification du comportement, une confusion soudaine, un trouble de la parole ou une perte de force nécessitent une aide médicale immédiate. [1] Une faiblesse ou une perte de mouvement d’une partie du corps, y compris l’affaissement d’un côté du visage, justifie également une aide médicale immédiate. [1]
Une évaluation médicale rapide est indiquée si des symptômes ressemblant à une grippe apparaissent après une morsure de tique ou dans le mois suivant un séjour dans une zone où vivent des tiques. [1] Il faut signaler au professionnel de santé toute morsure connue ou exposition possible, même si la morsure n’a pas été remarquée. [1] [2] Un érythème circulaire après une morsure peut correspondre à une autre infection transmise par les tiques, notamment la maladie de Lyme, et justifie une évaluation médicale rapide. [1]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Le diagnostic est envisagé devant une maladie fébrile évoluant vers des signes neurologiques après une exposition dans une zone où le virus circule. [2] L’absence de souvenir d’une morsure n’exclut pas le diagnostic, car environ 30 % des patients atteints ne se rappellent pas avoir été mordus. [2] Le diagnostic biologique repose habituellement sur une sérologie recherchant des anticorps IgM dans le sang ou dans le liquide cérébrospinal. [2] Cette recherche est presque toujours positive pendant la phase neurologique de la maladie. [2] Son interprétation doit tenir compte de la date de début des symptômes, d’une éventuelle vaccination et des réactions croisées possibles avec d’autres flavivirus. [2] Le virus ou son ARN peuvent parfois être détectés pendant la première phase, mais ils sont généralement devenus indétectables lorsque les symptômes neurologiques apparaissent. [2] Pour cette raison, l’isolement viral et la RT-PCR ne sont pas utilisés en routine au stade neurologique, bien qu’un test moléculaire puisse être privilégié chez une personne sévèrement immunodéprimée. [2]
Quels sont les traitements des formes symptomatiques ?
Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique disponible contre l’encéphalite à tiques. [2] Les antibiotiques ne traitent pas cette infection virale. [3] La prise en charge repose sur des soins de soutien, le soulagement des symptômes et le traitement des complications. [2] [3] Une personne gravement malade doit être traitée à l’hôpital, avec un recours possible aux soins intensifs. [1] [3] Les soins hospitaliers peuvent comprendre des médicaments symptomatiques, des liquides administrés dans une veine ou une assistance ventilatoire. [1] Une intervention destinée à drainer du liquide autour du cerveau peut être nécessaire dans de rares situations. [1]
Quelle peut être l’évolution de la maladie ?
L’évolution dépend de la présentation clinique et du sous-type viral. [2] Le sous-type européen est généralement associé à une maladie moins sévère que le sous-type extrême-oriental. [2] Ces différences rapportées entre sous-types peuvent toutefois être influencées par l’accès aux soins, les pratiques de dépistage et les limites méthodologiques des études. [2] Après une forme neurologique, des séquelles telles qu’une faiblesse, une parésie ou une paralysie d’un membre peuvent persister. [2] Une atteinte de la moelle épinière est rare, mais elle peut entraîner une faiblesse musculaire, une paralysie et des troubles sensitifs avec un risque élevé de conséquences durables. [3]
Comment réduire le risque d’infection ?
Dans les zones exposées, le risque de morsure diminue en restant sur des chemins dégagés et en évitant de frôler la végétation. [1] Le port d’un pantalon long, d’un haut à manches longues et de vêtements clairs aide à couvrir la peau et à repérer les tiques. [1] Un répulsif cutané tel que le DEET peut également être utilisé pour réduire le risque de morsure. [1] Après une activité extérieure, il est utile d’examiner les vêtements, la peau et les cheveux afin de retirer les tiques repérées. [1] Une tique fixée doit être saisie aussi près que possible de la peau avec une pince fine ou un tire-tique, puis tirée lentement et fermement vers le haut sans l’écraser. [1] La zone de morsure doit ensuite être nettoyée avec un antiseptique ou avec de l’eau et du savon. [1] Éviter le lait et les produits laitiers non pasteurisés réduit aussi une voie possible de contamination. [2] L’encéphalite à tiques est une maladie évitable par vaccination. [2] Le vaccin contre l’encéphalite à tiques protège contre le virus TBE, mais pas contre la maladie de Lyme. [3]
Sources et références
[1] Tick-borne encephalitis (TBE) - NHS
NHS · Consulté le 2026-09-11
[2] Tick-Borne Encephalitis - CDC Yellow Book, 2026 edition - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
[3] Tick bites: Learn More – Tick-borne encephalitis (TBE) - InformedHealth.org - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
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