Déficit d’adhérence leucocytaire : types, signes, diagnostic et traitements

Le déficit d’adhérence leucocytaire, souvent abrégé LAD, désigne une famille de déficits immunitaires primitifs héréditaires qui altèrent le fonctionnement de certaines molécules présentes à la surface des globules blancs. [1] [3] Ces molécules permettent normalement aux leucocytes d’adhérer à la paroi des vaisseaux puis de migrer vers les tissus où se trouve une infection ou une inflammation. [1] [3] Lorsqu’elles sont absentes ou défectueuses, les cellules immunitaires restent en grande partie dans le sang et atteignent difficilement le foyer infectieux, ce qui favorise des infections bactériennes répétées et une réponse inflammatoire inhabituelle. [1] [2]
Quels sont les différents types de déficit d’adhérence leucocytaire ?
Les trois formes classiques, appelées LAD I, LAD II et LAD III, correspondent à des anomalies génétiques et moléculaires différentes. [1] [3] Le LAD I est lié à des mutations du gène ITGB2, qui code CD18, une sous-unité indispensable aux intégrines bêta-2 impliquées dans l’adhérence des leucocytes. [1] [3] Le LAD II résulte d’anomalies touchant le transport du GDP-fucose et perturbe les ligands fucosylés nécessaires au roulement initial des leucocytes sur la paroi vasculaire. [1] [3] Le LAD III est dû à des mutations du gène FERMT3, qui code la kindline-3 et intervient dans l’activation des intégrines des cellules immunitaires et des plaquettes. [1] [3] Ces formes se transmettent selon un mode autosomique récessif, ce qui signifie que les deux copies du gène concerné doivent être altérées pour que la maladie se manifeste. [1] [2]
Quels signes peuvent faire évoquer ce déficit immunitaire ?
Les manifestations commencent habituellement pendant la petite enfance, parfois dès la période néonatale. [1] [2] Les formes sévères peuvent provoquer des infections bactériennes récurrentes ou progressives de la peau et des tissus mous, notamment avec des staphylocoques ou des bactéries à Gram négatif. [1] Une infection du nombril et une chute tardive du cordon ombilical, notamment au-delà de trois semaines, font partie des signes classiques décrits chez les nourrissons sévèrement atteints. [1] Une mauvaise cicatrisation, des infections nécrosantes des tissus mous et une maladie inflammatoire sévère des gencives appelée parodontite peuvent également survenir. [1] [3] L’absence ou la faible quantité de pus malgré une infection est caractéristique, car les granulocytes atteignent difficilement les tissus infectés. [1] [2] Le manque de pus ne signifie donc pas que l’infection est bénigne. [1] [2] Dans les formes moins sévères, les infections graves peuvent être moins nombreuses et les anomalies de la numération sanguine plus discrètes. [1]
Certaines manifestations dépendent du type de LAD. [1] [3] Le type II peut notamment s’accompagner d’un retard de croissance, de particularités du développement et d’infections bactériennes récurrentes. [1] [3] Le type III peut associer les infections à des saignements importants, car l’anomalie d’activation des intégrines touche aussi les plaquettes. [3] Dans le type I, une inflammation chronique peut contribuer à la parodontite, aux lésions cutanées et à la perte osseuse autour des dents, en plus du défaut de défense contre les infections. [3]
Pourquoi le nombre de globules blancs peut-il être élevé ?
Une leucocytose, c’est-à-dire un nombre élevé de globules blancs dans le sang, est fréquente dans le déficit d’adhérence leucocytaire. [1] [2] Elle peut persister entre les épisodes infectieux parce que les leucocytes circulants migrent mal hors des vaisseaux. [1] [2] Cette anomalie de la numération sanguine n’est toutefois pas spécifique et ne suffit pas à établir le diagnostic. [1]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Le diagnostic repose sur l’association de l’histoire clinique, de la numération sanguine et d’examens immunologiques spécialisés. [1] [2] La cytométrie en flux recherche à la surface des globules blancs l’absence ou la forte diminution de molécules d’adhérence telles que CD11 et CD18 dans le LAD I. [1] [2] Pour le LAD II, cet examen peut rechercher l’absence d’expression du ligand sialyl-Lewis X. [2] Une analyse génétique permet ensuite de préciser le défaut moléculaire et le type de déficit. [1] [2] Comme d’autres déficits immunitaires peuvent provoquer des infections répétées ou des anomalies des granulocytes, les constatations cliniques et biologiques doivent être interprétées ensemble. [2] Une analyse génétique est également recommandée pour les frères et sœurs d’une personne atteinte. [1]
Quels sont les principes de la prise en charge ?
La prise en charge doit être coordonnée par une équipe expérimentée en immunologie, infectiologie, pédiatrie, génétique et transplantation lorsque celle-ci est envisagée. [2] Les soins de soutien comprennent la prévention et le traitement antimicrobien des infections, avec des antibiotiques prophylactiques dans certaines situations. [1] [2] Des transfusions de granulocytes peuvent aussi être utilisées comme traitement de soutien. [1] Pour les LAD I et III, l’allogreffe de cellules souches hématopoïétiques constitue le traitement curatif disponible décrit par les synthèses spécialisées. [1] [3] Cette greffe remplace les cellules à l’origine des cellules sanguines par celles d’un donneur compatible, mais elle expose notamment à un échec de greffe et à une réaction du greffon contre l’hôte. [3] Son indication et ses modalités nécessitent donc une évaluation individualisée dans un centre spécialisé. [2] [3]
Dans le LAD II, une supplémentation en fucose peut être proposée afin de tenter de corriger le défaut métabolique sous-jacent. [1] [2] La thérapie génique est encore présentée comme une approche en cours d’étude et ne doit pas être assimilée à un traitement courant disponible pour toutes les formes. [1] [3] D’autres traitements ciblant les complications inflammatoires du LAD I ont surtout été rapportés dans des cas particuliers ou des travaux de recherche, ce qui ne permet pas de les généraliser. [2] [3]
Quelle peut être l’évolution de la maladie ?
L’évolution dépend du type de LAD et de l’importance du déficit moléculaire. [1] [3] Les formes sévères exposent dès l’enfance à des infections progressives difficiles à contrôler et peuvent être mortelles en l’absence de traitement efficace. [1] [2] [3] Les personnes présentant une forme légère ou modérée peuvent atteindre l’âge adulte, mais elles restent exposées aux infections répétées et aux complications inflammatoires ou bucco-dentaires. [1] [2] [3] Une allogreffe réussie peut améliorer la survie et la qualité de vie, sans supprimer les risques propres à la transplantation. [2] [3]
Sources et références
[1] Leukocyte Adhesion Deficiency - Allergy and Immunology - MSD Manual Professional Edition
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-11
[2] Leukocyte Adhesion Deficiency - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
[3] Understanding the Role of LFA-1 in Leukocyte Adhesion Deficiency Type I (LAD I): Moving towards Inflammation?
www.ebi.ac.uk · Version : 2022-03-25 · Consulté le 2026-09-16
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