Cystinose : formes, symptômes, diagnostic, traitements et suivi

Trouver un professionnel
La cystinose est une maladie génétique rare dans laquelle la cystine s’accumule à l’intérieur des lysosomes, des compartiments chargés du recyclage de certaines substances dans les cellules. [2] Elle est causée par des variants pathogènes touchant les deux copies du gène CTNS, qui code la cystinosine chargée de transporter la cystine hors des lysosomes. [1] [2] L’accumulation de cystine peut altérer de nombreux tissus, notamment les reins et les yeux, avec une présentation très différente selon la forme de la maladie. [1] [2]
Quelles sont les différentes formes de cystinose ?
La cystinose comprend trois grands phénotypes cliniques liés au même gène : la forme néphropathique infantile, la forme néphropathique à début plus tardif et la forme oculaire non néphropathique de l’adulte. [1] La forme néphropathique infantile est la plus fréquente et représente environ 95 % des personnes atteintes. [1] [2] La forme juvénile présente des manifestations rénales comparables mais commence plus tard et évolue généralement moins rapidement. [1] [2] La forme oculaire non néphropathique se manifeste principalement par une photophobie due aux cristaux de cystine déposés dans la cornée, sans manifestations générales habituelles. [1] [2]
Quels signes peuvent révéler une cystinose ?
Dans la forme infantile non traitée, le défaut de réabsorption des reins entraîne un syndrome de Fanconi rénal, avec des pertes urinaires d’eau, d’électrolytes, de bicarbonate, de minéraux, de glucose, d’acides aminés et de petites protéines. [1] [2] Les premiers signes apparaissent souvent entre 6 et 12 mois sous la forme d’une croissance insuffisante, d’urines abondantes, d’une soif importante, d’épisodes de déshydratation ou de troubles des électrolytes. [1] [2] Les pertes de phosphate et les perturbations du métabolisme osseux peuvent provoquer un rachitisme, des déformations osseuses et une petite taille. [1] [2] Des cristaux cornéens peuvent être présents dès la petite enfance et provoquer ensuite une photophobie, c’est-à-dire une sensibilité douloureuse ou gênante à la lumière. [1] [2] Dans la forme juvénile, les premiers signes peuvent être une gêne oculaire, une photophobie ou une atteinte rénale allant d’une protéinurie modérée à un syndrome néphrotique. [2]
Au cours de la vie, la cystinose néphropathique peut également atteindre la thyroïde, le pancréas, les gonades, les muscles, le système nerveux, les poumons, le tube digestif et le système cardiovasculaire. [1] [2] Une faiblesse musculaire progressive peut notamment entraîner des difficultés pour marcher ou avaler dans les formes avancées. [1] [2] Ces manifestations ne suffisent pas à reconnaître soi-même une cystinose, car le syndrome de Fanconi, le retard de croissance et le rachitisme peuvent avoir d’autres causes. [2]
Comment le diagnostic est-il établi ?
L’évaluation initiale recherche notamment les pertes urinaires caractéristiques, l’acidose, les déséquilibres des électrolytes et l’altération de la fonction rénale. [1] [2] L’examen ophtalmologique à la lampe à fente permet de rechercher les cristaux de cystine dans la cornée. [1] [2] Le bilan peut aussi mesurer la concentration de cystine dans certains globules blancs au sein d’un laboratoire spécialisé. [1] [2] L’analyse génétique recherche deux variants pathogènes du gène CTNS et contribue à confirmer la maladie. [1] [2] Selon la situation, les résultats ophtalmologiques, biochimiques et génétiques sont interprétés ensemble plutôt que comme des tests isolés. [1]
Quels sont les principes du traitement ?
La cystéamine est le traitement spécifique utilisé pour diminuer la quantité de cystine accumulée dans les cellules. [1] [2] Lorsqu’elle est commencée tôt, elle retarde nettement la progression des lésions glomérulaires et de l’insuffisance rénale. [1] [2] La cystéamine n’est toutefois pas un traitement curatif et n’élimine pas la nécessité d’une surveillance prolongée ni des soins dirigés contre les différentes complications. [2] Son efficacité est surveillée notamment par la mesure régulière de la cystine dans les leucocytes. [2] La cystéamine peut provoquer des troubles digestifs, une diminution de l’appétit, des maux de tête, une mauvaise haleine, une odeur corporelle soufrée ou des réactions cutanées. [2] Des réactions sévères telles que des convulsions, une neutropénie ou une atteinte fibreuse du côlon sont également rapportées comme rares. [2]
Des collyres contenant de la cystéamine peuvent réduire les dépôts cornéens et soulager la photophobie, car le traitement général agit insuffisamment sur la cornée. [1] [2] Le syndrome de Fanconi nécessite de compenser sous contrôle médical les pertes en eau, électrolytes, bicarbonate, phosphate et autres nutriments. [1] [2] La prise en charge peut aussi comprendre un soutien nutritionnel, des traitements du rachitisme, une hormone de croissance ou des soins adaptés aux complications endocriniennes, musculaires et respiratoires. [1] [2] La dialyse ou la transplantation rénale deviennent des options lorsque l’insuffisance rénale atteint un stade avancé. [1] [2] La tubulopathie liée à la cystinose ne récidive pas dans le rein transplanté, mais la prise en charge des manifestations non rénales reste nécessaire. [2]
Pourquoi un suivi multidisciplinaire est-il nécessaire ?
Le suivi évalue régulièrement la fonction rénale, les pertes d’électrolytes et de minéraux ainsi que l’efficacité du traitement visant à diminuer la cystine. [1] [2] Chez l’enfant, il surveille aussi la croissance, le poids, l’alimentation, la santé osseuse et le développement. [1] Les évaluations ophtalmologiques recherchent l’évolution des cristaux cornéens et d’autres complications oculaires. [1] [2] Le suivi endocrinien peut porter sur la thyroïde, la glycémie et, selon l’âge et le sexe, la fonction gonadique. [1] [2] Dans les formes avancées, l’équipe recherche notamment une faiblesse musculaire, des difficultés à avaler, des manifestations respiratoires, neurologiques, digestives et cardiovasculaires. [1] La fréquence de ces contrôles est adaptée à l’âge, à la forme de cystinose, à la gravité de l’atteinte rénale et aux complications déjà présentes. [1]
Vie quotidienne, transmission familiale et grossesse
La prévention de la déshydratation fait partie des mesures essentielles dans la cystinose néphropathique en raison des pertes urinaires importantes. [1] [2] Chez l’enfant concerné, un accès libre à l’eau et aux toilettes est recommandé afin de répondre à la soif et aux urines abondantes. [1] En cas de photophobie, éviter l’exposition solaire et porter des lunettes sombres peuvent diminuer la gêne. [1]
La cystinose se transmet sur le mode autosomique récessif, ce qui signifie qu’une personne atteinte possède deux copies pathogènes du gène CTNS. [1] [2] Lorsque les deux parents sont porteurs d’un variant pathogène de CTNS, chaque grossesse comporte un risque de 25 % d’enfant atteint, de 50 % d’enfant porteur non malade et de 25 % d’enfant ni atteint ni porteur. [1] Un dépistage biochimique ou génétique des frères et sœurs à risque peut permettre un diagnostic et un traitement précoces. [1] Une grossesse chez une femme atteinte de cystinose présente un risque accru d’accouchement prématuré et nécessite une surveillance expérimentée des fonctions rénale, hydrique et électrolytique ainsi que des maladies associées. [1]
Sources et références
[1] Cystinosis - GeneReviews® - NCBI Bookshelf
GeneReviews, University of Washington, diffusion NCBI Bookshelf · Consulté le 2026-09-13
[2] Cystinosis - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
La téléconsultation peut être envisagée selon votre situation
- Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée
- Peut être remboursée selon conditions *
* Dans le cadre du parcours de soins coordonné. Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée à votre situation.
Téléconsultation : préparer votre rendez-vous
Une consultation à distance peut être envisagée avec votre médecin. Il détermine si elle convient à votre situation ou si un examen en présence est nécessaire.
Avant le rendez-vous
- Notez le motif de consultation, les symptômes et leur durée.
- Préparez la liste de vos traitements, vos allergies connues et les comptes rendus ou résultats déjà disponibles.
- Installez-vous dans un endroit calme et confidentiel, avec une connexion et un appareil permettant la vidéo.
Organiser la suite
Contactez votre médecin habituel ou le professionnel qui vous suit pour organiser la consultation. Selon votre situation, une consultation en présence pourra être nécessaire.
En cas d’urgence médicale, appelez le 15 ou le 112 ; n’attendez pas une téléconsultation.
Informations pratiques : Assurance Maladie — téléconsultation · Service Public — numéros d’urgence.