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Infections pendant la grossesse : risques, dépistage et situations nécessitant une consultation

Les complications infectieuses de la grossesse ne désignent pas une maladie unique, mais les conséquences possibles de différentes infections bactériennes ou virales chez la femme enceinte, le fœtus ou le nouveau-né. [1] [2] Les infections urinaires, certaines vaginites, la listériose et la syphilis font partie des infections bactériennes concernées. [1] La rubéole, la varicelle, le cytomégalovirus, l'herpès génital, les hépatites B et C, le VIH, la grippe, le virus Zika, le Covid-19 et le parvovirus B19 figurent parmi les infections virales pouvant avoir des conséquences pendant la grossesse. [2] Le risque dépend de l'infection, du moment où elle survient et de la possibilité d'une transmission au fœtus ou au bébé, ce qui justifie des dépistages et des mesures de prévention adaptés. [1] [2]

Quels signes peuvent révéler une infection pendant la grossesse ?

Une infection urinaire peut provoquer des douleurs dans le bas du ventre, des envies fréquentes d'uriner ou des brûlures pendant la miction. [1] Ses symptômes sont toutefois souvent absents ou peu marqués pendant la grossesse. [1] Sans prise en charge, l'infection peut atteindre les reins et s'accompagner d'un risque d'accouchement prématuré. [1]

Chez la femme enceinte, la listériose peut se manifester par une fièvre plus ou moins élevée accompagnée de maux de tête, parfois de nausées, de vomissements ou de diarrhée. [1] Des symptômes neurologiques, notamment une méningite, sont parfois présents. [1] D'autres infections peuvent passer inaperçues : l'infection à cytomégalovirus est le plus souvent silencieuse et la contamination fœtale par la rubéole reste possible même lorsque l'infection maternelle n'a pas été remarquée. [2]

Pourquoi certaines infections sont-elles dangereuses pour le bébé ?

Certaines bactéries ou certains virus peuvent atteindre le fœtus par le placenta, tandis que d'autres se transmettent surtout au moment de l'accouchement. [1] [2] La listériose non traitée peut coloniser le placenta, infecter le fœtus et provoquer une fausse couche, un accouchement prématuré, une mort intra-utérine ou une infection néonatale. [1] Une syphilis maternelle non traitée peut être transmise pendant la grossesse et entraîner notamment un décès avant ou peu après la naissance, une prématurité, un faible poids de naissance ou des séquelles graves. [1]

Pour plusieurs infections virales, le moment de la contamination modifie fortement le risque. [2] La rubéole contractée au début de la grossesse expose à un risque élevé de rubéole congénitale et de malformations, alors que ce risque devient quasi nul après la dix-huitième semaine d'aménorrhée. [2] Une varicelle avant vingt semaines d'aménorrhée peut provoquer un retard de croissance et des malformations, tandis qu'une infection dans les jours entourant la naissance expose le nouveau-né à une forme néonatale très grave. [2] Une infection maternelle à parvovirus B19 peut provoquer une fausse couche au premier trimestre ou une anémie fœtale grave au deuxième trimestre, mais elle n'est pas responsable de malformations fœtales. [2]

Le cytomégalovirus peut entraîner notamment une surdité, des anomalies oculaires, un retard de croissance ou des séquelles neurologiques lorsque l'infection survient dans les deux mois précédant la grossesse ou au premier trimestre. [2] L'herpès génital se transmet généralement au moment de l'accouchement et le risque est maximal lors d'une première infection après la trente-cinquième semaine d'aménorrhée. [2] Pour l'hépatite B chronique, la transmission se produit surtout lors de l'accouchement et peut conduire à une infection néonatale devenant fréquemment chronique. [2]

Quels dépistages sont réalisés pendant la grossesse ?

La recherche de bactéries dans les urines par bandelette fait partie des examens pratiqués chaque mois à partir du quatrième mois de grossesse. [1] Une bandelette positive conduit à réaliser un examen cytobactériologique des urines, ou ECBU, qui identifie la bactérie et teste sa sensibilité aux antibiotiques. [1] Chez les femmes présentant un risque urinaire élevé, notamment en cas de diabète, d'anomalie des voies urinaires ou de cystites récidivantes, un ECBU est demandé dès la première consultation puis chaque mois à partir du quatrième mois. [1]

La recherche du streptocoque du groupe B dans le vagin est systématique entre la trente-cinquième et la trente-huitième semaine de grossesse, car cette bactérie peut être présente sans symptôme et être transmise au nouveau-né. [1] Dès le premier examen de grossesse, une sérologie permet de vérifier l'immunité contre la rubéole. [2] Chez une femme non immunisée, un nouveau contrôle sanguin est programmé avant la dix-huitième semaine d'aménorrhée pour rechercher une éventuelle contamination. [2] Le dépistage de l'hépatite B est obligatoire pendant la grossesse afin de permettre une prise en charge de la mère et une prévention de la transmission au bébé. [2]

Une sérologie du cytomégalovirus est recommandée avant la conception ou, si elle n'a pas été faite ou était négative, le plus précocement possible pendant la grossesse et avant quatorze semaines d'aménorrhée. [2] Lorsqu'une infection récente à cytomégalovirus est confirmée au premier trimestre ou dans les deux mois précédant la grossesse, une amniocentèse peut rechercher le virus dans le liquide amniotique à partir de la dix-huitième semaine d'aménorrhée. [2] La présence du virus conduit à un suivi rapproché, si possible dans un centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal. [2]

Quels sont les principes de la prise en charge ?

La prise en charge dépend du germe identifié, du stade de la grossesse et du risque de transmission à l'enfant. [1] [2] Une infection urinaire confirmée pendant la grossesse est traitée par un antibiotique, puis le résultat de l'antibiogramme permet de modifier le traitement en cas de résistance ou d'échec. [1] Un ECBU de contrôle est nécessaire huit à dix jours après l'arrêt du traitement d'une infection urinaire. [1] Les vaginites bactériennes sont diagnostiquées à partir de prélèvements vaginaux et traitées par antibiotiques en raison du risque de contamination du bébé lors de l'accouchement. [1]

Certaines infections virales disposent également d'un traitement antiviral adapté à la grossesse, notamment l'herpès génital, le cytomégalovirus dans certaines situations, le VIH et l'hépatite B chronique. [2] En cas d'herpès génital, des prélèvements sur les lésions confirment la présence du virus et aident à choisir la stratégie destinée à réduire la transmission au bébé. [2] Chez une femme vivant avec le VIH, le suivi, le traitement antirétroviral et le choix du mode d'accouchement en fonction de la charge virale réduisent fortement le risque de transmission à l'enfant. [2]

Comment prévenir certaines infections pendant la grossesse ?

La prévention de la listériose repose notamment sur la propreté de la cuisine et du réfrigérateur, la séparation des aliments crus et cuits, le lavage des mains et des ustensiles ainsi que le respect des dates limites de consommation. [1] Il est également recommandé de laver les légumes et les herbes aromatiques, de cuire soigneusement la viande et le poisson et d'éviter notamment les fromages au lait cru, les poissons ou coquillages crus, les poissons fumés et les graines germées crues. [1]

Le cytomégalovirus se transmet par contact avec des sécrétions comme la salive, les larmes ou les urines, notamment celles de jeunes enfants qui peuvent porter le virus sans être malades. [2] Chez une femme enceinte non immunisée et son conjoint, la prévention comprend le lavage soigneux des mains après un change ou un contact avec la salive, l'absence de partage des couverts et des affaires de toilette, ainsi que l'évitement des baisers sur la bouche ou les yeux des jeunes enfants. [2]

Avant une grossesse, une femme non immunisée contre la rubéole peut être vaccinée, puis doit éviter une grossesse pendant les deux mois suivant cette vaccination. [2] Le vaccin contre la varicelle est contre-indiqué pendant la grossesse. [2] La vaccination contre la grippe est recommandée quel que soit le terme de la grossesse, tandis que la vaccination contre le Covid-19 est recommandée dès le premier trimestre. [2]

Dans quelles situations faut-il consulter rapidement ou immédiatement ?

Une femme enceinte qui ressent des brûlures en urinant, des envies fréquentes d'uriner ou des douleurs dans le bas du ventre doit consulter rapidement afin qu'un ECBU soit réalisé. [1]

Une varicelle survenant pendant les six premiers mois de grossesse ou dans les jours précédant ou suivant l'accouchement nécessite de consulter le plus rapidement possible. [2] Après un contact avec une personne atteinte de varicelle datant de moins de quatre-vingt-seize heures, une femme enceinte non immunisée doit en parler à son médecin afin de vérifier son immunité et d'évaluer l'indication d'un traitement spécifique. [2]

Pendant la grossesse, une lésion douloureuse ou une irritation des organes génitaux impose une consultation immédiate en raison d'un possible herpès génital. [2] Une consultation immédiate est également indiquée après un rapport mettant en contact la bouche et les organes génitaux si le partenaire avait un bouton de fièvre. [2] Une femme ayant déjà eu un herpès génital doit en informer rapidement le médecin ou la sage-femme qui suit sa grossesse. [2]

Une femme enceinte résidant ou ayant séjourné dans une zone où circule le virus Zika doit consulter immédiatement si elle présente de la fièvre, des maux de tête, des courbatures, une conjonctivite, un gonflement des mains ou des pieds, ou une éruption cutanée. [2]

Sources et références

[1] Les infections bactériennes pendant la grossesse | ameli.fr | Assuré

Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-11

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