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Complications hématologiques de la grossesse : anémies, hémoglobinopathies et incompatibilité Rhésus

Les complications hématologiques de la grossesse regroupent plusieurs troubles différents touchant notamment les globules rouges de la mère ou du fœtus. [2] [3] Parmi les situations documentées figurent les anémies liées à une carence, les hémoglobinopathies comme la drépanocytose ou les thalassémies, et la destruction des globules rouges fœtaux provoquée par certains anticorps maternels. [2] [3] Ces troubles n'ont ni les mêmes causes, ni les mêmes conséquences, ni la même prise en charge : un bilan médical est nécessaire pour identifier précisément l'anomalie concernée. [2] [3]

Pourquoi les résultats sanguins changent-ils pendant la grossesse ?

Pendant la grossesse, la masse des globules rouges augmente, mais le volume du plasma augmente davantage, ce qui dilue le sang et fait normalement diminuer l'hématocrite. [3] Cette hémodilution physiologique ne réduit pas, à elle seule, la capacité du sang à transporter l'oxygène. [3] Elle doit être distinguée d'une anémie pathologique, dont les causes fréquentes pendant la grossesse sont la carence en fer et la carence en folates. [3] Une perte de sang, notamment autour de l'accouchement, peut également provoquer ou aggraver une anémie ferriprive. [3]

Quels signes peuvent évoquer une anémie maternelle ?

Une anémie débutante peut ne provoquer aucun symptôme ou seulement des manifestations peu spécifiques comme une fatigue, une faiblesse, des vertiges ou un essoufflement modéré à l'effort. [3] Une pâleur peut être présente et, lorsque l'anémie est sévère, une accélération du rythme cardiaque ou une baisse de la pression artérielle peut survenir. [3] Ces manifestations ne suffisent pas à établir la cause, car le diagnostic repose sur une prise de sang et sur des examens adaptés aux caractéristiques des globules rouges. [3]

Comment une anémie est-elle explorée ?

L'évaluation commence par une numération formule sanguine, qui mesure notamment l'hémoglobine, l'hématocrite et le volume globulaire moyen. [3] L'interprétation de l'hémoglobine et de l'hématocrite tient compte du trimestre de grossesse en raison de l'hémodilution physiologique. [3] Lorsque les globules rouges sont de petite taille, le bilan recherche notamment une carence en fer par le dosage de la ferritine et peut rechercher une hémoglobinopathie par électrophorèse de l'hémoglobine. [3] Lorsque les globules rouges sont de grande taille, le bilan comprend notamment le dosage des folates et de la vitamine B12. [3] Une évaluation spécialisée peut être justifiée si les premiers examens ne déterminent pas la cause ou si l'anémie ne se corrige pas avec le traitement envisagé. [3]

Quels sont les principes de prise en charge de l'anémie ?

Le traitement d'une anémie pendant la grossesse dépend de sa cause et ne se résume pas à la prise de fer. [3] Une carence en fer confirmée est habituellement traitée par du fer oral, tandis qu'un traitement intraveineux peut être envisagé lorsque le fer oral est insuffisamment absorbé ou mal toléré. [3] Une carence en folates confirmée relève d'un traitement par acide folique. [3] Une transfusion peut être nécessaire en présence d'une anémie très profonde, de symptômes généraux sévères, de manifestations cardiorespiratoires ou de certaines indications fœtales. [3] La décision de transfuser ne dépend donc pas uniquement d'un résultat biologique isolé, mais aussi des symptômes et du retentissement maternel ou fœtal. [3]

Que sont les hémoglobinopathies pendant la grossesse ?

Les hémoglobinopathies sont des troubles de l'hémoglobine comprenant notamment la drépanocytose, l'hémoglobinopathie S-C et les alpha- ou bêta-thalassémies. [3] Pendant la grossesse, ces maladies sont associées à une augmentation de certains risques maternels et périnataux, mais leur nature et leur gravité diffèrent selon l'hémoglobinopathie. [3] Dans la drépanocytose maternelle, les complications décrites comprennent notamment les infections, les crises douloureuses, le syndrome thoracique aigu, les événements thrombotiques, la pré-éclampsie, le retard de croissance fœtale et l'accouchement prématuré. [3] La prise en charge de la drépanocytose au cours de la grossesse est complexe et les transfusions préventives ne sont pas recommandées en routine dans la source disponible en raison de leurs risques et de l'absence de diminution démontrée du risque périnatal. [3]

Comment une incompatibilité Rhésus peut-elle atteindre le fœtus ?

La maladie hémolytique du fœtus et du nouveau-né peut apparaître lorsqu'une femme enceinte Rhésus négatif porte un fœtus Rhésus positif et produit des anticorps dirigés contre les globules rouges fœtaux. [2] Cette production d'anticorps, appelée sensibilisation, peut survenir lorsque du sang fœtal Rhésus positif passe dans la circulation d'une mère Rhésus négatif. [2] Les anticorps maternels peuvent ensuite traverser le placenta et détruire les globules rouges du fœtus, provoquant une anémie parfois grave. [2] Chez le nouveau-né, la destruction importante des globules rouges peut entraîner une accumulation de bilirubine, un ictère et, dans les formes sévères, une atteinte cérébrale. [2] La femme enceinte ne présente généralement pas de symptôme lié à cette maladie fœtale, ce qui explique l'importance des examens sanguins de grossesse. [2]

Comment le risque d'anémie fœtale est-il évalué et traité ?

Le bilan initial décrit dans la source comprend la détermination du groupe sanguin maternel, du statut Rhésus et la recherche d'anticorps dirigés contre les globules rouges. [2] Selon la situation, le Rhésus fœtal peut être recherché à partir de fragments d'ADN fœtal présents dans le sang maternel. [2] Lorsque des anticorps maternels exposent le fœtus à un risque accru d'anémie, une échographie Doppler peut évaluer le flux sanguin dans son cerveau. [2] Une anémie fœtale diagnostiquée peut nécessiter une transfusion avant la naissance, réalisée par une équipe spécialisée dans les grossesses à haut risque. [2] Le moment des transfusions et de l'accouchement dépend de la gravité de l'anémie, de l'âge du fœtus et de la situation maternelle. [2]

Peut-on prévenir la maladie liée au Rhésus ?

Des immunoglobulines anti-Rhésus peuvent être administrées aux femmes Rhésus négatif afin de réduire le risque qu'elles produisent leurs propres anticorps contre les globules rouges d'un fœtus Rhésus positif. [2] La source disponible décrit cette prévention pendant la grossesse, après la naissance d'un enfant Rhésus positif et après certaines situations pouvant favoriser le passage de sang fœtal dans la circulation maternelle, notamment un saignement ou certains prélèvements prénataux. [2] Cette prévention diminue significativement le risque de destruction des globules rouges fœtaux lors de grossesses ultérieures. [2]

Quels signes nécessitent une prise en charge immédiate ?

Pendant la grossesse ou dans l'année suivant l'accouchement, une difficulté à respirer, une douleur thoracique, un malaise avec perte de connaissance ou des battements cardiaques très rapides ou irréguliers justifient une prise en charge médicale immédiate. [1] Une douleur, une rougeur, une chaleur ou un gonflement marqué d'une seule jambe ou d'un seul bras nécessite également une évaluation médicale immédiate pendant la grossesse ou jusqu'à six semaines après la naissance. [1] Après l'accouchement, un saignement vaginal imbibant au moins une protection en une heure ou l'expulsion de caillots plus gros qu'un œuf impose de rechercher immédiatement des soins médicaux. [1] Cette liste n'est pas exhaustive : tout symptôme inhabituel ou inquiétant doit être signalé en précisant que la personne est enceinte ou a accouché au cours de l'année précédente. [1]

Sources et références

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