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Complications cardiovasculaires de la grossesse : signes d’alerte et prise en charge

Les complications cardiovasculaires de la grossesse ne correspondent pas à une maladie unique. [3] [4] Elles comprennent notamment des troubles liés à la grossesse, comme la pré-éclampsie, ainsi que des maladies cardiaques préexistantes ou une insuffisance cardiaque qui apparaît autour de l’accouchement. [3] [4] Des signes cardiovasculaires graves peuvent survenir pendant la grossesse, mais aussi après la naissance, ce qui impose de signaler aux soignants une grossesse en cours ou un accouchement récent. [2] [3]

Quels symptômes nécessitent une prise en charge immédiate ?

Pendant la grossesse et jusqu’à un an après l’accouchement, une difficulté à respirer soudaine ou progressive, une oppression thoracique ou une gêne respiratoire en position allongée font partie des signes maternels qui nécessitent des soins immédiats. [2] Une douleur ou une pression au centre de la poitrine, notamment si elle s’étend vers le dos, le cou ou un bras, doit également être évaluée immédiatement. [2] Des battements cardiaques rapides, irréguliers ou très perceptibles sont particulièrement inquiétants lorsqu’ils s’accompagnent d’un essoufflement, d’un malaise, d’un évanouissement, de vertiges ou d’une désorientation. [2] Une fatigue brutale et écrasante, très différente d’une fatigue habituelle et empêchant les activités courantes, fait aussi partie des signes maternels d’alerte. [2]

En France, en présence d’une douleur thoracique ou de symptômes cardiovasculaires inquiétants, il ne faut pas attendre avant d’appeler le 15 ou le 112. [1] Lors de l’appel, il est utile de décrire précisément les signes, leur heure de début, leur mode d’apparition et leur évolution, puis de suivre les instructions du médecin régulateur. [1]

Cette liste ne couvre pas toutes les complications possibles et ne permet pas d’identifier soi-même leur cause. [2] Si quelque chose paraît anormal sans qu’il soit possible d’en apprécier la gravité, il faut contacter un professionnel de santé et préciser la grossesse ou l’accouchement survenu dans l’année précédente. [2]

Pré-éclampsie : une complication liée à l’hypertension

La pré-éclampsie est une affection liée à la grossesse qui provoque une hypertension artérielle et peut entraîner des complications graves. [3] Ses premiers signes comprennent une pression artérielle élevée et la présence de protéines dans les urines, deux anomalies qui peuvent passer inaperçues sans les contrôles du suivi de grossesse. [3] La pré-éclampsie survient le plus souvent à partir de 20 semaines de grossesse, mais elle peut apparaître plus tôt ou dans les jours et semaines suivant la naissance. [3]

Une femme enceinte ou ayant accouché récemment doit obtenir une aide médicale urgente en cas de mal de tête intense et persistant, de vision trouble ou d’éclairs lumineux, de douleur sous les côtes, de gonflement soudain du visage, des mains ou des pieds, de vomissements ou de sensation d’être très malade. [3]

L’évaluation repose d’abord sur la mesure de la pression artérielle et l’analyse des urines. [3] Si une pré-éclampsie est suspectée, des analyses sanguines et des échographies destinées à contrôler la croissance du bébé peuvent compléter le bilan hospitalier. [3] Les complications possibles comprennent un ralentissement de la croissance du bébé, une naissance prématurée, des convulsions appelées éclampsie, un syndrome HELLP, un accident vasculaire cérébral ou une mort fœtale. [3]

La prise en charge vise à évaluer la gravité, surveiller la mère et la croissance du bébé, abaisser la pression artérielle et, dans les formes sévères, prévenir les convulsions. [3] Une forme sévère peut nécessiter une hospitalisation et une naissance avant le terme prévu lorsque poursuivre la grossesse n’est plus considéré comme suffisamment sûr. [3] Les symptômes s’améliorent habituellement après la naissance, mais ils peuvent persister et justifier des contrôles de la pression artérielle ainsi qu’un traitement pendant plusieurs semaines. [3]

Maladie cardiaque connue et grossesse

Toutes les femmes enceintes ayant une maladie cardiaque n’ont pas le même risque de complication. [4] Certaines cardiopathies sont compatibles avec les soins habituels de l’accouchement, tandis que d’autres exigent une prise en charge spécialisée et individualisée. [4] Le risque doit être réévalué au cours de la grossesse et pendant l’accouchement à partir des antécédents, de l’examen clinique, de la nature de la cardiopathie et de ses conséquences sur les activités quotidiennes. [4]

Un projet d’accouchement individualisé doit être discuté avec la femme et une équipe multidisciplinaire, puis actualisé si son état change. [4] Selon la situation, cette équipe peut associer une sage-femme, un obstétricien, un anesthésiste, un cardiologue expérimenté dans les cardiopathies de la grossesse et d’autres spécialistes. [4] Le plan peut notamment préciser le lieu et le mode d’accouchement, l’anesthésie, la surveillance cardiovasculaire et la gestion des apports de liquides. [4] Certaines situations à haut risque, telles qu’une hypertension artérielle pulmonaire, une maladie de l’aorte jugée dangereuse ou une cardiopathie très symptomatique, peuvent conduire l’équipe à envisager une naissance planifiée et parfois une césarienne. [4]

Comment une insuffisance cardiaque est-elle recherchée autour de l’accouchement ?

Pendant le travail et jusqu’à 24 heures après la naissance, une insuffisance cardiaque doit être envisagée devant un essoufflement au repos ou en position allongée sans autre cause probable. [4] Une toux inexpliquée en position allongée, des réveils nocturnes avec essoufflement sévère, des expectorations mousseuses rosées ou des palpitations rapides persistantes au repos sont également évocateurs. [4] Ces symptômes ne suffisent pas à poser le diagnostic, car l’équipe doit rechercher d’autres causes et interpréter l’ensemble des signes cliniques. [4]

Si une insuffisance cardiaque est suspectée autour de l’accouchement, une évaluation clinique sans délai est nécessaire. [4] Le premier bilan hospitalier peut comprendre des analyses sanguines, un électrocardiogramme et une radiographie du thorax. [4] Si le doute persiste, l’avis d’un cardiologue, une échographie du cœur et le dosage sanguin du NT-proBNP peuvent être demandés. [4] Après la naissance, une suspicion persistante peut justifier la poursuite du suivi cardiologique. [4]

Pourquoi le suivi de grossesse reste essentiel

Certaines complications, en particulier la pré-éclampsie, peuvent débuter par des anomalies de pression artérielle ou d’urines qui ne provoquent aucun symptôme perceptible. [3] Les rendez-vous de suivi permettent donc de réaliser les contrôles nécessaires et d’identifier les personnes présentant un risque plus élevé. [3] Chez une femme ayant déjà une maladie cardiaque, les discussions sur les conséquences possibles pour la grossesse, l’accouchement et le bébé doivent commencer aussi tôt que possible. [4] Les décisions concernant la surveillance et le mode d’accouchement dépendent du diagnostic précis et du niveau de risque individuel, et ne peuvent pas être déduites des seuls symptômes. [4]

Sources et références

[3] Pre-eclampsia - NHS

NHS · Consulté le 2026-09-11

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Spécialités médicales concernées

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