CPRE : objectifs, déroulement, préparation et risques de l’intervention

La cholangiopancréatographie rétrograde endoscopique, ou CPRE, est une intervention qui associe une endoscopie digestive haute et des rayons X pour examiner et traiter certains problèmes des voies biliaires ou pancréatiques. [1] Elle est principalement réalisée lorsqu’un traitement peut être effectué pendant le même geste, plutôt que comme simple examen diagnostique. [1] La CPRE est un acte invasif qui expose notamment à une pancréatite, une infection, un saignement, une perforation ou une réaction aux médicaments utilisés pour la sédation. [1]
À quoi servent les voies biliaires et pancréatiques ?
Les voies biliaires transportent la bile depuis le foie vers la vésicule biliaire et le duodénum, qui est la première partie de l’intestin grêle. [1] Les canaux pancréatiques conduisent le suc pancréatique du pancréas vers le duodénum. [1] Le canal biliaire principal et le canal pancréatique principal se rejoignent avant de déboucher dans le duodénum. [1]
Pourquoi une CPRE peut-elle être proposée ?
La CPRE permet de prendre en charge des canaux biliaires ou pancréatiques rétrécis, obstrués ou responsables d’une fuite. [1] Ces anomalies peuvent notamment être liées à un calcul provenant de la vésicule biliaire et bloqué dans le canal biliaire principal, à une infection, à une pancréatite aiguë ou à une tumeur des voies biliaires ou du pancréas. [1] Au cours de l’intervention, le médecin peut introduire de petits instruments afin de traiter l’anomalie repérée. [1] Il peut également prélever de petits fragments de tissu, appelés biopsies, pour les faire analyser. [1]
Lorsqu’il s’agit seulement d’établir un diagnostic, d’autres examens moins invasifs peuvent souvent explorer ces canaux avec moins de risques. [1] Ces examens comprennent notamment la cholangiopancréatographie par résonance magnétique, aussi appelée cholangio-IRM, l’échographie et l’échoendoscopie. [1]
Comment se préparer à une CPRE ?
Avant l’intervention, il faut signaler à l’équipe médicale ses problèmes de santé actuels ou passés, ses symptômes et ses allergies. [1] Il faut également lui communiquer la liste de tous les médicaments, vitamines et compléments alimentaires utilisés, y compris ceux disponibles sans ordonnance. [1] Cette information est particulièrement importante pour l’aspirine, les anticoagulants, les anti-inflammatoires non stéroïdiens et les traitements du diabète, de l’hypertension ou de l’arthrite. [1] Certains traitements peuvent nécessiter une adaptation temporaire avant la CPRE, mais toute modification doit être décidée avec le médecin en fonction des médicaments pris. [1]
Une grossesse connue ou possible doit être signalée, car l’équipe peut adapter la procédure afin de protéger le fœtus des rayons X. [1] Le médecin peut demander de ne pas manger ni boire pendant une période pouvant aller jusqu’à huit heures avant l’intervention. [1] Les instructions précises de l’équipe doivent être suivies, car certaines personnes peuvent avoir besoin d’une préparation différente ou supplémentaire. [1] Il faut prévoir qu’une autre personne assure le retour à domicile, car les effets de la sédation ou de l’anesthésie ne permettent pas de conduire immédiatement après la procédure. [1]
Comment se déroule l’intervention ?
La CPRE est pratiquée dans un hôpital ou une structure ambulatoire par un médecin spécialement formé à cette technique. [1] Un médicament sédatif est généralement administré par voie intraveineuse pour favoriser le confort et la détente pendant le geste. [1] Un produit destiné à insensibiliser la gorge peut aussi être utilisé, tandis que certaines situations nécessitent une anesthésie générale. [1] Le médecin introduit avec précaution un endoscope par la bouche, puis le fait progresser dans l’œsophage, l’estomac et le duodénum. [1]
L’endoscope comporte une petite caméra qui transmet les images sur un écran et insuffle de l’air pour mieux visualiser l’estomac et le duodénum. [1] Une fois l’orifice des canaux repéré dans le duodénum, un fin cathéter est avancé à travers l’endoscope jusque dans les voies biliaires ou pancréatiques. [1] Un produit de contraste est injecté afin de rendre les canaux visibles sous fluoroscopie, une technique d’imagerie utilisant les rayons X. [1] Cette imagerie aide le médecin à rechercher un rétrécissement ou une obstruction avant d’effectuer, si nécessaire, un traitement ou un prélèvement. [1]
Que se passe-t-il après la CPRE ?
Un ballonnement, des nausées ou un mal de gorge peuvent survenir pendant une courte période après la CPRE. [1] Une surveillance de quelques heures est habituellement organisée dans l’établissement afin de laisser se dissiper les effets de la sédation ou de l’anesthésie. [1] Certaines personnes doivent néanmoins rester à l’hôpital pendant la nuit. [1] Les consignes remises pour le retour à domicile, notamment celles concernant l’alimentation et la récupération, doivent être suivies individuellement. [1]
Certains résultats de la CPRE peuvent être communiqués dès que les effets de la sédation ont suffisamment diminué. [1] Si des tissus ont été prélevés, leur analyse par un médecin anatomopathologiste demande généralement quelques jours ou davantage. [1]
Quels sont les risques de la CPRE ?
Les complications possibles comprennent une inflammation aiguë du pancréas, appelée pancréatite, ainsi qu’une infection des voies biliaires ou de la vésicule biliaire. [1] Un saignement important ou une perforation du duodénum, d’une voie biliaire ou d’un canal pancréatique peut également se produire. [1] La sédation peut provoquer une réaction anormale, notamment des difficultés respiratoires ou des problèmes cardiaques. [1] Dans la source disponible, l’ensemble de ces problèmes est rapporté pour environ 5 à 10 % des procédures de CPRE, et les personnes présentant une complication ont souvent besoin d’un traitement hospitalier. [1]
Quels signes exigent une prise en charge immédiate après une CPRE ?
Après une CPRE, il faut rechercher immédiatement une prise en charge médicale en cas de selles sanglantes ou noires et goudronneuses. [1] La même conduite s’impose en cas de fièvre, de douleur intense dans la poitrine ou l’abdomen, ou de difficulté à respirer. [1] Une difficulté à avaler ou une douleur de gorge qui s’aggrave nécessite également une prise en charge médicale immédiate. [1] Il faut aussi rechercher immédiatement des soins en cas de vomissements, particulièrement si ceux-ci contiennent du sang ou ressemblent à du marc de café. [1]
Sources et références
[1] Endoscopic Retrograde Cholangiopancreatography (ERCP) - NIDDK
www.niddk.nih.gov · Consulté le 2026-09-11
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