Carence en vitamine K : signes, causes, diagnostic et traitement

La carence en vitamine K est un manque de vitamine K suffisamment important pour perturber la coagulation du sang et augmenter le risque de saignement. [2] Elle est rare chez l’adulte en bonne santé, mais elle concerne davantage les nouveau-nés et les personnes ayant une mauvaise absorption des graisses, une alimentation très insuffisante ou certains traitements. [1] [2] Son principal danger est l’hémorragie, qui peut aller d’ecchymoses ou de saignements des muqueuses à une hémorragie interne potentiellement mortelle. [1] [3] Le diagnostic ne repose pas sur les symptômes seuls, car d’autres maladies du foie, du sang ou de la coagulation peuvent provoquer des manifestations similaires. [3]
À quoi sert la vitamine K ?
La vitamine K est une vitamine liposoluble, c’est-à-dire qu’elle s’absorbe avec les graisses alimentaires. [1] La vitamine K1, ou phylloquinone, provient principalement des légumes verts à feuilles et de certaines huiles végétales. [1] [2] Les ménaquinones, regroupées sous le nom de vitamine K2, sont notamment produites par des bactéries intestinales, mais cette production ne suffit pas nécessairement à couvrir les besoins. [2] Dans le foie, la vitamine K permet l’activation de plusieurs protéines qui participent à la coagulation, notamment les facteurs II, VII, IX et X. [2] Lorsqu’elle manque, ces protéines fonctionnent moins bien, le sang coagule plus difficilement et le risque hémorragique augmente. [2]
Quelles sont les causes et les personnes à risque ?
Chez l’adulte, un apport alimentaire insuffisant isolé provoque rarement une carence symptomatique en vitamine K. [2] Le risque augmente en cas de dénutrition, de régime très restrictif ou de période prolongée sans alimentation orale. [3] Une mauvaise absorption des graisses peut réduire l’absorption de la vitamine K, notamment lors d’une obstruction biliaire, d’une mucoviscidose, d’une maladie intestinale ou après certaines résections de l’intestin grêle. [2] Certains antibiotiques à large spectre peuvent favoriser la carence en modifiant les bactéries intestinales qui produisent des ménaquinones. [3] Les anticoagulants antagonistes de la vitamine K, comme la warfarine, bloquent le recyclage de cette vitamine et diminuent l’activation des facteurs de coagulation qui en dépendent. [2] [3] Un traitement anticoagulant ne doit pas être arrêté, remplacé ou modifié de sa propre initiative lorsqu’un saignement ou une anomalie du bilan de coagulation survient. [1]
Les nouveau-nés ont naturellement de faibles réserves de vitamine K, car son passage à travers le placenta est limité. [2] Leur intestin ne possède pas encore, pendant les premiers jours, une flore bactérienne capable d’en produire suffisamment. [1] L’allaitement maternel exclusif augmente le risque lorsque la prophylaxie à la naissance n’a pas été reçue, car le lait maternel contient peu de vitamine K. [1] [3] Chez le nourrisson, une maladie du foie ou des voies biliaires, une malabsorption, une diarrhée chronique ou une antibiothérapie peuvent également favoriser une carence secondaire. [3] Un rare déficit héréditaire en facteurs de coagulation dépendants de la vitamine K constitue une maladie congénitale distincte de la carence acquise. [3]
Quels sont les signes d’une carence en vitamine K ?
Le signe habituel est un saignement anormal ou excessif. [2] La carence peut provoquer des ecchymoses faciles, des saignements de nez ou des gencives, ainsi qu’un saignement persistant au niveau d’une plaie, d’une incision ou d’un point de prélèvement. [2] [3] Une hémorragie digestive peut se manifester par des vomissements sanglants, du sang dans les selles ou des selles noires et goudronneuses. [1] Du sang peut aussi être visible dans les urines. [1] Chez certaines personnes, la carence est d’abord découverte par une anomalie du bilan de coagulation avant tout saignement visible. [3]
Chez le nouveau-né et le jeune nourrisson, la maladie hémorragique par carence en vitamine K peut provoquer des saignements cutanés, digestifs, thoraciques ou intracrâniens. [2] Une hémorragie intracrânienne peut initialement se manifester par une irritabilité, une mauvaise prise alimentaire, des vomissements, une pâleur, une somnolence inhabituelle, une fontanelle bombée, des convulsions ou des pauses respiratoires. [4] Ces manifestations ne sont pas spécifiques de la carence en vitamine K, mais elles peuvent accompagner une hémorragie grave. [4]
Un saignement inexpliqué ou important nécessite une évaluation médicale rapide, en particulier chez une personne à risque de carence en vitamine K. [3] Chez un nouveau-né ou un nourrisson, un saignement ou des signes pouvant évoquer une hémorragie intracrânienne justifient une évaluation médicale immédiate, car cette complication peut mettre en jeu la vie et laisser des séquelles neurologiques. [4] [3]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Le médecin recherche une carence en vitamine K devant un saignement anormal associé à un contexte à risque. [1] L’évaluation tient compte de l’alimentation, des médicaments, d’une éventuelle malabsorption et des maladies du foie ou des voies biliaires. [3] Le temps de Quick et l’INR sont généralement perturbés parce qu’ils mesurent une partie de la coagulation dépendante de la vitamine K. [2] Une numération plaquettaire et un taux de fibrinogène normaux peuvent orienter vers une carence, mais aucun résultat isolé ne suffit à lui seul à expliquer un saignement. [3] Le dosage sanguin direct de la vitamine K est parfois réalisé, mais il dépend de l’apport alimentaire récent et ne reflète pas toujours son utilisation dans les tissus. [2] [4] Des analyses spécialisées comme la mesure des PIVKA-II peuvent rechercher des protéines anormales produites lorsque la vitamine K manque ou que son action est bloquée. [4] L’amélioration du bilan de coagulation après administration de vitamine K soutient le diagnostic, tandis qu’une réponse insuffisante conduit à rechercher notamment une maladie hépatique ou un trouble congénital de la coagulation. [2] [3]
Quels sont les principes du traitement et du suivi ?
Le traitement consiste à apporter de la vitamine K et à corriger, lorsque cela est possible, la cause de la carence. [2] La vitamine K peut être administrée par voie orale lorsque l’absorption digestive est suffisante et que le risque hémorragique n’impose pas une correction plus rapide. [2] Une administration par injection peut être retenue en cas de malabsorption, de carence sévère ou de risque élevé de saignement. [2] [3] Une hémorragie grave peut nécessiter à l’hôpital un remplacement immédiat des facteurs de coagulation en complément de la vitamine K. [3] Lorsqu’un médicament contribue au problème, son adaptation doit être décidée par le professionnel qui évalue le risque de saignement et, le cas échéant, le risque de thrombose. [1] [3] Le suivi repose notamment sur la disparition des saignements et l’évolution des tests de coagulation. [2] Une carence persistante ou récidivante conduit à rechercher et à traiter une malabsorption, une maladie hépatobiliaire, une dénutrition ou un effet médicamenteux durable. [3]
Comment prévenir la carence en vitamine K ?
Chez l’adulte sans maladie particulière, une alimentation variée comprenant des légumes verts à feuilles et certaines huiles végétales apporte de la vitamine K1. [1] [2] L’alimentation seule peut toutefois être insuffisante lorsqu’une maladie empêche l’absorption des graisses ou lorsqu’un médicament perturbe l’action de la vitamine K. [2] La prise autonome de compléments ne remplace donc pas la recherche d’une cause lorsqu’un saignement ou une anomalie de la coagulation est présent. [1] [3]
Une prophylaxie par vitamine K à la naissance est recommandée pour prévenir la maladie hémorragique du nouveau-né. [1] [2] L’administration intramusculaire réduit notamment le risque d’hémorragie intracrânienne. [1] Les parents d’un enfant qui n’a pas reçu cette prophylaxie doivent le signaler aux professionnels de santé, particulièrement en cas d’allaitement exclusif, de saignement ou de maladie hépatobiliaire. [3]
Sources et références
[1] Carence en vitamine K - Nutrition - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[2] Carence en vitamine K - Nutrition - Édition professionnelle du Manuel MSD
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[3] Vitamin K Deficiency in Neonates and Adults - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
[4] Vitamin K Biochemistry and Pharmacokinetics: The Basis of Late Vitamin K Deficiency Intracranial Bleeding in Early Infancy
www.ebi.ac.uk · Version : 2026-04-29 · Consulté le 2026-09-16
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