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Carence en vitamine D : signes, causes, diagnostic et prise en charge

La carence en vitamine D correspond à une quantité insuffisante de vitamine D disponible pour assurer notamment une bonne absorption du calcium et du phosphate ainsi qu’une minéralisation normale des os. [1] [3] Elle peut provoquer une faiblesse musculaire, des douleurs osseuses et, lorsqu’elle est importante ou prolongée, un rachitisme chez l’enfant ou une ostéomalacie chez l’adulte. [1] [2] Le rachitisme et l’ostéomalacie ne sont toutefois pas synonymes de carence en vitamine D, car d’autres maladies peuvent également perturber la minéralisation osseuse. [3] Le diagnostic repose principalement sur une analyse sanguine, complétée dans certaines situations par d’autres dosages ou des radiographies. [1] [3]

À quoi sert la vitamine D ?

Les deux principales formes nutritionnelles sont la vitamine D2, ou ergocalciférol, et la vitamine D3, ou cholécalciférol. [1] [3] La vitamine D3 se forme notamment dans la peau sous l’effet direct du rayonnement solaire et se trouve aussi dans certains aliments, comme les poissons gras, les huiles de foie de poisson, le jaune d’œuf et le foie. [1] [2] La vitamine D apportée ou produite par la peau doit être transformée par le foie puis par les reins pour donner sa forme la plus active, appelée calcitriol. [1] [3] Cette forme active favorise l’absorption intestinale du calcium et du phosphate, deux minéraux nécessaires à la formation, à la croissance et à la réparation des os. [1] [3] En cas de carence, l’organisme absorbe moins de calcium et de phosphate, ce qui peut fragiliser progressivement les os. [1]

Quelles sont les causes et les personnes plus exposées ?

La carence peut résulter d’une exposition solaire insuffisante, d’apports alimentaires faibles, d’une absorption digestive réduite ou d’une transformation anormale de la vitamine D par l’organisme. [2] [3] Une exposition solaire insuffisante et de faibles apports alimentaires surviennent souvent ensemble dans les carences cliniques. [3] Les personnes âgées, confinées à domicile, hospitalisées longtemps ou vivant en établissement sont davantage exposées parce qu’elles passent souvent moins de temps dehors. [1] [2] Avec l’âge, la peau produit également moins de vitamine D en réponse au soleil et l’absorption intestinale peut diminuer. [1] [2] Une peau foncée, le port de vêtements couvrant largement le corps et l’utilisation d’un écran solaire réduisent aussi la production cutanée de vitamine D. [1] [3] Les maladies responsables d’une malabsorption des graisses peuvent diminuer l’absorption de la vitamine D, car celle-ci est liposoluble. [1] Certaines maladies du foie ou des reins empêchent la transformation normale de la vitamine D en métabolites actifs. [1] [3] Certains médicaments, dont plusieurs anticonvulsivants et la rifampicine, peuvent interférer avec le métabolisme de la vitamine D. [1] [3] Les nourrissons allaités sont particulièrement exposés lorsque leur apport complémentaire est insuffisant, car le lait maternel contient peu de vitamine D. [1] [2]

Quels signes peut provoquer une carence en vitamine D ?

À tout âge, une carence peut entraîner des douleurs musculaires, une faiblesse musculaire et des douleurs osseuses. [1] [3] Ces manifestations ne suffisent pas à reconnaître personnellement une carence, puisque le diagnostic doit être confirmé et que d’autres causes de fragilité osseuse peuvent être recherchées. [1] [3] Chez le nourrisson atteint de rachitisme, le crâne peut devenir mou, les fontanelles peuvent se fermer plus lentement et l’acquisition de la position assise ou du déplacement à quatre pattes peut être retardée. [1] [2] Chez l’enfant, le rachitisme peut perturber la croissance osseuse, retarder la marche et provoquer une courbure anormale de la colonne ou des genoux arqués vers l’intérieur ou l’extérieur. [1] [3] Chez les enfants plus âgés et les adolescents, la marche peut être douloureuse lorsque la carence est importante. [1] [2] Chez l’adulte, l’ostéomalacie fragilise surtout les os de la colonne vertébrale, du bassin et des jambes, avec une douleur possible au toucher et un risque de fracture. [1] [2] Chez les personnes âgées, une fracture, notamment de la hanche, peut survenir après un traumatisme minime ou une chute mineure lorsque les os sont fragilisés. [1] [3]

Une carence sévère peut abaisser le calcium sanguin et provoquer une tétanie, c’est-à-dire des spasmes musculaires, parfois jusqu’à des convulsions. [1] [3] Chez une femme enceinte carencée, le fœtus peut également manquer de vitamine D et le nouveau-né présente un risque accru de rachitisme ou de spasmes. [1]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Une carence peut être envisagée devant une faible exposition solaire, des apports alimentaires insuffisants, des signes de rachitisme ou d’ostéomalacie, une baisse de la densité osseuse ou des fractures. [1] [3] L’examen sanguin de référence mesure généralement la 25-hydroxyvitamine D totale, appelée 25(OH)D, car cette forme reflète les réserves de l’organisme. [3] Le calcium et le phosphate peuvent également être dosés, avec d’autres paramètres lorsque le professionnel cherche une autre cause de déminéralisation osseuse. [1] [3] Une calcémie normale n’exclut pas nécessairement la carence, car l’augmentation de l’hormone parathyroïdienne peut maintenir le calcium sanguin en mobilisant celui des os. [3] Des radiographies peuvent montrer des modifications caractéristiques des os avant même que des symptômes soient remarqués. [1] [2] Le diagnostic d’un rachitisme ou d’une ostéomalacie liés à une carence associe les manifestations cliniques, l’aspect des os à la radiographie et un taux sanguin abaissé de vitamine D. [1] L’intérêt d’un dosage systématique chez les personnes sans symptôme reste discuté, et les recommandations étrangères disponibles ne soutiennent pas un dépistage universel de tous les adultes asymptomatiques. [2] [3]

Quels sont les principes de la prise en charge ?

Le traitement repose généralement sur une supplémentation en vitamine D, le plus souvent administrée par voie orale. [1] [3] La correction d’un manque associé de calcium ou de phosphate peut également être nécessaire. [1] [3] Les personnes atteintes d’une maladie chronique du foie ou des reins peuvent avoir besoin de préparations spécifiques, car la transformation de la vitamine D peut être perturbée. [1] [2] Certaines formes héréditaires de rachitisme liées à un défaut de métabolisme ou de réponse à la vitamine D ne répondent pas aux modalités habituellement utilisées pour une carence d’apport. [3] La supplémentation doit donc être adaptée à la cause, à la sévérité de la carence, aux éventuels déficits minéraux associés et aux maladies sous-jacentes. [3] Une surveillance sanguine du calcium, de la vitamine D et de l’hormone parathyroïdienne est indiquée chez les personnes âgées prenant de fortes doses de vitamine D. [1] [2] De fortes doses de vitamine D ne sont pas anodines, puisqu’elles peuvent notamment augmenter le risque de fracture. [1] [3]

Prévention : alimentation, suppléments et limites de l’exposition solaire

Les aliments naturellement riches en vitamine D sont peu nombreux et peuvent ne pas suffire lorsque l’exposition solaire est faible. [1] [2] Les poissons gras, les huiles de foie de poisson, le jaune d’œuf et le foie font partie des sources alimentaires décrites de vitamine D3. [1] [2] Des suppléments peuvent contribuer à prévenir une carence chez certaines personnes exposées, notamment les nourrissons allaités, les personnes âgées et celles qui sortent peu. [1] [2] La prévention ne doit pas être fondée sur une augmentation non encadrée de l’exposition solaire, car la production cutanée de vitamine D doit être mise en balance avec les lésions de la peau et le risque de cancer cutané liés aux ultraviolets. [1] [3] La supplémentation en vitamine D n’a pas démontré son efficacité pour traiter ou prévenir la dépression ou les maladies cardiovasculaires, et son effet préventif sur les infections respiratoires aiguës est faible. [1] [3] Il n’est pas non plus démontré que la vitamine D prolonge l’espérance de vie ou prévienne les cancers. [1] [2]

Sources et références

[2] Vitamin D Deficiency - Nutrition - MSD Manual Consumer Version

Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13

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