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Candidose invasive : symptômes, diagnostic, traitement et risques

La candidose invasive est une infection grave provoquée par une levure du genre Candida qui atteint la circulation sanguine ou des parties profondes de l’organisme. [1] [2] Elle se distingue des candidoses superficielles plus fréquentes, qui restent limitées à la bouche, au vagin ou à la peau. [1] La candidémie, définie par la présence de Candida dans la circulation sanguine, est la forme la plus courante de candidose invasive. [1] [2] Cette infection peut être mortelle lorsqu’elle n’est pas traitée rapidement. [1]

Comment Candida devient-il invasif ?

Les levures Candida sont normalement présentes sur la peau et dans le tube digestif sans provoquer de maladie. [1] [2] La plupart des infections invasives proviennent de la flore du patient lorsque les barrières de la peau ou des muqueuses sont altérées dans un contexte à risque. [2] Une transmission par les mains de professionnels de santé ou par du matériel médical contaminé est possible, mais elle est moins fréquente. [2] À partir du sang, l’infection peut atteindre notamment les valves cardiaques, le cerveau, la rate, les reins ou les yeux. [1] D’autres formes profondes comprennent l’endocardite, la péritonite, la méningite, l’ostéomyélite, l’arthrite et l’endophtalmie. [2]

Qui présente un risque accru ?

La candidose invasive survient principalement chez des personnes hospitalisées ou dont le système immunitaire est affaibli. [1] Une maladie grave avec un séjour prolongé en réanimation et la présence d’un cathéter veineux central font partie des facteurs de risque fréquents. [2] Le risque est également accru par les antibiotiques à large spectre, la nutrition parentérale et certaines chirurgies abdominales, surtout en présence d’une fuite au niveau d’une anastomose. [1] [2] Les cancers du sang ou d’un organe solide, la neutropénie et une greffe de cellules souches constituent d’autres situations à risque. [2] L’insuffisance rénale, l’hémodialyse et l’usage de drogues injectables sont aussi associés à un risque accru. [2] Chez le nouveau-né, la prématurité associée à un très faible poids de naissance est une situation de risque particulière. [2]

Quels sont les symptômes et les risques ?

Les symptômes de la candidose invasive sont souvent peu spécifiques. [2] Ils comprennent fréquemment une fièvre et des frissons qui ne répondent pas à un traitement antibactérien. [2] Lorsque l’infection se propage, elle peut aussi entraîner un souffle cardiaque, une augmentation du volume de la rate, une baisse dangereuse de la pression artérielle ou une diminution de la production d’urines. [1] Une atteinte de la rétine ou de l’intérieur de l’œil peut provoquer une perte de la vision allant jusqu’à la cécité. [1] Dans les formes sévères, plusieurs organes peuvent cesser de fonctionner. [1]

La gravité potentielle de la candidémie impose un traitement médical rapide, car l’infection est souvent mortelle lorsqu’elle n’est pas rapidement traitée. [1]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic repose principalement sur des hémocultures, c’est-à-dire la mise en culture d’échantillons de sang pour rechercher Candida. [1] [2] Des prélèvements provenant d’un autre tissu infecté peuvent également être examinés au microscope et mis en culture. [1] Identifier l’espèce de Candida est important pour choisir un traitement antifongique adapté. [2] Une étude de la sensibilité du champignon aux antifongiques peut être nécessaire. [2] Des tests recherchant du matériel génétique ou certaines protéines fongiques dans le sang peuvent compléter les cultures. [1] Le dosage du bêta-D-glucane est un examen d’appoint qui n’est pas spécifique de Candida. [2] Les méthodes diagnostiques indépendantes de la culture sont prometteuses, mais elles ne sont pas encore largement utilisées. [2] Lorsqu’une candidémie est diagnostiquée, un examen des yeux peut être réalisé pour rechercher une atteinte oculaire. [1]

Quels sont les principes du traitement ?

Une candidose propagée dans le sang ou l’organisme est traitée par des médicaments antifongiques, généralement administrés initialement par voie intraveineuse dans les formes graves. [1] Chez la plupart des adultes ayant une candidémie, une échinocandine est recommandée comme traitement initial dans la synthèse clinique disponible. [2] Le fluconazole constitue une possibilité initiale chez les patients qui ne sont pas dans un état critique et lorsque la résistance à ce médicament est jugée peu probable. [2] L’amphotéricine B fait partie des possibilités lorsque l’infection est difficile à traiter. [1] Un passage à un traitement oral peut être envisagé lorsque l’infection commence à disparaître. [1] Dans la candidémie, un passage au fluconazole dépend notamment de la négativation des hémocultures et de la sensibilité du champignon aux azolés. [2] Le choix du médicament et la durée du traitement varient selon le type d’infection invasive. [2] Pour une candidémie, le repère général décrit est de poursuivre le traitement pendant deux semaines après la disparition de Candida du sang et la résolution des symptômes. [2] Ce repère ne constitue pas une durée universelle applicable à toutes les atteintes profondes. [2] Un dispositif médical infecté, notamment un cathéter, peut devoir être retiré dans certaines situations. [1] [2] Pour les cathéters intraveineux, la décision tient notamment compte de la présence ou non d’une neutropénie. [2]

Quel suivi accompagne le traitement ?

Des hémocultures répétées servent à vérifier la disparition de Candida de la circulation sanguine. [2] La disparition du champignon dans le sang et celle des symptômes participent à la détermination de la durée du traitement d’une candidémie. [2] Le diabète, l’affaiblissement immunitaire et un faible nombre de neutrophiles peuvent rendre la candidose plus grave et moins sensible au traitement. [1] Chez les personnes diabétiques, un bon contrôle de la glycémie facilite la guérison de l’infection. [1]

Peut-on prévenir certaines candidoses invasives ?

Dans les établissements de soins, l’hygiène des mains et le respect des recommandations de pose et d’entretien des cathéters veineux centraux contribuent à la prévention. [2] Le bon usage des traitements antimicrobiens fait également partie des mesures de prévention. [2] Une prophylaxie antifongique peut être utile à certains groupes très exposés, notamment certains patients greffés, neutropéniques ou hospitalisés en réanimation à haut risque. [2]

Sources et références

[1] Candidose - Infections - Manuels MSD pour le grand public

Manuels MSD · Consulté le 2026-09-11

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